Hist. nat.y 1. II, c. lxxxix
SUR L ILE I)E RHODES
Sans citer ici le rhéteur Aristide, qui mentionne le même fait dans son XLIII0 discours adressé aux rhodiens, l’historien Ammien Marcellin *, qui en parle à son tour, l’attribue aune éruption volcanique: « Fiunt autem terrarum motus modis quatuor; aut enin),brasmatiæ sunt, qui humum molestius suscitantes, sursum propellunt immanissimas moles, ut in Asia Delos emersit et Hiera et Anaphe et Rhodus. »
Cette opinion, qui regarde l’apparition de Délos, d’Hiera, d’Anaphe et de Rhodes comme le résultat d’un soulèvement dû à une puissante fermentation interne (brasmatiæ), c’est-à-dire à une action volcanique, est beaucoup plus vraisemblable que celle qu’avait émise auparavant Philon le juif2, qui voyait là l’effet d’un abaissement et d’une diminution de la mer, contraires à toutes les données de la science.
« La mer, écrit cet auteur, commence à diminuer; témoin deux îles très-célèbres, Rhodes et Délos; car d’abord elles ne paraissaient point, ensevelies qu’elles étaient sous la mer; et ensuite, celle-ci venant à s’abaisser peu à peu, elles se montrèrent et se dégagèrent elles-mêmes insensiblement, comme le témoignent les histoires composées sur ces îles. »
Savary 3 a remarqué avec raison que, si l’assertion de Philon avait quelque fondement, la plupart des îles de l’Archipel, étant plus basses que Rhodes, auraient une pareille origine. Or l’histoire ne dit rien de semblable.
d. L. XVII, c. 7.