DE LAMAS A L'EMBOUCHURE DU CYDNUS
Llntltes 4e la Clllele dm plaine* dam i uni i <|t.î t é ; le» rkAteaux d\kkalak et d'Erdcmlou ; mines de Calanthea* ekateaux d'El-bourbour- Arbaaeb et de Ckeyr-bogba* » ruine- de f»oll et de Fontpelopolls ; le tombeau d'Arntu» ; la guerre eontre le» pirates rlllelens; vletolrea de l'omprei la colonnade, le tb(;âtre et le port de l'ompelopolls ; Inscriptions et ruine» diverse»: le fleuve Llparls; »onrees de bitume ; Mcmlne et le» ruine» de 7.t pli>rluiu ; le DlréklMasck ; ekateaux by-
Inserlptloas ) le fort Cylnda; nbegma; l'embouchure du <:>unu«; sources d'eaa sulfureuse ebaude de Ieknié.
On a vu précédemment quelles étaient les limites que les anciens avaient assignées à la Cilicie montagneuse, et nous
avons consacré la première partie de notre ouvrage à la description archéologique et géographique de cette contrée. Maintenant nous allons indiquer les limites de laCilicie que les écrivains de l'antiquité avaient désignée sous le nom de pœdia ou campes tris, parce qu'elle est formée d'une vaste plaine s'étendant depuis le fleuve Lamus, à l'ouest, jusqu'au cap Rosicus (Ras-el-Kanrir) à l'est , et depuis le Taurus, qui la séparait de la Cappadoce et de la Cataonie, au nord , jusqu'à la mer qui lui servait au sud de limites naturelles.
Après avoir traversé le fleuve Lamus, qui, dans l'antiquité, séparait les deux Cilicies, on trouve à une heure et demie de marche, sur le bord de la mer, le château iïAk-kalah, puis celui à'Erdemlou. Ce dernier est élevé, à une demi-heure du rivage, sur un monticule à la base duquel on a bâti un village dont la situation correspond à l'emplacement de l'ancienne Calanthea. Cette localité, que le Stadiamus maris qualifie de bourgade, y/àpy;, n'a conservé aucune trace de ses monuments, si ce n'est toutefois quelques sculptures que l'on voit enchâssées dans les murailles de ce château.
\jà. rivière d Erdemlou sert de frontière aux pachaliks d'Itchil et d'Adana. Les restes d'une redoute qu'avait élevée Ibrahim-pacha sur la rive gauche du cours d'eau indiquent les limites des possessions égyptiennes, à partir de la conquête jusqu'à l'époque du traité de Londres (1 5 juillet i84o).
A quelque distance de cette redoute, et à proximité du rivage , se trouvent les châteaux ruinés d' ' Kl-bourbour- ArbaschetdeChej r^boghaz, dont les débris mutilés n'offrent aucun intérêt. Ce dernier est bâti sur un monticule, à trois
CILICIE DES PLAINES. Mi
heures de Pompéiopolis , ville édifiée après la soumission des pirates, sur les ruines de Soli.
La ville de Soli fut fondée par un détachement de colonies argiennes venu, à ce que l'on croit, de l'île de Chypre et qui depuis aurait été renouvelé par des colonies rhodiennes et athéniennes2. Selon Diogène de Laërte3, le législateur athénien Solon aurait fondé la ville de Soli la deuxième année de la lv* olympiade. Euphorion * rapporte le même fait. Il est probable que Solon , par suite des relations d'amitié qu'il avait contractées avec les colonies athéniennes de Chypre, qui elles-mêmes avaient détaché des colonies en Cilicie5, aurait favorisé cet établissement. Les médailles de Soli % représentant Pallas et la chouette, confirment cette opinion.
D autres auteurs 7 attribuent la fondation de Soli à des Rhodiens venus de Lindus, auxquels Pomponius Mêla ajoute les Argiens ; Polybe * confirme cette origine. De ce qui précède, on peut tirer la conséquence que Soli fut d'abord fondée par les Argiens, dans les temps où les émigrations de ce peuple couvraient la côte depuis le promontoire Mycale jusqu'au golfe d'Issus, et qu'ensuite une colonie de Rhodiens se joignit à eux. La colonie qui donna le nom du législateur athénien à la ville de Soli serait donc
« Polybe, Excerpt. Ug, XXV. — Tile-Live, liv. XXXVILch. un.— Eckhel, Doc. num. vet., T. III, page 68.
