VOYAGE SAX5 LA GAÈCE
différenis métiers. Â trois quarts de lieue eoyiron au nord, on trouve le village de LiaboYO qui envoyé une petite rivière à la Soucha , et on estre dans la vallée de Socachos qui conduit au plateau septentrional du mont Mertchiea , appelée Londgiaria ou contrée des forets.
Cet enclave, placé dans les sommets du mont JËrope ) forme le coli ou subdivision de Londgiaria , dépendance du canton de Drjnopolis qui relève du sangiac d*Avlone. Son territoire, qui confine avec ceux de Cléïsoura , de Premiti et de Pakso-Pogoni , se divise dans sa topographie partictdière en Londgiaria, Riza et Zagoria, qui forment des espèces de seigneuries séparées , et anciennement de pkapes ou partis. La première de ces unions comprend neuf villages, dont le principal est Stégopolis (i), près duquel on voit les ruines d^une ville ancienne, Gionaksat, et le monastère de Spileon doté de di:t jour* naux de terre et du produit de daux nouHns, par décret de Tempereur Alexis Comnène. Ces neuf villages habités par des Albanais chrétiens, forment une population de quatorze cent cinquante huit individus;
Les lieux les plus remarquables du coli de Riza, du côté de Tebelen, sont Cormovo et Lecli dont j'ai
(i) StegopoUsy deux h. N. £. de LiboÔTOy deux li. N. » N«eoYa; une demi-h. S., Kestorati; un quart h> S. O., Cblexi et le monastère de Spiléon.
Les villages nos relevés sont Sarakleutza, Kounoupitza, Letovitza et Gionaksat.
CHAPITEB XXV, 34?
donné les distances. Ceux de Tintërieur appelés Doxati^ Chteziy et Nacova que je viens de nommer^ forment une association de vieux Épirotes, qui exercent, dès une haute antiquité , dans l'empire d*Orient, le métier de souterazzb (i) ou fontainiers publics, genre de construction hydraulique, qui appartient primidvement à la terre classique de la Grèce. H paraît que les habitants du mont iËrope calculèrent, postérieurement aux beaux siècles de la Grèce , et appliquèrent à un système nouveau d*aquéducs^ la loi des fluides qui les ramène constamment au même niveau, afin de substituer leurs canaux aux hydrophores sur arcades (a). Sans pouvoir préciser Tépoque à laquelle le souterazzi fut inventé dans TÉpire , les Albanais chrétiens de la Londgiaria^ attribuent à leurs ancêtres la construction des aqueducs sur arcade et à souterazzi , qui portaient anciennement les eaux des sources de Saint-Georges à travers plus de quinze lieues de pays , jusque dans la ville de Nieopotis ; les aqueducs d'Adrien , qu'on voit depuis les hauteurs de Stymphale jusqu'à Corinthe , et tous les ouvrages hydrauliques de Constantinople. Sans justifier leurs prétentions à cet égard ,n on voit, par le récit des historiens grecs , les Londgidés j<yiir seuls du privilège
(i) Sovtéraui ou soatéruaici, équilibrf d*eau, dérivé des moU turcs 4011, eau, et terazzi^ éqnilihre.
ÀJiDBiossy, Eséoi sur U BospJufr«y^, i8i.
(3) y oyez pour U description de cette architecture hydraulique, Ihid, p. 181 jusqu'à 191.
348 TOYAGS DAKS LA GBÈCK,
d'être les fontainiers de la capitale, et comme ëchap* pés au reste des corporations de l'empire, maintenus dans leurs droits par les sultans (i), se perpétuer de père, en fils, comme architectes et directeurs des eaux de Constantinople et des principales Yilles de lem-' pire. Quant aux ouvrages modernes qu'on ne peut contester à leur talent , je citerai le Souterrazi aban<* donné et laquéduc sur arcades de Ste.-Maure, construit à 1 époque où les Turcs étaient maîtres de Leucadç , les conduits de Janina, d*Elbassan, de Tebelen , d*Argyro-Castron , et de plusieurs villes de la Turquie d'Europe. Â la vérité , leurs derniers ouvrages portent 1 empreinte du découragement « parce que, mal payés^ ou travaillant par corvée (angari) , ils se croient quittes envers leurs oppresseurs , quand leurs travaux ont seulement lapparence extérieure de la solidité. Malgré cette imperfection, les calculs de prise, de direction,, de séparations latérales, de pyramides, sont toujours fixés avec la plus grande exactitude. Elevés à Técole pratique de leurs pères, ils apprennent , avee le discernement routinier des castors, les procédés d'un art qui semble avoir atteint toute la perfection possible dans le genre quils ont adopté. Le coli de Riza, doù les souterrazzis sont originaires , renferme cinq cent
(i) A Constantinople y le corps des sou-ioldgis ou fontainiers se compose de trois cents Turcs pris parmi les habitants, et d'environ cent Schypetars ou Albanais chrétiens. Le (irman qui confirme les privilèges de ces derniers, adressé au cadi et chefs d'Argyro - Castron , est de Tan 1 1 9 1 de l'Hégire j U cinq de Rèhi ulcpveL Ihid, note ti, p. a 6 3.