MARIAGES
Point de recensement pour ces
deux années.
NAISSANCES ET MORTS D’ENFANTS ILLÉGITIMES PENDANT QUINZE ANNÉES, SUR UNE MASSE DE 460 INDIVIDUS.
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Morts.
Années.
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sances.
Années.
Morts.
GÉOLOGIE, POPULATION. 25g
De ces tableaux il ressort deux faits importants ; le premier c’est qu’à mesure que la population augmente, les mariages sont moins nombreux; mais cette apparente anomalie est facile à expliquer; en effet les changements de lois, la vente des biens de l’Eglise, l’abolition des substitutions, et la consolidation des livelli ont principalement agi dans les premières années de leur promulgation et ensuite on est rentré dans l’état normal. Afnsi en 1819, sur 127,896 habitants, t ,4^7 unions légales et religieuses se sont formées , et , depuis ce temps, elles vont toujours en décroissant et tombent enfin, en i833, à 904, bien qu’alors i55,4i6 individus peuplent la principauté. Le nombre des naissances reste à peu près stationnaire; mais la mortalité des enfants diminue, quoique trop considérable encore, comme on vient de le dire; et c’est d’où provient l’augmentation de la population, bien que les mariages soient plus rares , et comment s’explique ce premier fait , qui semble d’abord en contradiction avec les lois ordinaires , régissant la reproduction de l’espèce humaine , dans les états civilisés.
Du second fait, et en tirant des conséquences de ce qui se passe dans la totalité des habitants , d’après 460 individus , pris au hasard et pendant l5 années, on est autorisé à croire que le nombre des naissances illégitimes et surtout des décès s’af-
260 surface du pays, etc.
faiblit d’une manière très-remarquak le et progressive; en 1820, on voit sur le tableau 172 naissances et 80 morts; en 1826, elles s’élèvent seulement les unes à 1 1 4 et les autres à 53. Depuis cette époque, le chiffre des premières est à peu près fixé et ne varie que de quelques unités ; mais celui des secondes diminue sans cesse et, en *834, descend à 33, c’est-à-dire qu’en 1820 il arrivait à près de la moitié des naissances, et qu’en i834 il se réduisait à moins du tiers. C’est encore au perfectionnement de l’hygiène introduite dans les hospices et le pays que l’on doit cette heureuse différence. En 1820, sur deux habitants 2/3, il naissait un enfant illégitime, et, en 1 834 » un sur quatre ; on ne peut attribuer cette diminution si considérable qu’aux progrès de l’instruction, de la morale, des idées religieuses et du bien-être répandus dans la contrée ; car ordinairement un accroissement de population et moins de mariages, en multipliant les célibataires , multiplie les bâtards.
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Ainsi que vient de le montrer le chapitre concernant la population, la plus grande partie des habitants vit au milieu des champs et des produits de l’agriculture, portée à un haut degré de perfection; et, sans crainte d’être démenti, on peut affirmer qu’elle es! une des premières de l’Europe, principalement dans la plaine, grâce à l’intelligence laborieuse des cultivateurs etauxirrigalions, partout où il a été possible de les faire parvenir. C’est un magnifique spectacle que celui présenté par tous ces héritages, divisés en rectangles ordinairement de 200 mètres de longueur et de i5o en largeur, et admirables par l’ordre des cultures et le luxe de la végétation. Les berges des fossés, qui séparent les propriétés et reçoivent les eaux fécondantes, sont plantées de peupliers ( populus nigra ) soutenant les guirlandes de la vigne, et dans les terrains plus humides c’est le saule blanc ( salix alba) qui remplit cet office. Près de Lucques, en arrière de ces vignobles aériens, si l’on
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peut s’exprimer ainsi, le mûrier étale son riche feuillage et le milieu des carrés est généralement occupé par les deux espèces de maïs, le grand et le quarantin, et toutes celles des graminées; le chanvre, les légumes y tiennent aussi leur place et couvrent le sol en toutes saisons. Les propriétaires obvient à la déperdition des sucs nutritifs, qu’entraîne cette continuelle végétation , au moyen d’abondants engrais, et appliquent à leurs travaux des méthodes et des assolements raisonnés. Enfin si la petite principauté de Massa, voisine de celle de Lucques, est regardée comme un jardin perpétuel, on doit, sans crainte d’erreur, appliquer la même qualification aux campagnes lucquoises, et ajouter que si leurs possesseurs jouissent de plus d’aisance, ils le doivent à l'union des travaux agricoles et industriels ; en effet , ils sont infatigables, toujours prêts à s’occuper, et lorsque les champs leur accordent quelques loisirs, on voit aussitôt les femmes filer le chanvre ou la soie et les hommes tisser la toile.
