‹ Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du TaurusChapitre 2 sur 53 · ÉTAT PHYSIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT PHYSIQUE

Topographie.

I/Asie Mineure est, après la Mésopotamie, la plus belle partie de l'ancien inonde. Cette vaste contrée, qui, de nos jours, n'offre au voyageur que les immenses ruines de ses

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4 VOÏAGE ES Cll.h'.IE.

splendeurs passées, s'est vue déchoir, par suite de révolutions et de conquêtes successives, du rang qu'elle occupait dans l'antiquité. En ajoutant à ces causes de décadence le mélange et l'hostilité des races envahissantes, la diversité d'origine, de croyance et de langage de ces races, enfin l'administration oppressive et inintelligente des Ottomans, ses derniers dominateurs, on se rendra facilement compte des raisons qui ont amené la ruine de ce beau pays.

J'ai parcouru l'une des provinces de l'Asie Mineure, la Cilicie, située au sud-est, sur les bords de la Méditerranée, et ce sont les résultats de cette exploration que je vais exposer dans cet ouvrage.

Sous les Grecs et les Romains, la province que je viens de nommer était désignée sous le nom de Kàtxi* , Cilicia, mot qui parait dériver de v.Ox\% -/.o; et fait allusion au btt/fk ou bœuf, symbole de Tarse, métropole de la province. Le buffle, dès les temps antiques, abondait en Cilicie, surtout dans le delta formé par les eaux du Cydnus et du Pyrame, où on le trouve encore aujourd'hui à l'état sauvage.

La Cilicie conserva son nom pendant tonte la période des temps antiques % et même pendant une grande partie dn moyen âge, époque à laquelle les Arméniens qui émigraient des contrées de l'A rarat lui donnèrent le nom de Petite- Arménie, par opposition au nom de l'immense empire qu'ils venaient de quitter. Quand les Musulmans se fixèrent défi-

« H. Eétienne, The», limj. tjrtec. — Hérodote (Vil, 91) rapporte que ce fut Cilix, fils d'Agénor de Phénicie, qui lui donna son nom. — Cf. encore Apollodore, IH» 1,4, et Hyg., 478.

4 Hérodote (Vil, 91) dit qu'antérieurement le» Ciliciens s'appelaient Hypaéhéens.

nitivement dans l'Asie Mineure, la Petite-Arménie devint, avec les contrées avoisinantes, telles que la Lycaonie et la Pamphylie, une petite principauté turkomane possédée en apanage par des omra de la famille de Karaman, dont elle a pris le nom qu'elle conserve encore.

La Cilicie a pour limites au sud la mer ; mais, dans les autres directions, ses frontières varièrent aux diverses époques de son histoire; ainsi, dans les temps les plus reculés, cette province ne comprenait que les plaines qui environnent Tarsous.

Sous les Grecs et les Romains, la Cilicie avait pour limites à l'est l'Amanus; au nord la Cataonie, la Cappadoce, la Lycaonie, dont elle était séparée par le pied méridional de l'Anti-Taurus et par la chaîne du Taurus; enfin elle était bornée à l'ouest par la Pamphylie.

La Cilicie est tellement circonscrite par le mont Taurus, qu'on la prendrait, suivant l'expression d'un voyageur, pour un vaste territoire enclos de murailles. Plusieurs passages, appelés Pyles ou Portes, donnaient entrée dans la Cilicie à travers les montagnes, l'un au nord, les autres à l'est et à l'ouest. La Cilicie forme une zone étroite dont la longitude varie entre le 38e et le 36e degré; sa latitude s'étend du '5çf au 34e.

Au moyen âge, les limites de la Cilicie furent reculées par suite des conquêtes de Léon II et d'Héthoum Ier, rois des Arméniens. Ainsi, au sud- est et à l'est, les frontières du royaume de la Petite-Arménie furent portées au delà du mont Amanus, et jusqu'à la Séleucide et à l'Euphrate en Syrie, de sorte que cet état limitait, à l'ouest et au nord, les domaines des comtes d'Ldesse et des princes d'Antioche,

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établis en Syrie après les croisades. Le Tturui séparait, au nord-ouest, la Cilicie arménienne des possessions des sultans Seldjoukides de Konieh. Au nord et au nord-est, la Cataonie et une partie de la Cappadoce faisaient partie du royaume chrétien de la Petite-Arménie.

