‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 81 sur 134 · Ross, Reisen auf den griechischen Inseln , p · texte numérisé non relu

Ross, Reisen auf den griechischen Inseln , p

ÉTUDE

plus grande partie de la façade, le rocher s’étant fendu et écroulé par le milieu et ayant entraîné dans sa chute les quatre autels qu’il soutenait. Ces autels ont 95 centimètres de diamètre et 80 de hauteur. Ils sont ronds et ornés de quatre têtes de bœufs sculptés qui se relient les unes aux autres au moyen d’une guirlande élégamment exécutée.

A droite et à gauche de ce portique, aux deux extrémités N. et S., le rocher forme une avance taillée et aplanie au marteau, et une niche rectangulaire pratiquée dans les parois de l’une de ces saillies contenait sans doute jadis une statue.

La chambre sépulcrale est elle-même aux trois quarts détruite ; elle devait renfermer une douzaine de fours à cercueil ; deux seulement subsistent encore presque intacts ; un troisième est à moitié brisé : les autres le sont entièrement.

En l’honneur de quel personnage fut creusé ce beau tombeau, c’est ce qu’aucune inscription jusqu’ici n’a pu nous révéler. Tout ce qu’on peut supposer, c’est qu’il fut construit pour l’une des familles les plus importantes de Lindos, à une époque où cette ville était encore florissante.

D’autres excavations funèbres que l’on remarque sur les flancs de la même montagne indiquent que la nécropole de Lindos était située de ce côté; et si l’on n’en distingue pas un plus grand nombre, cela lient à ce que l’éboulement de plusieurs gros rochers en a dû faire disparaître une partie.

Le second des trois monuments dont j’ai fait men-

tion, c’est le péribole, c’est-à-dire l’enceinte d’un temple antique. Les vestiges de ce péribole se voient encore au S. du bourg actuel. Il formait un rectangle, long d’environ 40 mètres, sur 23 de large. Les assises inférieures qui le délimitent ont encore en certains endroits une hauteur de 2 mètres. Elles consistent en blocs rectangulaires d’une grandeur inégale et d’un marbre gris-bleu, espèce très-commune dans cette contrée. L’intérieur de l’enceinte sacrée est maintenant occupé par une petite chapelle sous l’invocation de saint Étienne et par un cimetière dont plusieurs pierres sépulcrales sont d’anciennes dalles de marbre qui ont appartenu à ce temple , lequel est d’ailleurs complètement détruit.

A quelle divinité ce sanctuaire était-il jadis consacré? Hamilton* pense que ce pourrait bien être le fameux temple de Minerve Lindia, plusieurs fois mentionné chez les anciens.

Au premier abord, cette opinion paraît vraisemblable ; car, sur une plaque de marbre brisée, qui se trouve en cet endroit, on lit une inscription mutilée, copiée par Hamilton, n° 298 et reproduite ensuite avec plus d’exactitude par M. Ross*.

Dans cette inscription il est question d’un sacrificateur de Minerve Poliade et de Jupiter Polieus, divinités qui sont associées ensemble comme protectrices de la ville et qui l’étaient également à Athènes et dans l’île d’Ios.

Page 1