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casernes, Qt im beau temple guèbre récemment consfaruit. Il n'y a qu'une place publique, devant Thôtel de ville , et au centre se trouve la statue de lord Comwallis, couverte d'une coupole. L'en* isemble est d'un fort mau?ais goût, et ressemble plutôt à un temple de Brahma qu'à un monument européen. La place est couverte de gazon , et entourée d'arbres qui forment une promenade. Les rues habitées par les Européens sont plus laides que les autres , et les maisons en sont spacieuses et aérées. La partie qui sert de résidence aux na-turels est loin d^être setnblable. Du côté de terre on ratre dans le Fort par trois portes ; vers la mer, la douane et l'arjsenal maritimes donnent sur le port. Ce n'est pas dans ce port-là que se trouve le débarcadère , mais à une belle jetée construite avec beaucoup d'art et de soins, au delà de la ' porte d'Apollon.
La ville proprement dite, celle qiii se trouve au delà de l'esplanade, est bien plus populeuse que le Fort, et il est difficile de se faire une idée du tumulte et de la confusion qui paraissent y régner. Outre CCS deux grands centres de population, il y a des villages considérables, parmi lesquels je ém citer Mahem , Colabah et Mazegon; c'est dans ces deux
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derniers, et à Baïcoulah , que résident la plupart des Européens; le gouverneur lui-même habite une somptueuse maison de campagne nommée Parel.
Uiie de Bombay a huit milles de longueur sur quatre de largeur, et est coupée en tout sens par des routes bien entretenues, sur les bords desquelles les maisons se succèdent sans interruption. Il n'est pas difficile de distinguer «elles qui sont habitées par les indigènes de celles où vivent les Européens et quelques riches marchands du payiâ. Les premières sont de petites huttes rapprochées les unes des autres, dont les murs sont souvent de simples nattes ^ tandis que les autres, entourées de jardins , placées de la manière la plus avantageuse, meublées avec luxe, gardent en même temps une apparence de fraîcheur et de simplicité rustique. L'entrée est ordinairement décorée de pavillons, de colonnes, de voûtes recouvertes de plantes grimpantes, magnifique verdure émaillée des plus belles fleurs. Pendant la nuit , des lampes nombreuses brûlent dans la galerie qui ceint les habitations , aussi bien que dans les salles toujours ouvertes , et ces illuminations leur donnent un certain aspect de palais féerique.
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Dès qae la saison des plaies est passée, une ville nouvelle s^élève, commQ par enchantement, à côté du Fort et sur le bord de la mer. Elle est formée de tentes d'une si grande dimension, qu^elles offrent autant d'espace que de vastes maisons ; dans une cour entourée de pieux on dissimule les cuisines , les écuries et les remises ; puis on décore rentrée avec des vases qui renferment des arbustes et des fleurs ; on transporte dans la tente les meubles des maisons; on suspend les lustres de toutes parts; tantôt on. soulèvera une partie des toiles de cet édifice pour recevoir la brise du soir ; tantôt, au milieu du jour, on les fermera de tous côtés pour éviter la chaleur, le vent et la poussière. Le soleil ne pourra percer le double dôme de branches et de feuilles de palmier qui couvre ces tentes, qu'on entoure d'une galerie arrosée avec soin, pour produire une agréable fraîcheur. J'ai assisté à une fête donnée dans un de ces palais enchantés ; et l'Europe n'en saurait offrir d'aussi magnifique : car elle ne pourrait réunir le ciel, le climat de l'Inde, et le luxe des costumes asiatiques.
Mais, pour apprécier l'importance de Bombay, c'est Vers le port qu'il faut tourner ses regards.
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Les Anglais y ont établi , depuis quelques années , un chantier de construction d'où sont sortis leurs meilleurs vaisseaux et frégates, outre une grande quantité de bâtiments de commerce. Cest surtout quand la mousson du sud-ouest est passée qu^me animation prodigieuse règne dans le port. Aussitôt que les navires du pays ne craignent plus les tempêtes , il faut les voir en quantité innombrable entrer, sortir, se croiser, charger ejt débarquer des marchandises; ils se rangent plus près de terre que les autres, et, la douane du Fort ne suffisant pas pour expédier les affaires, on a été forcé d^établir une succursale à la ville même. Si Ton passe au travers de cette flotille, on est étourdi par les cris , par les chants des matelots , et par le son continuel du tam-tam. Le mouvement et le tumulte de la mer sont répétés à terre. De toutes parts on entend des troupes de portefaix, appelés hammcUs et cotdis, qui portent leurs fardeaux eu s^accompagnant d'un chant monotone et quelquefois en frappant la mesure. On s'étonne souvent du poids que peuvent soulever ces hommes tout nus , d'une apparence si chétive , et l'on admire l'art avec lequel ils appliquent leurs leviers de bambou, en les combinant de manière à concen-
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tra* leurs forces. On a tu soavent les robustes matelots de FEurope obligés de recourir aux Indous pour transporter des ancres, des blocs de pierre qui résistaient à leurs efforts. Le plus grand nombre de ces hommes est employé à chu^ ger et à presser du coton, tandis que d'autres vont entasser les balles sur Tesplanade, et en font comme d'immenses murailles qui paraissent construites en blocs de pierres cydopé^mes.
Un spectacle non moins singulier qu'offre Bombay, c'est rétonnante variété de la population qui Fhalnte. Là se trouvent réunis les hommes de toutes les races, de toutes les couleurs, des na«tionalités et des religions les plus opposées. Depuis rEcossais à la blonde chevelure, au teint blanc et rosé, jusqu'au noir foncé du Congo, vous verrez toutes les nuances qui diversifient l'épiderme humain. Anglais, Portugais, Juifs, Armé* niens. Musulmans de toutes les sectes, Indiens idolâtres de toutes les castes, Guèbres ou Parsis , tout cela vit paisiblement à côté lés uns des autres, chacun parlant son langage, pratiquant son culte: c'est la tour de Babel en permanence. Le gouvernement anglais laisse à tous une pleine liberté, pourvu que l'ordre ne soit pas troublé.
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Quoique la domination anglaise n^exerce pas sur la population Tinfluence qu^ou pourrait lui supposer, le travail est réglé par les habitudes britanniques. Au point du jour Bombay est désert, et Ton ne voit sur les routes que quelques promeneurs! européens, qui profitent de ce court moment de fraîcheur. Le port est silencieux , et les navires à la voilà paraissent entrer et sortir fbrtivement. . C^est une heure à hquelle nul ne peut se méprendre, tant elle est bruyamment annoncée par les cris d'innombrables corneilles, ^ qui s^élancent des arbres où elles ont passé la nuit. Cependant on voit se détacher sur un ciel toujours pur^ et nie d'Eléphanta et le plateau dentelé des montagnés de la terre ferme. Beaucoup d3 personnes qui ont vu Constantinople et Naples , prétendent que ces villes célèbres et leurs environs nWrent pas, au moment du lever du soleil, un plus beau coup d'œil que le port de Bombay vu des sommets de Mazegon ou de Bridge -Candy. Mais à peine Tnstfe du jour a-t-il paru sur Thorizon , quil faut fuir et se renfermer. Les Européens rentrent chez eux, prennent leur bain de chaque jour, s'habillent , et font ce repas solennel pour les Anglais , le déjeuner. C'est par là qu'ils commencent les affaires.