De nos jours, la Cilicie forme deux pachaliks turks, et partie de deux autres. Le pachalik d'Adana comprend la Cilicie des plaines avec la partie occidentale du district de Marach; le pachalik d'Itschil est formé de la Cilicie-Trachée avec la partie sud du gouvernement de Konieh.

Le sol est uniformément plat dans toute l'étendue du littoral oriental de la Cilicie; il ne s'y trouve que quelques petits chaînons montagneux indépendants du Taurus et de l'Amanus; c'est cette partie de la Cilicie qui, chez les anciens, portait le nom de Pœdia. La partie occidentale et septentrionale présente un caractère tout à fait différent : le pays y est couvert de hautes montagnes et de rochers qui, partant d'un rameau principal, s'étendent au loin en divers sens. Afin de distinguer cette dernière partie, les anciens l'avaient désignée sous le nom de Trachœa.

La Cilicie a cela de particulier avec la Syrie, que soit que l'on y aborde parla mer, soit que l'on y arrive par les immenses plaines du versant opposé, on commence toujours par découvrir de très-loin l'horizon bordé d'un rempart nébuleux qui court ouest et est, tant que la vue peut s'étendre. A mesure que l'on s'en approche, on distingue des entassements gradués, qui tantôt isolés, tantôt réunis en chaînons, vont aboutir à une chaîne principale qui domine sur le tout.

C'est cette immense chaîne, appelée le Taurus, que Pline,

dans sou Histoire naturelle a décrite en ces termes : « On arrive à la Lycie, où le Tau rus, venu des régions de l'orient, termine au cap Chélidoine un golfe immense; immense luimême et régulateur d'innombrables nations, il part des mers indiquées, portant à l'ouest son flanc gauche qui, pourtant regarde le sud. L'Asie entière se trouverait coupée par lui en deux parties, si la mer n'opposait un obstacle à se6 envahissements. Dès lors il s écarte vers le nord et décrit un arc immense, contrarié dans sa course par la nature qui lui oppose, ici la mer Phénicienne, là le Pont-Euxin, plus loin la mer Caspienne, 1 1 1 s iranienne, et vis-à-vis le lac Méotis. Brisé en quelque sorte par tant de barrières, il se recourbe, et cependant ses sinuosités le conduisent jusqu'aux monts Kiphées, qui se rattachent à lui par un lien de parenté. A mesure qu'il avance, ses noms varient, mais tous sont fameux : I maûs, Emodé, Paropamise, Circius, Chambade, Paryadre, Chaotras, Grèges, Oroaudre, Niphate, Taurus, et Caucase aux lieux où il se surpasse lui-même en hauteur; plus loin, quand il projette ses bras qui aspirent à envahir la mer : Sarpédou, Coracèse, Cragus, encore Taurus ; quand il s'ouvre et livre passage aux races humaines : Portes Arméniennes, Caspiennes, Cilicicnnes ; et la scission qu'indique le mot porte ne détruit pas son unité. Souvent aussi, quand il recule démembré devant la mer, il reçoit rà et là les noms de vingt nations ; à droite ce sont les chaînes Hyrcanienne, Caspienne ; à gauche on a les monls Paryadre, Moschique, Amaaonique, Coracique,Sc) thique. Son nom générique, que lui outdonné les Grecs, est mont Céraunien. »

Willebrand, chanoine d'Oldembourg, qui voyageait en

1 Liv. V, ch. kxvn.

Cilicie en 121 1, à l'époque du roi Léon II, décrit en ces termes la contrée qu'occupaient alors les Arméniens 1 : o llxc est terra firmissima ; ex una parte enim cingitnr mari, et alia vero munitur altis niontanis et asperrimis, quac paucos habent introitus et multum custoditos. Ipsa vero in medio sui est plana et valde fertilis, multa fovens airimalia venationi competentia. »

On conçoit qu'une contrée aussi accidentée que la Cilicie soit arrosée par de nombreux cours d'ean qui, descendant des montagnes, viennent serpenter dans les plaines, pour ensuite se jeter dans la mer. Les principaux de ces cours d'eau, auxquels on peut appliquer sans exagération la qualification de fleuves, sont : le Calycadnus ou Sélef (Goksou), dans la Cilicie montagneuse; leïarsous-tschai, ou Cydnus; le Sarus (Seihun-tschai) et le Py rame (Djihan-tschai), dans la Cilicie des plaines.

Le littoral de la Cilicie forme quatre grands caps et autant de golfes. Les caps sont, à partir de l'ouest, ceux d'Anémour, de Zéphyrium (cap Cavalier) et deSarpédon,dans la Cilicie montagneuse ; et le cap de Mégarse, aujourd'hui Karatasch-burun, dans celle des plaines.

