Ross, Inscript, ined., N
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qui le dérive d’une localité ainsi appelée soit à Rhodes, soit ailleurs.
Pour concilier et accorder entre elles ces deux inscriptions, devons-nous en induire que ce temple avait quatre autels en l’honneur de ces quatre divinités, formant deux groupes séparés, Jupiter Polieus et Minerve Poliade d’unepart, etdel’aulre Apollon Pythien et Olioset Diane h K gxola? Je n’oserais le dire ; mais ce que je puis affirmer avec certitude, c’est que le célèbre temple de Minerve Lindia n’était point là, comme l’avait pensé Hamilton, mais qu’il s’élevait sur le plateau de l’acropole. M. Ross avait deviné juste, lorsqu’il écrivait cette ligne1. «Il est plus probable que ce temple était situé sur la hauteur du château que je n’ai pu gravir. » Cette conjecture se serait tournée pour ce savant en conviction, s’il avait pu, comme moi, examiner cette ancienne acropole.
Le troisième monument, qui a été signalé par Hamilton et que n’a pu retrouver M. Ross, est un théâtre antique taillé dans le roc sur la pente S. -O. de la colline escarpée qui constituait cette acropole. On compte encore 16 rangs de gradins, dont 6 rangs supérieurs et 10 inférieurs, les premiers séparés des seconds par une précinction ou espèce de palier demi-circulaire comme le théâtre lui-même et large de deux mètres. Le diamètre de ce théâtre est d’environ 28 mètres. Les gradins supérieurs sont seuls assez bien conservés; les autres sont dégradés ou cachés par des éboulements du sol. L’orchestreetlascènesontcouvertsde débris.
\. Reisen auf den griechischen Inseln, p.
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Tels sont les seuls monuments helléniques dont il existe encore quelques ruines à Lindo; peut-être qu’à l’époque des chevaliers on en voyait d’autres qui furent alors démolis et dont les matériaux servirent à la construction du bourg actuel.
Gravissons maintenant le plateau de l’acropole qu’Hamilton ne put visiter en 1838 et dont l’accès fut également interdit à M. Ross en 1843. Comme la garnison turque qui occupait cette citadelle l’a évacuée depuis quelques années, j’en ai trouvé les portes ouvertes ou plutôt enlevées, et rien ne m’a empêché de tout considérer a loisir.
Le Kastro de Lindo, commel’appellentleshabitants, est assis, à l’E. du bourg, sur un monticule rocheux, inaccessible de tous les côtés, excepté vers l’O., et dominant la mer au milieu de laquelle il fait saillie d’une hauteur de 170 mètres. L’entrée de la forteresse est tournée vers le bourg. Pour y arriver, on gravit d’abord une pente assez raide, puis on monte un grand escalier en pierre, à l’extrémité duquel on a à franchir une première porte qui est celle d’une enceinte inférieure. 50 marches plus haut, se présente une deuxième porte ; elle ouvre sur une plate-forme longue de 120 pas et large de 30, environnée d’un mur crénelé, et renfermant dans son sein deux vastes citernes ou plutôt deux magasins voûtés et souterrains. Plusieurs autres grands escaliers, également en pierre, interrompus par des paliers, par des corridors et par trois portes, conduisent enfin sur le plateau supérieur. Quand on a dépassé la dernière porte, on aperçoit à
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droite et à gauche deux tronçons de belles colonnes antiques de marbre blanc, près desquelles les gardes se tenaient autrefois en faction, et Ton se trouve bientôt en face du bâtiment qu’habitaient les gouverneurs de la place. Cet édifice date évidemment de l’époque des chevaliers dont les armoiries se voient encore encastrées dans les murs delà façade. L’intérieur des appartements a subi les ravages du temps et surtout des Turcs. Des peintures à fresque qui décoraient le dessus des cheminées ont été ou entièrement effacées ou dégradées : toutefois un écusson avec des fleurs de lys, plusieurs croix sculptées et des moulures élégantes ornent encore quelques pièces. Les croisées en pierre et découpées avec soin représentent fidèlement une croix.