« Slrabon, liv. XIV, § v. — Pomp. Mêla, ch. xvn.
5 Liv. I, § u.
4 Étienne de Byzance, v° Zota.
8 Eustath., ad Dyon., v.875.
6 Mionnet, Descr. des méd. yr., Cilicie, Soli. ^J-j
7 Strabon, XIV, v. — Euslath., v. 875. — Pomp. Mêla, XIII. • Excerpt. ley., ch. xxv.
iiî VOYAGE EN C1LICIE.
jx>stérieure aux deux premières1. Soli était uue ville fort importante sous le gouvernement des satrapes persans, qui y battirent monnaie % comme à Tarse et à Mallus. Son emplacement, sur les bords de la mer et à très-petite distance des murailles de Pompéiopolis , est encore parfaitement marqué. On trouve en cet endroit les débris de ses antiques constructions, telles que bains, aqueducs, maisons. A l'est de Pompéiopolis et sur une assez grande étendue de terrain, le* deux rives du cours d'eau, que les anciens connaissaient sous le nom de Liparis, sont jonchées de débris de poteries et de briques.
Dans ces dernières années on a fait enlever beaucoup de matériaux sur ce point, pour la construction d'un khan à Mersine. En déblayant le terrain, on a trouvé, dans les fondations d'un petit édifice carré fait de briques, un vase que [la pioche a brisé en morceaux et qui contenait une poussière jaunâtre. A cùté de ce vase, les ouvriers découvrirent une médaille d'argent que j'ai vue dans la collection de feu lé docteur Orta d'Adana, et dont voici la description :
— Tète de femme vue de face, ayant des pendants d'oreilles et un collier, coiffée d'un casque, cranos, à trois aigrettes ; dans le champ, un petit casque aulopis.
R. — Baal, demi -nu et assis à gauche sur un trône à supports ioniques , tient un sceptre de la main droite ; dans le champ , une grappe de raisin et un épi ; sous le trône, S 3.
La découverte de cette médaille purement grecque dans
1 Raoul ltochette, HisU des col. grecques, L IV, p. 433. > D. de Luyne», Num. des satrapies, Mallus et Soli. 3 De Luynes, Num. dessatrap., p. 63.
les ruines de Soli corrobore d'une manière formelle l'attribution proposée par M. le duc de Luynes dans sa iV//tmsmatujue des sairapies * .
Je viens de parler du Liparis, dont le cours est bordé de lauriers-roses, de myrtes, de grenadiers et de vignes sauvages. Ea le traversant, on arrive à un tertre naturel couronné par une construction en poudingue ou béton, détruite en partie et qui renferme un sarcophage renversé. Cette construction a beaucoup de ressemblance, quant aux matériaux, avec le monument de Sardanapale àïarsous; toutefois, ses murailles sont moins épaisses que celles de ce dernier édifice, et ses dimensions beaucoup moins considérables. La hauteur de cette construction est d'environ 4 mètres sur G de longueur. I>e coté occidental s'est écroulé et le sarcophage monolithe est couché sur le côté, dans l'intérieur du monument ; son couvercle de forme prismatique est tombé au pied de la construction et en partie caché sous des broussailles. Il n'y a aucune trace d'inscription sur le sarcophage, non plus que sur son couvercle.
Ce tombeau, que l'on aperçoit très -distinctement en allant de Mersine à Pompéiopolis, est à dix minutes environ des ruines de cette dernière ville et à peu de distance de la mer.
Quoique beaucoup de voyageurs aient dù passer trèsprès de ce monument funéraire, aucun ne l'a signalé. Cependant Pomponius Mêla2 en fait mention en ces termes : « Deinde urbs est olim a Rhodiis Argivisque, post piratis, Pompeio assignante, possessa ; nunc Pompéiopolis, tune
* Page 64.
* Desituorbis. ch. xm.
