‹ Voyage dans l'Italie méridionaleChapitre 53 sur 80 · HOSPICE DES INVALIDES · texte numérisé non relu

HOSPICE DES INVALIDES

Il n'est point uniquement destiné à de vieux militaires, comme son appellation pourrait le faire croire ; mais les soldats y entrent de droit , et outre l'habillement , le logement et la nourriture, on leur donne une solde mensuelle. Cependant le plus grand nombre des personnes des deux sexes admises dans l’établissement, et qui doivent être incurables ou hors d’état de pourvoir par le travail à leur subsistance, sont de la classe civile.

Placé d’abord, en 1809, dans le vaste couvent de Santo-Francesco , et transféré ensuite dans celui de Santa-Catterina , lorsqu’en 1808, les Franciscains rentrèrent dans leurs propriétés, cet hospice est encore une fondation de la princesse Bacciocchi, et nous citons toujours avec orgueil et bonheur tout le bien qu’a fait une Française dans son étroite souveraineté. Réduit maintenant à un local exigu, cet asile des pauvres et infirmes vieillards ne peut répondre à l’intention de sa fondatrice qui l’avait érigé pour recueillir 223 invalides, y compris 12 ecclésiastiques logés et nourris séparément ; actuellement, on n’y admet que

4o hommes et 79 femmes, en tout ug. Pour être reçu gratis, il faut prouver la complète incapacité de subvenir à son entretien ; mais s’il reste quelques ressources au pétitionnaire, il peut être admis moyennant une modique pension de 12 fr. par mois , pourvu toutefois qu’il remplisse les conditions voulues d’âge et d’infirmitcs; la moyenne de cet âge est de 65 à 70 ans. L’entretien journalier, par tête, répond à 4° cent.

Les occupations des hommes, qui en sont capables, est le dévidage, les petits soins de la maison, et d’assister les moribonds de l’hôpital voisin; celles des femmes consistent à filer et à faire des bas pour les hospices. Si hommes ou femmes peuvent encore exercer un métier peu fatigant, un quart du bénéfice leur est attribué, et le reste appartient à l’établissement dont le service se fait par les orphelines. Lorsque ces invalides sont atteints de maladies aiguës, ou qui n’entrent point dans la catégorie des maux lents et incurables, on les transporte au grand hôpital de la Miséricorde.

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