Une chapelle voisine et à moitié détruite, que les habitants de Lindo continuent toujours d’appeler chapelle de Saint-Jean, avait trois nefs et trois absides demi-circulaires. Les dimensions en étaient peu considérables : elle avait 25 pas de long sur 16 de large. L’intérieur est rempli de débris entassés, parmi lesquels quelques-uns accusent un travail antique.
Non loin de cette chapelle, vers la droite, est une magnifique citerne rectangulaire mesurant 15 pas de long et 10 de large : les assises inférieures en sont helléniques et formées de pierre de taille trés-régulières.
A mesure qu’on s’avance, de nouvelles ruines s’offrent à la vue : une trentaine de petites maisons, où logeaient les soldats chargés de défendre la citadelle,
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sont presque toutes en partie renversées. En les examinant, on reconnaît aussitôt qu’elles ont été bâties avec des matériaux antiques, et l’œil y découvre , entre autres débris, des plaques de marbre mutilées et de beaux fragments de colonnes ou d’architraves rompues.
Mais, vers l’angle S.-E. du plateau, des ruines plus remarquables encore attirent les regards. Car on s’aperçoit que cinq à six étroites habitations ont été construites sur l’emplacement d’un temple hellénique , et l’on distingue même un pan considérable de mur, parfaitement conservé, ayant appartenu à la cella. Les blocs qui le composent sont tous d’une dimension égale , à joints très-réguliers et agencés ensemble avec la plus grande symétrie. Ce temple, autant qu’il est possible de juger de son étendue au milieu des pierres et des blocs de marbre qui encombrent le sol et des constructions modernes qui occupent en partie son enceinte , n’avait qu’une médiocre grandeur qui ne dépassait pas 20 mètres de long sur 9 de large. Le pan de mur encore intact est un reste du côté occidental de la cella; du côté opposé ou oriental il subsiste aussi quelques assises inférieures sur le bord extrême du plateau , assises qui ont été surmontées d’autres plus modernes. La cella était divisée en deux compartiments ; du moins , je le suppose, d’après certains vestiges de fondations que j’ai observés.
Au pronaos on remarque la base d’une colonne et la place d’une seconde.
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Voici maintenant quelques inscriptions que j’ai trouvées sur l’emplacement de ce temple; quoique mutilées et incomplètes, elles jetteront , je l’espère, une lumière nouvelle sur cet antique sanctuaire.
Dans l’une des petites maisons à une seule chambre qui ont été bâties en cet endroit, une base en marbre blanc, engagée dans un mur et ayant servi autrefois à porter une statue , m’a offert les mots suivants.
IAnTEINANAYTOKPATOPAKA!2
Le reste manque.
nA (ùZîivoiV ccvroTcparopa K ato’....
Sur une base ronde également en marbre blanc qui soutenait de même une statue, j’ai lu l’inscription que voici :
NIK02ÏAAM02
IEPATEY2A2AOANA2
AINAIA2AI02P0AIEO2
TIM0XAPI2EAEY0EPNAI02
EPOIH2E
NijtoffiJapjç Upareveaç AQavaç Aivdiaç A ibç noAis'wç*
T ipôyocpiç EA svÔepvaïoç èitoione.
A quelques pas de là , sur une plaque de marbre, se lit le mot :
ME22AAEINAN
Meo’a'aAsîvav....
Sur une autre base de marbre qui portait deux statues sont deux inscriptions qui se répondent :
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L’une est celle-ci :
A1NAIOI
ArH2l2TPÀTON P0AYKPE0NT05 N I KH NT AOAY M P I A PAIAA2PAAAN PPATONAINAiON
Atvàioi ÀynfTtŒzpazov Uo'XvxpêovT&ç vixowra Ôlvfj.moc Tiocïdtxç Tialav , npàrov Aivâtov,
La seconde inscription qui fait face à la précédente ne présente aucun sens, parce qu’elle est très-incomplète, le marbre ayant été brisé en cet endroit.