244 VOYAGE EN CILIf.lE.
Solac; juxta in parvo tumulo Arati poetœ monumentum; ideo référendum, quia ignotum, quam ob causa m jacta in id saxa dissiliunt. » Ce passage du géographe latin ne laisse aucun doute, car il n'y a que ce seul monticule aux environs de Soli et de Pompéiopolis ; d'ailleurs la construction en poudingue indique une date plus reculée que l'époque romaine, caractérisée par ses monuments en briques et en pierres de taille.
Pomponius Mêla, qui écrivait dans le premier siècle de notre ère, devait être bien sûr de ce qu'il avançait sur la position du tombeau élevé à Aratus, qui vivait au temps de Ptolémée Philadelphe, vers le 111e siècle avant Jésus-Christ, . et qui passa la plus grande partie de sa vie à la cour d'Antigone Gonatas, fils de Démétrius Poliorcète.
On sait qu' Aratus, un des hommes les plus distingués de son siècle, a composé un ouvrage intutilé les Phénomènes, que d'anciens auteurs ont commenté 1 et que Cicéron et Germanicus ont traduit en vers latins 3.
Soli, cité autrefois florissante, fut soumise, comme beaucoup d'autres villes de la Cilicie, par des pirates qui en hâtèrent la ruine en provoquant, par leurs brigandages, la présence des légions romaines. Non contents d'attaquer les vaisseaux, les pirates ravageaient les îles et les villes maritimes; ils possédaient sur plusieurs points, dit Plutarque \ des ports et des tours d'observation très-bien fortifiées. Leurs vaisseaux, munis de rames argentées, resplendissaient de magnificence ; ils avaient des tapis de pourpre et fai-
* Thalès, Zénon, Hipparque, Nuraénius, Callimaque, Callistrate, Cratès, ete.
• Cf. sur Aratus; Eusèbc, CAron.— Suidas.— Anonym., Arati vitœ, in Voss. de Hi&t. grœc.
» Vie de Pompée, ch.xxm.
CILIC1E DES PLAINES. 245
saient, en quelque sorte, trophée de leurs brigandages. Partout sur les côtes on entendait le son des instruments de musique et on rencontrait des hommes plongés dans l'ivresse. Des officiers généraux, leurs prisonniers, étaient retenus dans les fers, et des villes captives se rachetaient à prix d'argent. On comptait plus de mille vaisseaux de ces corsaires qui infestaient les mers et s'étaient emparés de plus de quatre cents villes.
Les temples étaient profanés et pillés, tels que ceux de Claros, de Didymc, de Samothrace, de Cérès à Hermione, d'Esculape à Épidaure, ceux de Neptune dans l'isthme de Corinthe, à Ténare et à Calaurie, d'Apollon à Actium et à Leucade, enfin ceux de Junon à Argos et à Lacinie. Ils fai saient aussi des sacrifices barbares et célébraient des mystères secrets.
La Cilicie n'était pas leur seul refuge ; la Cappadoce et l'île de Crète étaient aussi signalées comme des repaires de ces hardis forbans, qui inspiraient aux Grecs et aux Romains un tel sentiment de répulsion, qu'il donna naissance à ce proverbe :
Les historiens romains 1 rapportent que les pirates ciliciens poussèrent leurs déprédations jusqu'à Ostie, port de Rome, qu'ils pillèrent les navires qui y stationnaient et interceptèrent les convois de grains de la Sicile.
Tant de méfaits ne devaient pas rester impunis , et Rome qui se rappelait les secours donnés àMithridate par les Ci-
• Dion., XXXVI, 3, 20.— Velleius Paterc.,U, 34.-Florus, III, 6.-Cïcéron, Pro Uge Manilia, XI.
lirions, voulut à la fois réprimer la piraterie et châtier les auxiliaires de son implacable ennemi.
En l'année 78 avant Jésus-Christ, Publins Servilius, qui fut d'abord chargé de combattre ces audacieux écumwtrs de nier, prit , pendant une guerre de Irois ans , un grand nombre de villes et de forteresses en Parriphylie, eh Lycle et en Cilicie. On cite, dans le nombre de ces dernières, celle d'Olympos, où s'était retiré le pirate Zénicétus, qui s'y brûla avec sa famille1. Servilius fut surnommé llsaurique, mais il n'extirpa pas la piraterie4. 11 fut remplacé par le préteur Marc -Antoine, père du triumvir de ce nom. Cette seconde expédition eut aussi très- peu de succès (75-7*3 avant Jésus-Christ).
