‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 115 sur 160 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

trente familles, ou trois mille cent quatre-vingts in« dividus, répartis dans neuf villages/

La partie septentrionale de la Londgiaria, appelée Zagoria, dont Clapéri, situé une lieue et un quart à l'orient de Cormovo , est le chef-lieu , compte dix villages. Son territoire est arrosé par deux petites rivières , qui se réunissent sous le nom de Zagoritza, pour se rendre à la Yoïoussa, dans le défilé de Grùca. Sa population ) qui est de cinq cents familles, ou trois mille trois cents aroes, ajoutée à celle des deux autres phares, donne pour la Londgiaria entière sept mille neuf cent trente-huit individus , qu on peut regarder comme les indigènes , et peut-être les descendants de cette nation barbare, qui, au dire des historiens grecs, avait précédé Tarrivéé des Hellènes dans cette partie de l'Europe , si on peut prouver que les Schypetars sont les mêmes que les Pélasges.

Le défilé principal de laLondgiaria aboutit au pont du.Soubachi, où jai commencé la topographie du canton de Drynopolis. Près de Touverture de ce dèrvin, le voyageur trouvera les décombres de Drynopolis, les restes de son aqueduc, et les traces d'un théâtre de construction romaine. Un mille de là au midi, il verra le rocher de Chendria,que couronne un château-fort, bâti en 181 1 par Ali pacha, pour asservir les Drynopoli tains, et il frémira à la vue des ossements de la population entière de Cardiki , massacrée par ses ordres au mois de mars de Tannée suivante. Mais il ne reverra plus de ce lieu , où je ladmirais , la vallée d'Argyro-Castron, vivifiée par une population de trente mille habitants. La mort

OOO VOYAG£ DANS LA GRfiCB,

a frappé à coups redoublés sur ses villages florissants. Je les traversai hélas ! moi-même au moment où la peste, qui s'était manifestée au printemps de i8i4y y exerçait ses ravages. Les routes étaient parsemées de cadavres, les sources étaient environnées de spectres haletants j qui cherchaient à étancher la soif brûlante dont ils étaient dévorés ; et de toutes parts le pays n offrait que le tableau de la destruction. Des cris perçants s'élevaient du sein des hameaux encore habités. Ce n'était cependant encore que le prélude de plus af« freuses calamités; car un an après l'explosion du fléau, Argyro*Castron avait perdu les deux tiers de ses habiunts. Liboôvo était entièrement dépeuplée, et plusieurs bourgades avaiept cessé d'exister. Les loups et les chiens, qui avaient dévoré les cadavres restés sans sépulture au milieu des campagnes, avaient porté la peste jusque dans les camps des Nomades. Enfin des hordes de soldats albanais, qui revenaient des bords du Danube, trouvant la ville de Liboôvo déserte, s'étaient chaînés du butin de ses maisons, veuves de leurs habitants, et avaient emporté, avec des dé* pouilles précieuses , les germes de la contagion , qui a causé la dépopulation de la Thesprotie.

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