‹ Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du TaurusChapitre 4 sur 53 · SUBDIVISIONS · texte numérisé non relu

SUBDIVISIONS

Postérité des popula lions conquises par lcsmusulm.(rayas:

v Grecs autonomes..

GrecsduBas-Empirc.

Postérité des dominateurs (musulm.}.

Arméniens.

Juifs. . . .

Turkomans.

Kurdes.. .

Turks. . .

Population nouvelle, et Huilante.

Arabes

Djiganes. . . .

Esclaves noirs.

Franks ou Européens

^ Syriens. .

* Égyptiens.

Persans.

Grecs d'Europe.. . .

Italiens et Mallais.

Français et Anglais.

Divers

ToWd.

Sédentaires.

Nomades.

NOMBRE | des habit.

Les populations actuelles de la Cilicie sont sédentaires ou nomades ; à part les Kurdes et quelques tribus de Turkomans et de Djiganes ou Bohémiens qui appartiennent à cette dernière catégorie, elles habitent des villes et des villages. Je n'ai pas l'intention de passer en revue chacune des populations dont je viens de donner les noms ; je parlerai seulement de celles qui offrent des particularités intéressantes, et que j'ai été à même d'étudier pendant mon séjour en Karamanie.

Les Grecs, qui viennent de deux souches différentes, se livrent spécialement au commerce dans les villes, à la navigation dans les ports, et à l'agriculture dans les villages.

Ils ont, avec les Européens, le monopole du commerce, et leurs relations s'étendent non-seulement en Syrie, mais encore jusqu'à Marseille et à ïrieste.

Les Arméniens, qui remontent à une même origine, peuvent se diviser en deux catégories : les Arméniens qu'on peut appeler de la plaine, et les Arméniens de la montagne ou Zéithouniotes. Les premiers habitent les villes de Missis, Adana, Tarsous, Sis et quelques villages. Ce sont de pauvres rayas qui font un commerce de détail peu étendu, et se livrent à l'agriculture. Les autres se sont fixés dans le Taurus ; ils sont plus nombreux que les premiers, plus industrieux, et indépendants de l'autorité turque. Ce sont les descendants des fidèles compagnons de Léon VI de Lusignan, dernier roi d'Arménie, qui se réfugièrent dans les gorges du Taurus, après la conquête de leur pays par les Egyptiens, pour éviter les persécutions des musulmans. Ils habitent, au nord de Sis, deux villages importants, Zéithounet Hadchin, qui sont entourés de nombreux hameaux et tchiûliks. Moyennant un impôt qu'ils payent au chef de la tribu turkomane de Khozan-oglou, avec lequel ils sont unis par le même esprit d'indépendance, ils jouissent d'une entière liberté, et n'ont aucun tribut à acquitter envers la Porte. Leur principale industrie consiste dans l'extraction du fer des mines de leur territoire, dans la culture des terres et l'élève des chevaux.

I ..i population juive de la Cilicie, qui était nombreuse il y a quelques siècles, à en juger par les tombes du cimetière israélite de Tarsous, près la Kandji-kapou, a entièrement disparu. A part deux individus que la population musulmane tolère à Tarsous, je crois pouvoir affirmer qu'il serait très-difficile de rencontrer un seul juif dans tout le pachalik.

J'arrive maintenant aux populations musulmanes, turkes et arabes.

Les Turkomans, peuplades d'origine tâtare, firent leur première invasion en Cilicie dans le courant du xvc siècle de notre ère. El-Rhamadan-oglou, originaire du Khorassan à la tête de quelques bandes turkomanes que l'espoir du butin groupait autour de lui, ravagea les provinces de l'Asie Mineure, devenues la proie du plus fort. Déjà, au temps d'Amurat Ier, Aly-bey Karaman-oglou, aïeul d'El-Rhamadan-oglou, avait conquis, sur les takavors arméniens, diverses provinces de la Petite-Arménie, de la Cilicie et de la Mésopotamie. El-Rhamadan-oglou battit à plusieurs reprises les Arméniens, s'affermit peu à peu dans la Cilicie, qui devint bientôt le siège de sa puissance et de la dynastie qu'il parvint à y fonder.

Les Turkomans d'El-Rhamadan-oglou, qui jusqu'alors avaient mené une vie de pasteurs, promenant leurs troupeaux d'une vallée à l'autre, se fixèrent dans les villes de la Cilicie, où ils se mêlèrent aux Turks, se séparant ainsi des autres Turkomans venus après eux dans le Taurus et dans les plaines basses de la Ciliçie. La scission opérée entre les Turkomans sédentaires et les nomades , plus connus sous le nom d'Iourouks, causa un changement total dans le caractère des premiers qui, de pillards et de vagabonds qu'ils étaient, devinrent agriculteurs paisibles, et ne songèrent plus à combattre que pour défendre leurs troupeaux et leurs moissons, convoitées par les Iourouks et les Kurdes de leur voisinage.

* Bertrandon de la Broquière en parle dans son Voyage. Cf. Mas Lalrie, Hist. des Lusi'jnansde Chypre, t. 111. doc., p. 89.

Les Turkomans sédentaires et les Iourouks du pachalik d'Adana sont partagés entre les deux districts ou livas de Tarsous et d'Adana, et forment un ensemble de dix-neuf tribus, gouvernées chacune par un chef héréditaire. Voici le tableau de ces dix-neuf tribus, avec le chiffre des tentes ou maisons dont elles se composent, et des troupeaux qui forment leur principale richesse :

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