Un an après , le consul Q. Cécilius Métellus , par suite d'une glorieuse, mais peu décisive campagne, prit le nom de Créticus. Enfin, le tribun Gabinius fit porter la loi GTnbinia qui investit Pompée d'un pouvoir dictatorial de trois années dans toute la Méditerranée. Le peuple ratifia ce choix avec enthousiasme et réduisit au silence les orateurs qui, comme Catulus, essayaient de s'y opposer. Pompée ne trompa pas la confiance du peuple romain, il extermina les pirates et conquit la Cilicie.
Sa conduitedans cette entreprise, où tant d'autres avaient échoué, fut fort habile : il fit grâce, dit Plntarque, à ceux des pirates qui se soumirent volontairement , et se servit d'eux pour suivre la piste de ceux qui , se trouvant trop coupables pour espérer leur pardon, se cachaient avec
1 Strahon, Gèogr., XIV. 5.
•Butrope, VI, 7. — Paul Orose, V, 23. — Strabon, XIV. - Val. Maxime, VIII. .H; fy. - SextusRufu?, M - Fronlin, III, 7, I.
soin. Il en prit plusieurs; les autres, et c'étaient les plus puissants , ayant mis en sûreté leurs familles et leurs richesses dans les châteaux et les forteresses du mont Taurus, montèrent sur des vaisseaux devant la ville de Coracésium1, première forteresse de la haute Cilicie, et attendirent Pompée qui venait les attaquer. Après un grand combat, dans lequel les pirates lurent battus, ceux-ci se rendirent à discrétion et livrèrent les villes et les forteresses qu'ils occupaient. Leur soumission termina cette guerre 2 qui n'avait duré que quarante jours (67 avant Jésus- Christ). Pompée avait fait passer au fil de l'épée dix mille pirates, détruit trois cents de leurs forteresses et fait vingt mille prisonniers. Des pirates soumis il fit des laboureurs et leur inspira le goût d'une vie paisible1. Il créa des colonies pénitentiaires à Malins, Adana, Epiphanie, Soli, Mazaka, et à Dyme, en Achaïe, etc.1. 11 institua Ariobarzane roi d'une partie de Ja haute Cilicie et donna l'autre au prince Tarcondimotus'. La partie la plus fertile (basse Cilicie) devint province romaine et eut successivement pour gouverneurs Appius, Claudius PtilcheretCicéron, qui parle souvent dans sa correspondance 9 du caractère indomptable des montagnards ciliciens.
Pompée, après sa glorieuse expédition, fit de l'antique
1 Celte forteresse était située sur un nx'her escarpé et lui occupée jadis par Diodote Trypuon, selon Tite-Livc (XXXVIII, 20). Elle se défendit longtemps contre Antiochus.
* Plutarque, ViedePompce, ch. xxtx.
* té., ibià.
* Appien, Bell. Mithrid., 40. — Dion, 36. — Strabon, XIV.
5 Dion, 4<, 63, r»4, 9. — Strabon, XIV, 5. — Plutarque, Viê d'Antoine . — Cf. aussi les mérl. pr. de ce prince décrites par Mionnet, Méd. gr., Cilicie. f Cf.Jes Lettre» à Aliicu .
Soli une ville nouvelle à laquelle il donna son nom, l'étendit à l'ouest, l'enferma de bonnes murailles circulaires flanquées de bastions et dont l'approche était défendue par de larges fossés. Ces murailles aboutissaient au port que les sables ont comblé et dont on reconnaît les contours indiqués jusque dans le centre de la ville. D'énormes pierres de taille qui se voient encore sur le rivage marquaient l'entrée du port.
Après avoir fortifié et embelli la ville qui portait son nom , Pompée l'assigna à une partie des pirates prisonniers. Il fit creuser un magnifique port elliptique formé par des digues ou jetées larges de cinquante pieds et hautes de sept. Elles sont construites en pierres brutes liées par un ciment solide et revêtues de blocs de pierre calcaire jaunâtre unis par des crampons de fer. Une portion des deux jetées est maintenant fort endommagée, et la partie supérieure du port est encombrée de sables et de ruines.