Ailleurs, une belle plaque de marbre contient ces mots :
AOANAAINAIAKA1AIIPOAIEI AINAIOITHNAAMPPOTATHNTHN PATPIAATHNKAAHNPOAON
A Oavpc Aivàlcx. xai A u IIoÀtei At vâtoi ttjv l<x[xnpoToc7'nv t riv izaTpliïa , rhv Y.oclhv P oùov,...
La fin de l’inscription est trop mutilée pour que je la rapporte ici.
Sur un fragment de marbre gris-bleu on lit :
0N0MA2T02P0AYKPAT02
IEPATEY2A2
AOANAIA2AINAIA2
KAIAI02P0AIEH2
Ôvop.aa -t'oç TLolvY.potToç (sic) Ispareveag ÂOavcctaç Aivùî&q yjsÙ At oç II ohicùç.
D’autres débris de marbre m’ont présenté encore
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les noms de Minerve Lindia et de Jupiter Polieus accouplés ensemble.
Ces diverses inscriptions trouvées sur l’emplacement ou dans le voisinage du temple dont j’ai décrit les ruines prouvent d’une manière qui me semble incontestable que c’était là le célèbre sanctuaire de Minerve Lindienne. Hamilton s’était donc trompé en le plaçant au pied de l'acropole, et la conjecture de M. Ross, qui inclinait plutôt à penser qu’il était au sommet de cette meme acropole, est entièrement confirmée par l’examen des lieux.
On a pu remarquer avec moi, dans plusieurs des inscriptions que je viens de reproduire, le rapprochement de Minerve Lindia et de Jupiter Polieus; cela prouve, à mon avis, que ce temple, dans l’enceinte duquel j’ai cru observer les traces de deux compartiments distincts, était consacré en même temps à Minerve Lindia et à Jupiter Polieus. Ces deux divinités étaient l’une et l’autre protectrices de la cité de Lindos; mais la divinité principale qu’on y adorait comme la véritable patrone de la ville était Minerve, dont le nom, dans toutes les inscriptions que j’ai pu découvrir, précède celui de Jupiler Polieus ; il est probable que le contraire aurait eu lieu s’il en eût été autrement.
La fondation de ce temple remonte à l’origine même de Lindos. A l’époque, en effet, où les fils de Cercaphus, Ialysus, Camirus et Lindus, régnaient dans I’île de Rhodes, qu’ils avaient partagée en trois régions et où chacun d’eux avait bâti une ville appelée de son
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nom particulier, Danaüs, fuyant de l’Égypte, aborda à Lindos avec ses filles. Bien accueilli par les habitants, il y construisit le temple de Minerve et y plaça la statue de la Déesse. Diodore 1 qui nous donne ces détails, ajoute que trois de ses filles moururent à Lindos et qu’avec les autres il fit voile vers Argos.
D’autres auteurs, au nombre desquels nous citerons Strabon 2, attribuent la fondation de ce temple non à Danaüs lui-même, mais à quelques-unes de ses filles dont les noms sont indiqués dans un passage de la chronique de Paros 3; elles s’appelaient Amymone, Hélice et Archédice et avaient été désignées par le soi t ainsi que deux ou trois autres qui nous sont restées inconnues, le marbre étant mutilé en cet endroit et
leurs nomsayantdisparu. Quant à la statue delà Déesse,
elle était de bois4, de même que beaucoup d’idoles égyptiennes et que la première statue de Junon à Samos.
A quelque temps de là5, Cadmus aborda aussi dans l’île de Rhodes, et il consacra à la Minerve de Lindos, entre autres offrandes, un magnifique bassin d’airain dans le style ancien avec une inscription en lettres phéniciennes.
Vers l’an 600 avant J.-C., le temple primitif de Danaüs ou de ses filles fut reconstruit par le Lindien Cléobule 6, l’un des sept sages de la Grèce et l’ami de