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plas de la variété des castes^ ear le fier brahmine est quelquefois tout noir, tandis que des parias sont d^une blancheur relative ;: il semblerait au contraire qu'elle est purement accidentelle, comme celle qui existe en Europe entre les bruns et les blonds , quoique plus prononcée et d'autant plus sensible que le corps, moins vêtu, est plus exposé aux regards.
Il est évident , d'après la manière dont s'expliquent la plupart des Indous , qu'ils regardent nos teints clairs comme une partie constitutive de la beauté , et comme la preuve d'une noble ori^e. Us n'aiment pas qu'on les appelle noirs , et quoique les Abyssiniens, qu'on rencontre en assez grand nombre dans la péninsule , ne soient guère plus foncés qu'eux , leurs livres badins sont remplis de plaisanteries sur le teint charbonné des hàbchi, comme ils les appellent. Cette opinion vient probablement de ce que l'Inde a été longtemps soumise aux Mongols et à d'autres conquér?.nts venus de pays plus septentrionaux, et qui conservèrent longtemps la blancheur de leur carnation. Avant que l'Inde tombât an pouvoir des Européens , des aventuriers accourus de la Perse „ de la Tarta^ie, de PÂrabie, etc., l'avaient soumise, au moins en
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partie; il en résulta que, dans Tesprit des indigènes , ridée de la force et de la puissance s^asso^ cia à celle d^un teint clair, et en fit le teint à la inode.
C'est une chose remarquable, cependant, avec quelle rapidité ces races exotiques, même sans mêler leur sang à celui des Indous, contractent cette nuance presque aussi foncée que celle des nègres, qui semble naturelle au climat de la péninsule. Les créoles portugais ne se marient qu'entre eux, ou quand ils le peuvent avec des Européens. Toutefois, après trois siècles de séjour dans rinde, ils sont devenus aussi noirs que des Cafres. Ce fait incontestable est une des preuves , entre tant d'autres, de la communauté d'origine de la race blanche et de la race noire» Sans doute le nègre se distingue dans son organisation par d'autres particularités qu'on n'observe ni chez les Indous , ni chez les créoles portugais , et qui sont moins susceptibles d'être expliquées par le cHmat que la couleur, seule différence qui existe entre l'Européen et les peuples de l'Inde. Mais » la chaleur produit un chang^nent si notable dans la couleur, d'autres circonstances du climat ne peuvent-elles pas, ne doivent-dles pas même dé-*
leO VOYAGE
terminer des changements d^ne nature différente? Et quand on calcule que ces causes ont pu agir pendant nne longue série de siècles, il n'est pas facile d^assigner les limites qu'elles ont dû avoir. Pour moi , ces observations n'ont fait qu'ajouter à la conviction que j'avais déjà puisée dans les livres saints , savoir : que tous tant que nous sommes appartenant à la race humaine répandue sur le globe terrestre, nous sommes les Gis d'Adam; que, quelles que soient la couleur de l'épiderme, la configuration de certaines parties du corps, l'ouverture plus ou moins aiguë de l'angle facial, nous n'en sommes pas moins tous frères, descendants du même père, rachetés par le sang du même Dieu.
Ces réflexions m'occupaient pendant tout le trajet de Ferozpoor à Delhi ; car, à mesure que nous approchions de cette grande cité, j'avais plus d'occasions de remarquer ces différentes nuances du teint dans la population. Mais bientôt la vue
de cette vaste dté, de ses somptueux édifices, et surtout des ruines qui annoncent son voisinage, cUangea le cours de mes idées.
Delhi est située sur la rive droite de la Djemnah, un des affluents du Gange. Elle s'appelait âutre^
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fois IndrorPrast'ha , c^est-à-dire, en sanskrit, demeure cFindra. Dans le temps de sa splendeur, quand elle était la capitale de Fenipire mongol, elle comprenait une étendue de trente milles anglais , et elle comptait une population de deux millions d'âmes ; aujourd'hui à peine en a-t-elle deux cent mille. Cette ville fut saccagée , en 1758 , par Nadir-Schah , roi de Perse , qui la dépouilla de ses trésors, évalués à plus d'un milliard de francs. Enfin les Afghans et les Mahrattes achevèrent de la ruiner; et ce n'est que depuis qu'elle est tombée au pouvoir des Anglais, en 1805, qu'elle commence à réparer ses pertes. Je ne saurais mieux rendre Teffet produit par l'approche de cette ville, qu'en empruntant ces paroles d'un voyageur français qui l'avait visitée quelques années avant moi. c Des ruines d'une grandeur inaccoutumée dans l'Inde annoncent l'approche de Delhi, de quelque part qu'on y arrive : elles bordent pendant plus de cinq milles (deux lieues) la route qui mène à la ville moderne. Ici , ce sont des tours massives, qui flanquaient jadis une forteresse dont les murailles sont tombées; là, c'est une route élevée, percée dans l'épaisseur d'un antique
portail , dont le sommet est encore garni de cré-