‹ Voyage dans l'Inde anglaiseChapitre 10 sur 25 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Mœars, usages et religion des Indiens ou Indous. — Antiquité de la civilisation des Indiens. — Exagérations de quelques éeiiyains réfutées. — Population de Tlnde entière. — Nombre des Indiens primitifs et des étrangers. — Caractère moral des Indiens dans les Tilles, dans les campagnes. ^ Sobriété et paresse des dasses laborieuses. — Modicité du salaire. ^ Langage. — Le sanskrit. — Particularité de cette langue. — Dialectes qui en sont dérivés. — DiTl« sion des Indiens en quatre castes. — Obligation de rester dans sa caste. — Peines encourues par celui qui viole les lois de sa caste. — Anecdote à ce sujet. — Les castes nobles. -— Les castes Ignobles ou mixtes. ^ Les parias. — Subdivisions des castes. — Religion des Indiens — Culte de Brahma. — Trinité Indone. — Rapport de la mythologie Indienne avec les mythologies grecque et égyptienne.

— Principales cérémonies du culte brahmanique. — Pagodes, ou temples indiens. — Pagodes les plus «célèbres. — Contraste dans le caractère indien.— Attachement des Indiens pour leurs superstitions. — Souffrances auxquelles ils s'exposent volontairement.

— Sacrifice des veuves indiennes , ou suUiet. — Fourberies d'un brahmine.

Après avoir donné, dans le chapitre précédent, une idée de Faspect de Bombay pendant une journée , je vais entrer dans quelques détails sur les mœurs, les usages et la religion des popula*» tions diverses ^qui habitent cette ville. Comme il s^y trouve des représentants de toutes les parties

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présenter à la cérémonie , souvent trè^superflue , du dîner. Dans Fliide, les Européens dînent pour ainsi dire en commun, et rien de pins fréquent que les invitations réciproques : outre qu^elles sont un moyen de réunion, elles ne deviennent pas, pour le plus grand nombre, une dépense onéreuse* La foule de domestiques que Ton doit entretenir n'est pas nourrie chez ses maîtres , et la religion lui défend même de manger les mets qui y sont préparés ; il s'ensuit que , lorsqu'on dîne en ville, la cuisine ne fonctionne plus, et que beaucoup de personnes dînent presque tous les jours en ville, et se contentent de se rendre une fois ou deux: par mois les repas qu'elles ont ac« oepf es de leurs amis.

Il y a si peu de rappdfts entre les Européens, c'est-à-dire les Anglais, et les autres habitants de Bombay, Indiens, mabométans, parais, qu'il est assez difficile de dire quelles sont les habitudes de ces derniers , et comment ils emploient le temp$ avant qu'ils soient entrés dans le Fort , ou après qu'ils Tont quitté* Le matin, tous, riches et pauvres, sont également nus, et font leurs ablutions et leurs prières ; puis, à la tombée de la nuit^ on voit des parais et des mahométans prier encore

sur l'esplanade, ou se tenir à la porte de leurs maisons de campagne , tandis que les Indous se retirent dans leurs habitations. Quelquefois on observe une multitude de lampes, et Ton entend les tam-tams résonner avec plus dlntensité : c^est le signe d'une fête indienne ou musulmane. Si, au contraire, vous voyez aligner dans les rues des bancs semblables à ceux d'un collège, et si des hommes vêtus de blanc, la tète couverte d*nn turban eii papier peint, viennent les occuper et s'entretenir gravement, ce sera jour de fêté chez les sectateurs de Zoroastre (les parsis). Quelquefois vous entendrez les sons aigres d^un violon qui joue d'anciens airs d*opéras italiens ou français ; vous approchez, et vous découvrez, à travers les feuilles des bananiers et des cocotiers, une maison de chétive apparence , d'oi| soiiient des cris de joie et des éclats de gaieté inconnus à la gravité britannique. Vous voyez des gens vêtus à Teuropéenne qui valsent et dansent des quadrilles ou des fandangos. Ils ne diffèrent guère des Indous par la couleur de la peau; beaucoup même sont plus basanés que ceux des castes élevées. Ce sont les descendants des premiers Européens qui conquirent Tlnde, des valeureux compagnons des

Âlbuquerque et des Yasco de Gama ; ce sont des Portugais enfin, dont le nom est aujourd'hui presque une injure dans ce pays. Hélas! les habitudes aristocratiques des Anglais ont peut-être sgouté aux divisions religieuses , et les Portugais , qui forment la masse des chrétiens du pays, sont mis au rang des parias. Eux seuls servent comme topazes à bord des navires, où ils sont chargés d'enlever les immondices; seuls aussi dans les armées de Tlnde, ils ont le privilé|[e d'être fouettés. Tel est le sort de la seule classe qui puisse s'associer aux Anglais , qui ait pour eux de Taifection, qui leur ait donné des preuves de dévouement dans les moments de danger.

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