‹ Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du TaurusChapitre 42 sur 53 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

Premier côté.

« Ceci est une mémoire »

Deuxième côté.

« La très-sainte Trinité. Théodore, fils de Constantin, filsdeRoupène •

1 Mon Recueil des Inscr. de la Cilicie, p. U, n° 34.

VOYAGE LN ClLlCHi.

Troisièmo côté.

« Pour le salut de mes enfants ; pour la mémoire de mes parents et pour la vie de mes enfanis par l'intercession »

Quatrième cùlè.

Cinquième côté.

« Ceciest une mémoire d'Orhin, fils de Théodore, fils de Constantin; dans vos dignes prières en Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Àmen! »

La deuxième ligne de celle inscription mentionne Théodore ou Thoros, fils de Constantin, fils de Roupène, conuus dans l'histoire : Thoros fut le troisième successeur de Roupène, le fondateur de la dynastie arménienne de la Cilicie. La cinquième ligue dit qu'Ochin était fils de Thoros, fils de Constantin. Cet Ochin, inconnu dans l'histoire, était donc neveu de Léon Ier. On peut, d'après ces données, établir la généalogie suivante :

Roupène, 1" baron de la Cilicie,

Constantin I", son fils, 2' baron,

Thoros, 3e baron. Léon ïw, k* baron.

Ochin, qui ne régna pas. etc.

Le dallage de cet édifice religieux qui, ainsi que le montre l'inscription, n'était qu'une chapelle sépulcrale, en Renfonçant de plusieurs pieds, a comblé un caveau où reposaient les corps des premiers barons roupéniens et des membres de leur famille. Les Égyptiens, en s Vm parant d'Anaznrbe, violèrent cette ancienne sépulture princier* et bouleversèrent les tombes des premiers barons , pour chercher des trésors qu'ils supposaient y avoir été cachés avec les morts.

T/enceinte intérieure du château est inaccessible; c'est là que se trouve le donjon, grande tour carrée parfaitement conservée, sur le coté sud de laquelle on lit une inscription arménienne, dont voici le texte et la traduction :

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« l'an 636 de l'ère arménienne Roupène. fils de Léon

son frère le pieux avait..... près le mont Taurus, son noble séjour terrestre pouvoir commencé par Ochin des forteresses

d'Anasarbe, Djenhia, Hada de ce pays, il a bâti le mur.....

il a établi »

L'année 636 correspond à l'année 1 188 de Jésus-Christ.

La septième ligne de l'inscription nous offre trois noms de localités : Djenkia semble être une forteresse dont le nom est rappelé parSempad, dans sa Chronique, sous le nom de Djandj; Hada... est peut-être Adanaou Àdamodana, château cité par Willebrand et que Léon Tî avait donné aux chevaliers de l'ordre Teutonique établis dans son royaume \ Je reviendrai plus tard sur le château d'Adamodana, qui n'est autre que le Tumlo-kalessi.

* Itmér., p. 140.

4U VOYAGE EN C1LICIE.

Des constructions se reliant au donjon et commuuiquaut par un pont-levis avec la première enceinte servaient de demeure aux barons roupéniens, dont les troupes défiaient, du haut des rochers fortifiés d'Anazarbe, leurs ennemis grecs et musulmans, lorsqu'ils tentèrent, à plusieurs reprises, d'assiéger le château.

On est étonné de ne point rencontrer, à une journée à l'est d'Anazarbe et au sud du Pvrame, les ruines d'un château célèbre situé au sommet d'une montagne et que les chroniqueurs du moyen Age désignent fréquemment sous le nom de SarovantiAhar. Ce château se trouvait, dit Saint- Martin', à l'est de Tell-Hamdoun, autre château fort situé à l'est et dont la position n'a pas encore été déterminée d'une manière exacte. On pourrait supposer que le couvent de SorovanA, cité dans le mémento d'un manuscrit du monastère patriarcal de Sis 2, était situé dans le voisinage de ces forteresses.

A deux heures au sud-sud-est d'Anazarbe et après avoir traversé une plaine fort accidentée et envahie par de hautes herbes et des broussailles peuplées de chacals et de sangliers, on retrouve la rivière de Sis , qui va se jeter à quelque distance dans le Pyrame. Willebrand l'avait signalée en disant : « In pede hujus castri decurrit quidam fluvius3.i> Une demi-heure de marche dans la même direction conduit à un mamelon isolé dont le sommet est couronné par un château appelé aujourd'hui le Tumlo-kalessi. C'est une vaste construction solidement bâtie et dans l'intérieur

* Mém. sur l'Arménie, t. 1, p. 200.

• Journal asiat., (1855). Mon Voy. à Sis. Catalogue des rass. du monastère patriarcat.

» Page 1 40 de Yltinér.

de laquelle on trouve plusieurs salles voûtées et une chapelle. La position de ce château correspond exactement à celle que Willebrand donne au château & Adamoclana : « Hoc castrum distat à Navarza (Anazarbe) duo millia. » Willebrand nous apprend que ce château appartenait, de son temps, aux chevaliers de l'ordre Teutonique .11 nous dit aussi que Léon II, qui affectionnait beaucoup les chevaliers de cette milice, leur avait donné cette forteresse avec toutes ses appartenances, pour le salut de son âme. On sait que les rois d'Arménie avaient accueilli avec une grande faveur les membres des trois Ordres religieux et militaires fondés aux temps des croisades et qu'ils leur avaient fait d'importantes donations. C'est pourquoi les Hospitaliers, les Templiers et les Teutons avaient acquis très-vite des possessions considérables dans le royaume et y jouissaient de grands privilèges

Plus on s'éloigne d' Anazarbe, et plus le sol est sillonné de collines qui vont, en s'affaiblissant, aboutir aux rives du Pvrame. C'est derrière l'une de ces collines, au sommet de laquelle on arrive par une voie romaine qui conduisait autrefois d'Anazarbe à Mopsueste, que se trouve aujourd'hui le village de Missis, bâti en amphithéâtre sur le versant d'une éminence dont le pied vient aboutir aux rives du Djihan-tschaï.

« Paoli, Cad. dipl., nM 94 à 400.— Lettres d'Innocent ///. — Willebrand, ltinér., p. 4 40 et suiv. —Cf. aussi Mém. de l'Acad. des Sciences de Saint-Pétersb., vu- série, t. IU, n° 3 ; mon Essai sur la constit. sociale et politique de l'Arménie, etc.

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