‹ Voyage dans l'Italie méridionaleChapitre 67 sur 80 · CATHÉDRALE DE PARME · texte numérisé non relu

CATHÉDRALE DE PARME

ses arceaux sont à pleins-cintres. L’époque de sa fondation est incertaine, et l’on sait seulement qu’il fut commencé au onzième siècle, et consacré par le pape Pascal II «à l’origine du douzième, en n 06. Le nom de l’architecte est également inconnu, et nous avons déjà fait remarquer que cette ignorance est rare chez un peuple soigneux, en général, de transmettre à la postérité la gloire de ses artistes.

La façade, de 29 mètres de hauteur, et qui se développe sur une place d’une assez grande étendue, a trois portes; deux sont latérales, et celle du milieu est précédée d’un avant-corps, espèce de porche orné de deux colonnes en marbre rouge, à chapiteaux corinthiens imparfaits, et portées sur le dos de lions fort peu ressemblants au roi du désert, assez grossièrement sculptés et montés sur des piédestaux. L’usage assez constant, depuis Plaisance jusqu’à Lucques, de donner de tels soutiens aux colonnes placées à l’entrée des principales églises, 11e serait-il pas un emblème des longues et sanglantes querelles qui eurent lieu, au moyen-âge, entre la tiare et le sceptre impérial? Cette colonne, imposant son fardeau au lion, ne désignait-elle pas la suprématie des papes sur les césars germaniques? Et ce qui le ferait croire, c’est qu’alors la Lombardie élrurienne était soumise à la fameuse comtesse Mathilde, si aveuglément dé-

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vouée à Grégoire VII. Au reste, nous ne donnons celte conjecture que pour ce qu’elle vaut.

La partie supérieure de cet avant-corps soutient une tribune également à deux colonnes, portant une arcade profonde surmontée d’un fronton, et c’est de là que, dans les grandes solennités, on bénissait le peuple, et qu'aussi aux jours néfastes, aux temps de courroux, on lançait les excommunications, usage qui s’est conservé à Rome, où, du haut de la tribune de Sanlo-Giovanni-in-Laterano, la bénédiction papale se donne encore, une fois chaque année, urbi et orbi. Au-dessus s’ouvre une large fenêtre en demi-cercle et donnant du jour à la grande neT; en sorte que trois arceaux se trouvent superposes sur la même perpendiculaire. Les deux petites portes latérales devaient avoir certainement, en moindres proportions, un avant-corps, comme le portail du milieu, mais sans tribunes, puisqu’elles ont chacune leurs deux lions, dont les reins sont chargés de bases attendant vainement des colonnes. Les ornements des arcs rentrants de ces portes sont admirablement ouvragés et d’une exquise délicatesse ; toutefois les bizarres chapiteaux des colonnes et des pilastres en retrait diffèrent tous entre eux, et représentent, presque en ronde-bosse, des figures d’hommes et d'animaux affectant de singulières postures, ce qui leur donne sur les fûts une trop forte saillie.

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