‹ Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du TaurusChapitre 36 sur 53 · TOMBE DU PATRIARCHE THOROS III (THÉODORE · texte numérisé non relu

TOMBE DU PATRIARCHE THOROS III (THÉODORE

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Cette inscription , de même que les précédentes, est en vers ; seulement les vers ne riment pas entre eux, comme dans les inscriptions des tombeaux de Jean V et de Mikaél I".

396 VOYAGE EN C1LICIE.

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« Ceci est le tombeau du saint catholicos Théodore, qui est de la race d'Achabah, choisi entre mille. Il fit de nombreux efforts pour restaurer le saint siège, et brilla par ses qualités éminentes. C'était un homme sublime et supérieur à tous les autres. Il mourut l'an de l'ère {arménienne) mil cinq et deux cents avec quarante (1265). •

Les Achabah, tujiutniuÇ , ou Achban, iu^uju , sont les conservateurs de la dextre de saint Grégoire. On donne ce nom à la famille du patriarche Lucas, qui était de Sis. Les patriarches qui se sont succédé depuis lors, appartiennent tous à cette famille qui, seule, a le privilège de donner des catholicos à l'Église arménienne de la Cilicie.

L'année 1245 de l'ère arménienne commença le 4 septembre 1795 et finit le 3 septembre 1796 inclusivement. Or, la liste chronologique des patriarches de Sis, qui fait partie d'un manuscrit de la bibliothèque du monastère, donne l'année 1808 comme étant celle de la mort de Thoros III ou Théodore et de l'avènement de Guiragos. Il y a encore là une erreur de chronologie ; car le tombeau de Thoros prouve que c'est en 1795, et non en 1808, que

LE TAURUS CILICIEN. 397

ce patriarche mourut et fut inhumé dans l'ancien catholicosat de Sis.

Le nouveau monastère, appelé aussi monastère de Guiragos. — Le monastère où réside actuellement le patriarche fut construit sous le catholicosat de Guiragos, sur remplacement du tarhas et avec les matériaux de l'ancien palais des Roupéniens.

Ce couvent, qui occupe une assez grande étendue, est entouré d'une forte muraille affectant la forme triangulaire ; diverses constructions y ont élé élevées sans ordre, sans goût ni méthode. On arrive dans les cours par des escaliers, et sur chaque degré de l'amphithéâtre se trouve une construction.

Dans un kiosque en bois dominant la ville est l'appartement qu'occupe le patriarche. Sur un point plus élevé, on a bâti un autre kiosque qui renferme une vaste salle servant de chambre du conseil; c'est dans cette pièce que le patriarche donne audience aux étrangers.

L'église, qui est entretenue avec soin, est la seule construction remarquable du monastère. Le chœur est antique, tandis que le reste de l'édifice est une construction moderne fondée par le patriarche Guiragos et achevée en 1810. Cette église est divisée en trois parties ou nefs; l'une, celle de gauche, au nord de l'édifice, est dédiée à saint Grégoire Lousavoritch ; une autre, celle de droite, au sud, est placée sous le vocable de la Sainte-Edchmiadzin (descente du Fils Unique). La toiture, plate et en forme de terrasse, est supportée par quatre piliers carrés, reliés par des arceaux. Des gargouilles en forme de lions, placées aux angles et au sommet de l'église, rappellent les emblèmes des rois Roupéniens de la Cilicie.

3!N VOYAGE EN CILICIB.

Vm avaul règne un cloître dans lequel on passe pour arriver à l'église. La porte principale est surmontée d une inscription en vers rimes, dont je donne ici le texte et la traduction :

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«> C'est moi qui suis la porte qui donne entrée a la lumière céleste, au banquet de la lumière de gloire (car ici se verse le vin sacré cl se fait l'immolation de Vagneau immortel), du temple appuyé sur la rolonne de grâce, nouvellement élevée tout à neuf; moi (la porte) et mon édifice (Vèglise), nous avons été élevés aux frais du seigneur

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