HOPITAL DES HOMMES
Surnommé de la Miséricorde , cet hôpital fut d’abord fondé en 1200, et sans séparation de sexe, par les marchands de la ville, qui se servi-
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rent, pour cette oeuvre charitable, des portions encore subsistantes d’un palais ayant appartenu aux marquis de Toscane. Cet hôpital est actuellement divisé en deux bâtiments spacieux qu'une rue sépare. L’un, celui dont nous nous occupons , est destiné au sexe masculin et l’autre aux femmes. Les salles sont belles, soigneusement blanchies, aérées et saines. On n’y sent point cette odeur fade que l’on trouve trop souvent dans les hôpitaux, faute de la circulation et du renouvellement de l’air. Les salles des hommes contiennent 1 10 lits et tout auprès sont les cliniques médicales et chirurgicales en ayant huit chacune; en tout 126.
Le nombre moyen des malades reçus dans cet hôpital, et calculé sur une décennale, est de g58 , ce qui, pour la population de la ville, donne 1 malade sur 26 habitants, et cette proportion serait plus faible si on connaissait le chiffre de ceux qui viennent de la banlieue et même de localités plus éloignées. Mais telle que nous la connaissons, et en 11e tenant compte que des domiciliés à Lucques, elle est de beaucoup inférieure à celle indiquée par les statistiques de nos grandes villes françaises, et surtout de Paris, où, sur 12 citadins, un adulte ou un enfant mâle entre aux hôpitaux. Les maladies dominantes sont, en hiver, les fièvres inflammatoires, les rhumatismes aigus, et les péripneumonies quoique moins fréquentes; au printemps, les
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fièvres continues et les intermittentes contractées en pays étrangers, tels que les Maremmes, les rivages de la Corse et l’Algérie ; en été, la dyssenterie et quelques fièvres nerveuses, et en automne, les périodiques et même les pernicieuses auxquelles sont spécialement sujets les colons des cantons bas et maritimes de la principauté. La mortalité est, sur les entrées, de n p. 0/07 et la dépense journalière, par tête de malade, d’une livre de Lucques, ou 75 c.
Dans cet hôpital, comme dans presque tous ceux d'Italie, le soin des malades est confié à des infirmiers au nombre de 10 et salariés. Il serait à désirer qu’on leur substituât des soeurs , remplissant ces pénibles fonctions, par un motif plus pur, plus élevé que celui du salaire, et que l’esprit religieux et la charité chrétienne dévouent au soulagement, à la consolation des douleurs humaines; au reste on commence, dans la Péninsule, à être convaincu que rien ne remplace leur affectueuse application à leurs saints devoirs, et déjà l’on y a tenté d’heureux essais. Le lecteur doit se souvenir qu’à Parme, des soeurs ont été établies au grand hôpital et qu’il a fallu les faire venir de France ; car le pays ne possédait aucune congrégation de femmes pour le service des hôpitaux et des hospices (1).
(1) Une lettre, reçue dernièrement de Lucques, nous annonce que, sous peu, les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul vont être appelées au service des hôpitaux.
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