Les golfes de la Cilicie-Trachée sont peu considérables, tandis qu'au contraire ceux delà Cilicie des plaines mesurés par une ligne qui joindrait les caps qui les forment, n'aurait pas moins de 27 lieues de largeur pour le golfe de Soli, et pour celui d'Alexandrette, ou d'Issus, de 10 à 12 lieues.

La Cilicie appartient à la catégorie des climats dits excessifs; les élés y sont brûlants, et les hivers froids. C'est surtout sur les bords de la mer que les chaleurs sont vives,

* llinér. m Terre-Sainte, dans le? ïWju'.tx dp Léon Allatius, p. 434-3.

comme à Lamas, à Gorigos(Kurko), à Sélefké, et dans les plaines qui avoisinent Tarsous, Adana et Missis. La température diffère en raison do la division du terrain en pays bas et plat, et en pays haut ou de montagnes. Ainsi la chaleur ne doit pas être la même à Tarsous qu'au Taurus, dont les plus hautes cimes ne sont distantes de cette ville que de i4à 1 8 heures. En hiver, toutes les montagnes sont couvertes d'épaisses couches de neige qui jamais ne s'étendent jusqu'aux terrains inférieurs. Willebrand, qui, ainsi que je ' l'ai dit, voyageait en Cilicie au commencement du xm" siècle, dit que le climat de ce pays lui rappelait celui de l'Allemagne, sa patrie : « Invenimus circa illas partes Hormeniam in sylvis, in recentibus aquis, et bono rere, nostrse Teutoniae simillimam »

Au printemps, et même pendant l'hiver, le climat de la Cilicie est tempéré, tandis qu'en été et en automne on a quelquefois d'insupportables chaleurs. Néanmoins, on estime que les maladies y seraient assez rares, si les influences de l'air, corrompu par des marais infects, ne développaient au sein des villes du littoral et de la plaine les germes de fiévres intermittentes qui souvent deviennent pernicieuses.

Déjà, dans l'antiquité, le climat de la Cilicie était réputé fort malsain. La maladie dont Alexandre fut atteint à Tarse est moins due au bain qu'il prit dans le Cydnus, qu'aux émanations morbifiques qui mirent en si grand péril les jours du héros macédonien

Au moyen âge, le climat de la Cilicie ne s'était pas amélioré. Dans un rapport adressé par le grand-maitre de

1 Itinér. en Terre- Sainte, p. 4M.

» Quinte-Curce, liv. III, ch. v. — Arrien, liv. II, 8; XIV, 4.

10 VOYAGE EN Cl MCI E.

l'ordre du Temple au pape, sur le voyage d'outre-mer, on lit ce passage 1 : « Terra (Armeniœ) a se ipsa ita infirma et mala, quam si quatuor millia equitum transirent illuc, quantumcumque fortes et sani, mirabile esset si in line anni repcrirentur quingenti. » Un autre document des Archives de Venise, daté de i ho % confirme ce qu'avance le précédent, sur l'état insalubre de la Cilicie, qui, dans ses parties basses, était chargée d'une atmosphère malsaine à laquelle les Occidentaux succombaient souvent : « Terra Armenia* alienigenis et infirma. »

Les possesseurs actuels de la contrée n'ont pas su rendre meilleur l'état sanitaire de la Cilicie, et de nos jours les plaines de la Karamauie orientale sont tout aussi malsaines qu'aux temps d'Alexandre et des Croisés; et cependant il leur serait facile de remédier à cet état de choses- en faisant creuser un canal qui relierait le Sarus et le Cydnus au Pyrame, recevrait les eaux, et faciliterait leur écoulement dans ces fleuves, en desséchant ainsi les nombreux marais dont les émanations déciment annuellement la population indigène et européenne des plaines qui s'étendent de Mersine, port de Tarsous, au cap Kançir, en Syrie.

Illutolre naturelle.

Le Taurus, dans sa première zone, se compose d'un noyau central de granit, de gneiss et de micaschiste associés à des

* Archives Irap. de France. J. 456, nu 36 *.

■ Commémoriaux, I, f" 43.— Arcl». Imp. de France, J. 466, n° 36 5.

pierres calcaires et à des diorites. I^s parois ou pentes sont formées de diallage, de serpentine, d'actinolithe, de stéaschiste, de schiste argileux et bitumineux contenant du charbon1, du grès et du calcaire.

