DONS ET CONTRIBUTIONS
PAYÉS PAR LE GOUVERNEMENT DE LUCQUES AUX FRANÇAIS ET AUX IMPÉRIAUX POUR SAUVER L’EXISTENCE DE LA RÉPUBLIQUE.
Années.
Dcn à Charles VIII à son passage à
Lacques
ducats . . .
Au même , pour la restitution , à la
république, de Pietra Santa et de Monlrone qu’il avait conquis. . .
florins d’or.
A Maximilien, roi des Romains. . .
id.
Au même, pour la ligue de Cambrai.
id .
Don à l’empereur Charles Quint. . .
A deux agenls d’affaires du même
id .
souverain
id.
Aux mêmes agenls
id.
Don au roi de France François !*r. .
id.
A Charles de Bourbon , général de
l’armée impériale
ducats d’or.
Don au général des impériaux. . .
Don à l’empereur Maximilien II pour
écus d’or. .
la guerre contre les Turcs
id.
Payé à l’Espagne pour la guerre con-
tre la France
florins . . .
Payé à l’empereur Léopold I« pour
fa guerre contre les Turcs. . . .
id.
Comme ci-dessus
id.
Comme ci-dessus
id.
A l’empereur Joseph I"
id.
Payé à l’Autriche pour la défense de
l’Ilalie
écus lucq. .
A l’armée française, 2,800 fusils. .
A un étranger qui promettait de faire
respecter l’indépendance de Lucques par les Français
sequins. . .
Aimées. .
1797. Participation forcée à un emprunt de
la république cisalpine livr. tourn. 105,000
1798. Au général Beilhier, à tilre d’em-
prunt id. AOO.OOO
1798. Don au général Berthier id. 200.000
1798. Payé au général Brune (1) francs . . . 800,000
1798. Donné au général Serrurier sequins. . . 5,000
1798. Payé au général Joubcrt (2) livr. tourn- 2,000,000
1799. Valeur de 120 canons de bronze pris
par le général autrichien Klénau. francs . . . 856,000
1800. Au général Masséna (3) id. 900,000
1800. Cadeau pour le général Murat. . . . »'d. 36,000
1802. Don gratuit à Salicetti, commissaire
français id. 618,000
Il est une remarque à faire sur les sommes exprimées dans ce tableau ; c’est qu’à partir de 1 494jusqu’en i638, si l’on prend une moyenne pour ces 1 44 années, le numéraire que Lucques a payé, dans cet intervalle de temps, avait alors, à cause de la dépréciation toujours constante des métaux précieux, et relativement à sa valeur actuelle, une importance au moins quatre fois plus grande que celle accusée par les chiffres. Ce qui n’aura pas sans doute échappé au lecteur, c’est l’énormité des cinq contributions imposées par nos généraux ou leurs agents dans la seule année 1798, et montant
(1) Ou fut obligé, pour satisfaire à ce payement, de fondre l’or et l’argenterie des églises, de l’Étal , des partieuhers , et de recourir aux emprunts forcés.
(2) 700,000 furent payées par le trésor, et 1,300,000 par la noblesse.
(5) Payés entièrement par la noblesse.
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à 3,46o,ooo fr. Le sequin étant évalué à 12 fr., en total, depuis 1796 jusqu’en 1802, la France a coûté au petit état de Lucques, moins riche et moins peuplé qu’il ne l’est maintenant, 6,016,700 francs. C’était payer bien cher une liberté promise, servant de prétexte, et qui dans le fait ne fut jamais accordée. Même pendant l’éphémère existence d’une république démocratique, les serres de l’aigle française se firent toujours sentir.
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ADMINISTRATION RELIGIEUSE
Elle comprend un archevêque, celui de Lucques, et ses deux suffragants, les évêques de Massa et de Carrara, dont les sièges épiscopaux sont situés sur le territoire de Modène, 4 cathédrales ou collégiales (1) ; 273 paroisses dotées par une im-
(1) Plusieurs églises, en Italie, ont le titre de cathédrales, quoi-
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position réguljèye que payent les particuliers ou les communes et provenant d’obligations, reposant comme garanties sur des emphvtéoses, et 2 séminaires. Le nombre des couvents s’élève à 25, savoir ii d’hommes et 14 de femmes.
Le personnel du clergé et des corporations religieuses se composait ainsi en i843 :
Prêtres remplissant les fonctions sacerdotales. . . . G90
Clercs 412
Moines et frères servants 397
Religieuses et sœurs converses 425
Total 1,924
nombre qui répond à 1 et 1/9 pour 0/o sur la to- ’ talité de la population.
Sous le gouvernement impérial, car la princesse Elisa n’était en réalité qu’un prête-nom , on mit en vente les biens ecclésiastiques, et, en 1818, on restitua aux églises une valeur de ü, 000, 000 de livres lucquoises, soit 9,250,000 francs, en propriétés nationales non encore aliénées. La plus grande partie de ces biens, devenus domaniaux, fut donnée aux couvents, mais seulement en usu-
qu’elles ne soient point situées au ljeu où est le siège de l'évêque. Ce ne sont, en réalité, que des collégiales; c’est-à-dire qu’elles ont un chapitre de chanoines. En France, les églises de Saint-Jost, de Saint-Paul , à Lyon ; de Brioude , en Auvergne, etc. , étaient des collégiales.
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fruit; cependant l’extinction de 9 monastères fut maintenue.
Avant 1 8o5, époque où l’ancien gouvernement tomba sous un décret de Napoléon, il existait 32 couvents; i5 d’hommes, 17 de femmes. La valeur de leurs terres et bâtiments dépassait de 16,000,000 de livres (12,000,000 de fr.) celle d’aujourd’hui et montait à 33,700,000 livres (25,3i2,5oo fr.) ; il en résultait, d’après le cadastre , que les possesseurs ecclésiastiques étaient presque le tiers de toute la propriété foncière.
L’ancienne loi de 1764, rendue par le sénat souverain deLucques, défendant d’acquérir des biens de main-morte sans autorisation, n’est plus en vigueur; ainsi les propriétés territoriales du clergé et surtout des ordres monastiques peuvent s’accroître sans limites, en principe, il est vrai, mais non en fait ; car la division extrême du sol, et l’attachement du paysan à la part qu’il en possède, rend les acquisitions coûteuses et fort difficiles.