Bô<h, pour êo^iov, diminutif de bœuf; on prononce plu
souvent vodi.
ÉTUDE
Koskinou. — Le village ou, pour mieux dire, le bourg de Koskinou, est l’un des plus considérables de l’ile, car il renferme 280 maisons, c’est-à-dire 280 familles ou environ 1400 habitants, tous Grecs. Il est situé sur un plateau qui, vers le S., s’arrête brusquement devant une vallée abrupte, au fond de laquelle roule un torrent qui porte le même nom. Les habitants de Koskinou sont ou carriers ou muletiers; actifs et entreprenants, ils jouissent d’une certaine aisance relative; aussi les maisons y sont-elles généralement mieux bâties que celles de plusieurs autres communes de l’île. Elles n’ont d’ailleurs qu’un rez-de-chaussée et consistent en une seule chambre divisée quelquefois par deux ou trois compartiments en bois et qui n’a pour tout ornement qu’une nombreuse vaisselle en faïence ou en porcelaine, appendue aux quatre murs : car c’est là, comme je l’ai dit, l’espèce de luxe qui paraît le plus recherché dans l’ile de Rhodes. Deux églises, l’une dédiée à saint Georges, et l’autre à la Vierge Conductrice (ilavayia 'odrr/vTpix), sont les paroisses du bourg. Du reste, une localité aussi importante et l'une même des plus populeuses de l’îlen’a aucune école; les papas des deux paroisses se contentent d’apprendre à lire à quelques enfants.
Aux environs de Koskinou, on m’a montré plusieurs chambres sépulcrales antiques, taillées dans le roc, des cavernes artificielles et dévastés carrières occupant une grande étendue du mont Dracon. Ce mont, qui sépare Trianda de Koskinou , a été profondément creusé et le long de ses flancs et sur son plateau
SUR L’ILE DE RHODES. 177
supérieur. Il est presque entièrement composé d’énormes blocs de grès. L’ouverture de ces immenses excavations date très-probablement de la fondation de la capitale. En effet, quand il fut question de jeter les fondements de cette grande ville, l’architecte Hippodamus, chargé de diriger les travaux, dut chercher tout à l’entour dans les collines et dans les montagnes voisines les matériaux les plus propres aux gigantesques constructions qu’il méditait, et c’est alors sans aucun doute qu’on exploita les carrières de Symbülli et qu’on ouvrit en même temps celles du montDracon.
La dénomination de ce mont1 se rattache peut-être aux antiques traditions du pays sur l’existence des serpents monstrueux qui, dans l’origine, auraient infesté l’île de Rhodes, à moins qu’elle ne remonte pas au-delà du moyen âge et qu’elle n’ait pour point de départ la légende merveilleuse du fameux dragon tué par le chevalier Dieudonné de Gozon.
Au pied de la montagne coule un torrent du même nom et dont les bords sauvages et escarpés, ombragés çà et là par de beaux arbres, présentent un aspect des plus pittoresques. Dans certains endroits les berges en ont été taillées à piepar la main de l’homme. Ce ravin s’élargit vers Koskinou, et il forme, au S. de ce bourg, la vallée profonde et boisée dont j’ai parlé plus haut.
Un assez grand nombre de grandes pierres helléniques éparses çàetlà et qui servent le plus ordinairement à délimiter maintenant les propriétés, plusieurs autels