La contrée subalpine, située entre leïaurus et les plaines de la Syrie, se compose de roches pyroxénofeldspathiques que l'on rencontre aussi dans plusieurs endroits entre Marach et Aintab 2.

Les mines principales exploitées dans le boulghar-dagh se trouvent sur son flanc septentrional ; quelques-unes sont même à une hauteur assez considérable, comme, par exemple, celles du Kisil-tépessi, situées presque sur le sommet de la chaîne, à une hauteur d'environ 3,ooo mètres 3.

Les mines principales qui se trouvent sur le territoire de la tribu de Khozan-oglou, dans le Tauruscilicien, sont des mines de fer, dont les échantillons pris sur les lieux ont été soumis aux essais doci mastiques dans Tordre suivant : i* le minerai de fer des environs de Manzerli, sur l'un des contre-forts du versant oriental de l'Allah-dagh, est un hydroxyde de fer qui, soumis à l'essai, a donné 590/0 en bonne gueuse; 20 le minerai de Rurumjé, situé à une heure à l'ouest du Seihun-tschai, est un peroxyde de fer qui a donné 62 0/0; 3° le minerai des environs d'Inek-tépessi, à 7 heures au nord-ouest de Sis, est un autre peroxyde de fer presque pur, qui a donné 73 0/0 en bonne gueuse; 4° le minerai de bosanti, sur la montagne, est un peroxyde de fer. Il existe

« Rapp.de M.Boréani à Ibrahim-Pacha. Cf. Arch.du ministère des aff. étrang., 1835. Corresp. du consulat de Tarsous.

* Hoefer, Phénicie, p. 477.— Corancez, /fin. en Asie Mineure, p. 294-5. — D'Acchiac, Bi$t. des progrés de la géologie, t. Il, p. 959.

5 Tehih*td*ff, A$ùs Mineure, t. I, ch. vm, p. 442.

encore, dans la montagne dite Khozan-dagh, d'autres mines de fer dont les échantillons ont donné Go o/o.

Les environs de l'Allah-dagh ne sont pas les seuls endroits où se trouvent des mines de fer. En traversant l'Amanus (Djebel-el-nour), on trouve à la surface du sol du peroxyde de fer qui rend 63 o/o en bonne gueuse, tandis que le Demir-tasch, au nord d'Aïas, qui renferme des mines de fer exploitées dans l'antiquité, ne fournit que 61 o/o de gueuse.

Indépendamment de ces mines de fer, il existe au pied de l'Allah-tépessi, l'un des chaînons dépendant du Boulghar-dagh, deux mines de plomb sulfuré argentifère, dont les échantillons pris sur les lieux ont donné t\i o/o de plomb et 000,2 d'argent. D'autres échantillons provenant des mêmes mines ont été examinés par M. Dufrenoy, qui a bien voulu nous communiquer la note suivante : a Les échantillons que vous m'avez soumis, consistaient en fragments de différentes grosseurs, dont quelques-uns avaient plus de 00,8 de côté. Ces fragments étaient recouverts à leur surface d'une couche assez épaisse d'argile ocreuse. Plusieurs de ces fragments appartiennent à du sulfure de plomb (galène) associé à du plomb carbonate, tapissant les fentes de ce minerai. Les plus gros fragments sont en minerai de fer argileux très-pauvre; ce minerai est traversé par quelques veinules spalhiques. »

On trouve, aux environs de Kurumjé, une mine de cuivre sulfuré, avec cuivre carbonaté. Les échantillons ont donné i3 r/3 0/0 de cuivre et 000,1 d'argent aurifère.

A neufheuresau nord de Sis, près du village de Manka, on voit une autre mine de cuivre pyriteux (sulfure de cuivre

et fer) dont les échantillons ont donné, à l'essai pyrognos • tique, a5 o/o en cuivre et des traces d'or.

La position de la Cilicie est très-avantageuse pour l'exploitation des mines, et son état géognostique donne des indices sur l'existence d'autres mines '.

On a constaté à proximité du village de Nemroun, situé au nord-ouest de Tarsons, sur le versant méridional du Boulghar-dagh, un dépôt éocène qui a fourni à M. Kotchy, botaniste très-connu par ses travaux sur la flore du Taurus, des échantillons de plantes fossiles qui ont été décrites par le Dr Unger, dans- les Mémoires de la classe dhistoire naturelle et de mathématiques de l Académie de tienne 2. M. de Tchihatcheff a signalé aussi les huit espèces de plantes fossiles de ce dépôt 3, qui appartiennent à des espèces déjà connues de la flore tertiaire fossile.