A l'extrémité intérieure du port commence un long portique bordé d'un double rang de deux cents colonnes et qui, traversant toute la ville dans une longueur de f\5o mètres, va aboutir à la porte principale de la ville. De cette porte, une route pavée se prolonge, dans la direction du nord-est, jusqu'aux décombres d'un pont qui était jeté sur un petit cours d'eau. Ces colonnes, aujourd'hui réduites au nombre de 43, n'ont pas d'uniformité ; elles sont, les unes d'ordre corinthien, d'autres d'ordre composite, et inégales dans leurs dimensions. On remarque que le dessin des feuillages varie dans les chapiteaux de même ordre ; entre les volutes sont placés les bustes de différents personnages et des figures d'animaux. Sur quelques-uns de ces chapiteaux on remarque encore des victoires tenant des palmes,
et des couronnes, en mémoire des triomphes de Pompée. Le tout est d'un travail peu soigné et indique la décadence de l'art.
Un théâtre adossé à une colline artificielle élevée contre les murailles, à l'est de la ville, est dans un état complet de dégradation ; il ne reste que les fondations des gradins. A peu de distance de ce théâtre, j'ai découvert une pierre taillée en forme de siège sur laquelle est gravée l'inscription suivante 1 :
Cm AA£ZANAPOY TOY TOY AIIAPXONT02 OYn HPGTH2 K A I r A P M M A T€Y2 KAI AI2APXON YIUP 1T1 THPIAZ TOY OIKOY AYTOY OYOMC
N02 enomie ton oponon[iyn]
TC1 KOOINO KAI TAIX ANABAOPAI[2] TAI2 T€ 0AKAI2 MON02 €K THN[l]AinN
«Sous Alexandre, archonte pour la deuxième fois, l'appariteur et secrétaire ayant été deux fois archonte, a fait faire à ses frais pour le salut de sa famille ce siège, avec la tribune et les degrés pour les sièges. »
D'autres inscriptions ont encore été découvertes par les voyageurs. Comme elles sont peu importantes, je n'ai pas cru devoir les reproduire, mais le lecteur pourra les étudier dans le Recueil des Inscriptions de la Cilicie que j'ai publié au retour de mon voyage 2.
» Bailie, Fascicul. Inscr. grac, 1. 11, p. 96, n" *25 a.— Athenœum fr.,4852, n° 20. — Rev. archéol., Xe annw, p. 36» et suiv.— Bœckh, Corp. inscr. grœc, suppl., 4436 b. — Mon Hecueil des Inscr. de la Cilicie, p. 33, n° 83.
On voit encore, dans l'intérieur des murailles de la ville, des ruines de toute sorte, telles que bains, réservoirs, restes d'aqueducs et de maisons, qui^sont en partie cachées par des broussailles de houx et de myrtes.
Les tombeaux qui sont épars en dehors de la ville, surtout à l'ouest, prouvent que le pays était habité par une population nombreuse.
Après l'établissement du christianisme en Cilicie, Pompéiopolis devint un évéché suft'ragant de Séleucie Trachée; mais quelque temps après, en r>a5, la cité fut ruinée par un tremblement de terre. Depuis cette catastrophe, Pompéiopolis a été réduite à l'état de ville morte, et malgré les agréments qu'offre sa situation, on n'a cherché, à aucune époque, à la faire sortir de ses ruines.
Les ruines de Pompéiopolis sont séparées de celles de Soli par un petit cours d'eau qui, venant de la montagne, se jette dans la mer. Il est probable que ce cours d'eau est l'ancien Liparis dont parle Pline', et qui, selon Vitruve2, passait à Soli. Il] est bon cependant de faire observer que Pline ajoute que le Liparis est un simple affluent, ou en d'autres termes un de ces cours d'eau qu'il intitule intus flumina, et qui ne pouvait se jeter dans la Méditerranée. D'Anville et Brué, dans leurs cartes, font du Liparis l'affluent priucipal du Calycadnus. Vitruve3 dit que les eaux du Liparis étaient huileuses et servaient d'essences a ceux qui s'y baignaient. Ce détail est d'autant plus curieux, qu'il confirme pleinement la découverte de l'amiral Beaufort*, qui