Malgré l’intérêt qu’inspire cette belle culture, nous entrerons dans peu de détails; car, excepté l’olivier, propre aux versants méridionaux de l’Apennin, elle est, quant à ses divers produits, la même que celle des duchés de Parme et de Modène, et s’attache principalement aux prairies, au froment, à l’orge, au maïs, au lupin comme fourrage
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auxiliaire, aux pommes de terre depuis quelques années et aux plantes textiles ; mais plus au chanvre qu'au lin. Nous voulons donc éviter les redites, ayant déjà traité le même sujet en décrivant les duchés précités. Toute la différence peut résulter du plus ou du moins d'habileté des cultivateurs, et , à cet égard , les Lucquois ne craignent aucuns rivaux, favorisés qu’ils sont par leur climat, leur aptitude et leur persistance au travail.
On ne peut révoquer en doute les progrès qu’a faits, dans le pays, la science agricole, en voyant l’augmentation constante du bétail de l’espèce bovine et la beauté de beaucoup de sujets. En i839, le nombre des boeufs et vaches s’élevait à 4i^oo et c’était le double de celui existant en 1799; >1 s’accroît toujours, et en i845 on l'estimait à 5, 000 et peut-être encore plus haut, augmentation témoignant en faveur des bonnes méthodes d’éducation, d’engraissement des bestiaux, et perfectionnement remarquable, car l’extrême division des terres s’oppose ordinairement à ce qu’on obtienne cet heureux résultat, qui semble plutôt le partage de la grande propriété.
La culture des céréales est pareillement en progression, quoiqu’elles ne suffisent pas à la consommation et qu’on soit obligé d’en tirer de l’étranger; et ce qui le prouve, c’est que, malgré l’accroissement de la population et l’inévitable dépréciation
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du numéraire, le prix du froment est resté, en moyenne, stationnaire; sans doute de bonnes ou de mauvaises récoltes y ont introduit de notables variations, et neuf fois, dans l’espace de 5o ans, il est monté à 10, à 1 i , à 12 , à i3 et à 14 livres (1) 1 estajo, répondant à litres 24~41 299 5 mais pendant ces 00 années on voit reparaître 22 fois le taux de 5 livres et une fraction, et il est à remarquer que la mercuriale, dont ces chiffres sont extraits et qui comprend un si long intervalle de temps, commence par le prix de 5 livres 12 sous et finit par celui de 5 livres *4 sous (2). Pour l’édification du lecteur, nous donnerons ce document à la fin du chapitre. Parmi les graminées, le riz, heureusement longtemps négligé, acquiert depuis quelques années de l’importance dans la contrée maritime, et si c’est au profit pécuniaire des habitants, c'est, à coup sûr, au détriment de leur santé. Tous les économistes philanthropes du pays déplorent l’introduction d’une culture amenant avec elles les fièvres endémiques.
Les derniers contreforts de l’Apennin, environnant la plaine, sont également revêtus de riches
(1) La livre lucquo:se équivaut à "5 cent.
(2) Il a été également prouvé, à la chambre des députés , en 1852, lors de la discussion de la loi des céréales, qu’en moyenne leur prix était le même en France depuis quatre-vingts ans. Les défrichements et une meilleure culture en sont la cause.
