INFIRMERIE
Nourriture entière 3
— aux trois quarts 7
— à moitié. 1
Diète. i
PRISONS
Ce n’est que pour des cas graves et pour un temps qui n’offre point de danger, que l’on inflige la privation de nourriture ; mais il est une observation à faire sur les incarcérés portés au tableau dans cette catégorie. Comme privés de nourriture, il n’y figure réellement que 4 condamnés. Les 5 incarcérés pour dettes n’étaient point privés de la ration ordinaire ; mais, nourris par leurs créanciers, ils n’entraient pas dans la comptabilité alimentaire de la maison et ne comptaient que pour leurs personnes parmi les détenus.
BAGNE DE VIAKEGGIO.
Les forçais y étaient, le 25 octobre i845, au nombre de 36, savoir: 33 en état de travailler, 1 en punition et 2 à l’infirmerie.
Ils dorment seuls, mais enchaînés. On les occupe pendant la belle saison à des travaux publics au dehors pour le gouvernement, et ils reçoivent alors , outre la nourriture qui est la même que celle de la prison de Lucques, une ration de vin et 2 sous par jour, l’un à dépenser immédiatement et l’autre qui est mis à la masse qu’on leur remet lorsque le temps de la peine est expiré. L’hiver, le travail interne est en partie à leur bénéfice, et, pour chaque jour de labeur, ils donnent à l’administration une somme
prisons. 3‘ig
déterminée selon l’industrie qu’ils exercent. Nous croyons devoir offrir ce tarifait lecteur.
Les scieurs de bois abandonnent un tiers de leur gain.
Menuisiers 12 sous lucquyis.
Charrons 12
Cordonniers 10
Tailleurs 8
Faiseurs de sandales 8
— de boulons d’os 3
— de bretelles 2
Fileurs de lin 2
— de chanvre 2
— de laine 2
— de coton 2
ApprtMeurs de peaux 2 pour chaque pièce.
Grâce au code Napoléon introduit par l’administration française et qui subsiste encore en grande partie, tous ces condamnés ont été défendus par plaidoirie et jugés publiquement; il en est de même pour les affaires civiles, et ce sont des garanties que les peuples italiens, qui en sont encore privés, désirent avec ardeur.
Nous voici arrivés à la fin du travail que nous avions entrepris sur la statistique des trois principautés de Parme , de Modène et de Lucques , et que nous nous sommes attaché à rendre aussi exact que possible ; mais il ne le sera plus peutêtre dans quelques années, grâce aux changements rapides qui s’opèrent maintenant au sein de pres-
PKISOÜS.
que toutes les contrées européennes ; c’est ainsi que, depuis la publication de notre second volume, le royaume de Naples a éprouvé d’importantes modifications dans ses lois de douane, ses traités de commerce et ses voies de communication par l’établissement de chemins de fer. A Rome, il s’en prépare aussi non-seulement de pareils; mais même il est question, dit-on, de réformer une partie de la législation et l’organisation des tribunaux. Une statistique ne peut donc être qu’un jalon indiquant quelle était la situation matérielle, morale, intellectuelle d’un pays à une époque précise, et servant de tenue de comparaison pour l’avenir.
Comme nous l’avons fait pouf l’Italie méridionale, nous allons, avant de décrire les villes des duchés de Parme et de Modène et les chefs-d’œuvre qu’elles renferment , présenter au lecteur une brève appréciation de leurs écoles ; cette méthode a l’avantage de lui faire connaître le caractère du talent et les nuances de style propres à chaque peintre, d’assigner le rang qu’il doit occuper dans la hiérarchie artistique et de ne pas obliger l’écrivain à interrompre sans cesse la narration pour évaluer le mérite d’un tableau. Une description détaillée est alors seulement accordée aux œuvres capitales ; il semblerait, vu la proximité et le peu d’étendue de ces duchés, qu’il aurait mieux valu confondre leurs deux écoles dans un seul examen que de les séparer ; mais, en fait, elles présentent
des différences assez distinctes pour qu'il soit nécessaire de les isoler. L'imitation de Rafaele prévalut à Modène et celle du Correggio à Parme ; c'està-dire que l'une s'appliqua surtout au dessin , à la composition, à la fidèle et noble expression des mouvements de l’âme, et l'autre à la magie du coloris, à la grâce unie à la science si difficile des raccourcis, et nous croyons devoir maintenir leur séparation.
Bien que la statistique et la description des duchés de Parme et de Plaisance précèdent celles du Modénois, nous commencerons cependant par l’école de peinture de cette dernière contrée ; car le Correggio, y ayant d’abord pratiqué son art, obtint ensuite sur la parmesane une si grande influence, qu’il en devint l'illustre chef, et c’est de Modène que sortit ce flambeau qui devait si brillamment l’éclairer.