La flore de la Cilicie a une grande analogie avec celle de la Mésopotamie. En effet, le climat de ces deux contrées est à peu de chose près le même, et les plantes décrites dans la Flora orientalis de Jaubert et deSpach, dans les travaux de Labillardière, de lîoissier, du général Chesney 4 et du docteur Hœfer ' se retrouvent en grande partie dans les montagnes du Taurus et dans les plaines de Tarsons et d'Adana.

La faune de la Cilicie est beaucoup mieux connue que la

1 Arrh. du minist. des aff.ctrang., 1835. Cf. Rapport de M. Gillet, consul de France, sur les expl. minéral, de la Cilicie. « 4853, décembre, t. XI, p. 4076.

1 Ballet, de la Soc. Géologique, 2e série, t. XI, p. 36G et *uiv.

* Expl. de l'Euphrate et du Tigre, t. 1, ch. XVI.

* PfcénïciV, p. 180 el suiv.

flore. Elle est, à peu de chose près, la même que celle de la Mésopotamie si bien décrite par M. Helfer, naturaliste distingué, qui se joignit à Bit* à l'expédition anglaise dirigée par le général Chesuey '«

Parmi les auteurs qui mentionnent quelques animaux particuliers à la Cilicie, il ne faut pas oublier de citer un voyageur du xvie siècle, Pierre Belon qui, dans ses Observations singulières *, a décrit quelques animaux de la faune cilicienne.

Il paraîtrait que des lions se voyaient encore fréquemment dans le Taurus au temps de Julien l'Apostat ; depuis ils ont complètement disparu.

Les animaux principaux sont, parmi les mammifères : l'ours brun [ursus sjrrianus) appartenant à cette espèce qu'Albert d'Aix et Guillaume de Tyr 3 nous disent avoir été tués par Godefroi de Bouillon traversant la Cilicie; l'once (/élis pu i dus) ; la hyène, le loup, le chacal, le renard rouge, le porc-épic, le sanglier, l'antilope, le capricorne et d'autres animaux sauvages qu'un auteur allemand, Mutins, signale dans sa Chronique en nous disant que Frédéric Barberousse, qui voulait connaître les bétes fauves de la Petite-Arménie, se fatigua beaucoup à les poursuivre dans les montagnes de Séleucie.

On peut citer encore, parmi les animaux particuliers à la Cilicie, le cheval turkoman, deux espèces de chameaux, le mouton, la chèvre, des buffles sauvages et domestiques, etc.

• Expl. de l'Euphr., 1. 1. ch. xvi. p. 3t»1 et suis. ,

-Iùl. *:>53. Il, ch. mu.

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Parmi les oiseaux rapaces, il faut citer l'aigle noir, le vautour gesnérien (vultur percno/Herus), le milan, le faucon, le hibou, la chouette, le corbeau, etc.

Au nombre des gallinacés, on compte plusieurs espèces de tourterelles et de perdrix, le francolin, etc. On peut ajouter à cette liste des passereaux, des échassiers et des palmipèdes, tels que la cigogne, le héron, la grue, la poule d'eau, le canard et l'oie sauvages.

Les chéloniens fournissent deux espèces de tortues terrestres, dont l'une ressemble au testudo grceca. L'amiral ileaufort1 signale, sur les plages de la baie d'Aïas,une espèce de tortue marine, dont quelques-unes pèsent jusqu'à 200 livres. On voit dans les plaines et les ruines plusieurs espèces delacertiens et de gecko. Les ophidiens sont nombreux. Les batraciens fournissent diverses espèces de grenouilles et de crapauds. Parmi les voluber, on compte plusieurs espèces nouvelles. On rencontre une seule espèce de scorpions, le jaune. Il y "en outre trois espèces d'annélides, qui sont : la scolopendre rouge, la noire et la jaune.

Dans la famille des insectes, on doit signaler des orthoptères, des hyménoptères et des lépidoptères. Quant aux coléoptères le plus grand nombre appartient à l'Europe méridionale. MM. Mulsant a Redtunbacker et M. Peyron ont décrit quelques individus nouveaux qui augmentent la

série, déjà nombreuse, des coléoptères de la Kara manie, et particulièrement du Taurus.

' karamania. adealcem

* Opuscules entomolvyitjucs , I V»J. lusr. I, p. MA.

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