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plantations. A leurs pentes inférieures, la vigne étend, aux limites des héritages, ses longs sarments horizontaux sur l’orme et l’acacia-, et, au milieu des champs, l’olivier est planté en files .à « distance de i5 mètres, 'pour laisser croître les céréales sous l’influence des rayons solaires; en sorte que la même terre donne trois récoltes annuelles. Plus haut règne le châtaignier, et, à une plus grande élévation encore, dans la montagne, prospèrent les bois de chauffage et de construction. Parmi les végétaux arborescents, trois espèces, le mûrier, habitant la plaine, l’olivier, qui prend des proportions extraordinaires sous cet heureux climat, et le châtaignier, aimant un air plus frais et plus raréfié, contribuent éminemment à la richesse du pays et reçoivent des soins spéciaux et bien entendus.
Le produit le plus important du pays est celui qui provient de l’olive, et l’huile qu’elle donne est légère et aromatique ; celle de première qualité se recueille dans un rayon de cinq à six milles autour de Lucques, et son exportation considérable, eu égard à l’exiguité du territoire, dépasse quelquefois un million de francs. On la regarde, à bon droit, comme la meilleure de l’Italie; fort recherchée, même sur les marchés de l’Amérique, son principal débouché est cependant au nord de l’Europe, où elle remplace souvent l’huile d’Aix. Près
de la mer, l'olivier ne donne plus que des qualités inférieures, ordinairement employées par les savonneries. Serait-ce que les terrains maritimes, longtemps ensevelis sous l’eau salée, leur communiquerait une àcrelé qu’on ne peut corriger? Nous » n’avons pu avoir aucun renseignement à cet égard, malgré les plus minutieuses recherches.
La récolte de la soie est assez considérable, pas autant néanmoins qu’elle pourrait l’être, car l’olivier envahit les collines où le mûrier prospérerait, témoins ceux de nos départements du Gard et de l’Ardèche s’élevant jusque sur les montagnes de médiocre hauteur et donnant des fils de meilleure qualité que ceux provenant de la plaine. U sort de cette précieuse matière 5 à 6,000 kilog. valant 260,000 à 3oo,ooo fr., et le surplus sert aux métiers de soieries établis à Lucques et qui prennent depuis quelque temps une assez notable extension, comme on le verra tout à l’heure.
Plantée dans un terrain et à une exposition favorables, la vigne donne un raisin sucré et parfumé; mais la liqueur qui en provient est médiocre ; car la bonne manière de la faire est pratiquée par bien peu de vignerons en Italie. Pour la colorer, on laisse durer trop longtemps la fermentation, quelquefois 12 et i5 jours, et l’alcool s’échappe. Aussi, en général, ces vins ne peuvent se conserver.
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Les hautes collines et les montagnes sont cultivées partout où la terre le permet. Cependant la méthode d’alterner la semence et la jachère y est malheureusement trop en usage, et forcé quelquefois par la difficulté de se procurer de l’engrais, le porc et la chèvre vagabonde, presque les seuls animaux domestiques de ces localités, ne pouvant remplacer celui que donne l’espèce bovine ; la véritable ressource des habitants de l’Apennin est donc celle que leur procure le châtaignier. Cet arbre couvre la plus grande partie des hauteurs. Une variété greffée produit les beaux marrons de Lucques exportés dans presque toute l’Europe, mais en quantité qu’il n’a pas été possible d’évaluer, attendu qu’ils sortent presque tous par le port de Livourne et se confondent avec l’exportation toscane du même fruit. Quant aux châtaignes, gardées en coque ou réduites en farine, elles servent à la nourriture des Lucquois et principalement des montagnards, qui la mêlent au lait de chèvre et dont le régime nutritif a beaucoup d’analogie avec celui des régnicoles de nos départements de la Creuse et de la Corrèze, dont la châtaigne est aussi la base de leur alimentation (1).
(1) On prétend, peut-être à tort, que dans ces départements celte nourriture donne au tempérament de ceux qui en font un
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La limite de la végétation des oliviers et de la vigne est à 570 mètres au-dessus du niveau de la mer; celle des châtaigniers à 85o. Plus haut on voit de magnifiques bois de hêtres ; mais iis s'arrêtent à i,5oo mètres, et, passé cette élévation, aucun végétal ligneux ne peut vivre. Cependant les forces de la production ne sont point éteintes, et jusqu’à 16 et 1,700, de vertes prairies étendent encore leurs tapis d'émeraude.
Voici maintenant le tableau des prix du froment pendant un demi-siècle.