CHAPITRE XXTX. iji
à rextrëmité orientale de laquelle, on trouve lantiqae Buthrotum et l'entrée des lacs.
L'Anchise ou Peiode, maintenant appelé VÎTari, mesuré du midi au nord, a deux lieues de longueur, jusqua La«pès ou les Boues, dont laccumulation Tarie suivant laffluence de la Pavla et de la Pistritza, jusqu'à une largeur mo;f enne de deux milles. Pour j entrer, en partant dé la madrague de Buthrinto, en portant le cap à l'est-sud-est, on vogue daiis un canal de cinq cents toises de longueur, au milieu duquel on évite une île basse couverte de roseaux, quand on .veut pénétrer dans la partie du bassin appelée Riza. Ce cirque, dont le grand diamètre, pris du midi au nord, est de quatorze cents toises, sut' six cents de largeur, reçoit au nord le Kephalo-Yrisi , qui a trois cent soixantQ-quinze toises de cours, ainsi que les .eaux de la source d'ArmjrOs^ don« j'aif parié précédemment.
Telles sont les dimensions générales des lacs, et Texposé dans ses détails d'un pays où' les ouvrages des bommes, périssables comme eut^, ont changé devant celui dont les seuls uavaux sont éternels comme sa volonté. On reconnaît encore dans les maisons incendiées du village d'Examili, le passage récent de la barbarie sufr cette terre désolée, où il ne reste plus ni villages, ni habitants, et d'où lair d^a méphytique, devenu plus mal-sain par Tinculture, chasserait les colonies qui tenteraient de s'y établir. A peine y passe-t-on une journée, qu'on ressent les effets pernicieux de Imfluence de son atmosphère, qui est depuis long -temps aussi renommée
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pour 5a malîgmité que celle des marais PoDlins. Ce fut en effet sur ses bonis, que larmée du grand visir , qui assiégeait Gorfou , prit cette épidëmie qui Tobligea, plus encore que la valeur du maréchal de Schellembourg, à renoncer à son entreprise, à cause de raffaiblissement de son armée. .Enfin cet air funeste ne borne pas sa sphère aux environs du Siraoîs, puisqu'on redoute 4 pendant Tété, à Gorfou, son action fiévreuse , lorsque le vent souffle de cette partie de la ferre .ferme , avec. les brises du soir* Les bpues mêmes des lacs, comme les fonds cuivreux des Antilles , communiquent dans cette saison au ^poisson une qualité nuisible,, qui empêche de se nourrir de sa chair , aussi long*4emps que les grandes chaleurs se. font sentir. . . ,
Le derniier récipient des eaux du bassin de Dek» vino, que nafcoiyrt la Sai<onia, commence au sud«est de Buthintro, dans les montagnes de Gonkpolis. Ge versant s*ouvre deux milles au midi . de la ville que je viens de nommer, en s élargissant jusqu'à lentrée d'un bois rc^içpU de gibier et de bêtes fauves, qui .ombrage une vallée pittor^que par la beauté de ses sites^ Conispplis, éiagée sur les flancs d'une montagne ^escarpée présente Taspect de la plupart des villes al» banaises de TÉpire, pour la construction et la disposition 4e 5^. maisons , qui renferment six cents familles mahométanes, restes d'une population beaucoup plus nombreuse. avant la peste de. 1780, qui enleva les^ deux > tiers de ses habitants. Gepeadant Tavanjtage de sa position, la ptireté de l'air qu'on 7 res» pire, la liberté dont on y jouissait, conunençaient à j
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attirer un grand nombre de Turcs. Les dernières persécutions du satrape de VEpire y en auraient conduit un plus grand nombre, si elle n'avait ëté comprise dans la proscription de toutes les tribus indépendantes, qu'il avait juré de détruire. Les familles riches de Conispolis, qui furent les premières contre lesquelles il dressa ses machinations, purent fuir et se dérober à la mort avant l'accomplissement de ses projets. La glèbe et la misère semblaient devoir être le partage du peuple , que le ciel livre ordinairement à la fureur des ennemis; mais, par un surcroît de barbarie, leur oppresseur avait voulu leur enlever jusqu'à la terre paternelle, en les déportant dans la Thessalie, • pour les remplacer par une tribu de valaques Garagoulis tirés des bords du golfe Pélasgique. Ce projet était au moment de s'exécuter, quand je quittai TEpire. Le nombre des malheureux allait être augmenté par une double transplantation. Conispolis devait échan- . ger sa population turque contre une population chre* tienne , destinée à expier les premiers soupçons que sa prospérité ou son industrie feront naître, si toutefois elle peut s'acclimater sur ce plateau brûlant.
Deux milles au nord -ouest du bois de Conispolis, autour d^une montagne isolée , on aperçoit l'enceinte pélasgique d'une acropole, et un demi-mille au-dessous une seconde ville abandonnée, que je crois être Phanote. Cette place dans laquelle Cleva gouverneur de Peraée, soutint et repoussa les assauts des Romains commandés par Appius Claudius(i), paraît avoir eu
<j) Tit.-LiT., lib. 2LIII, lub £ne.
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depuis une seconde enceinte , qui fiit probaUement construite par les Césars de Bysance. Quant au nom de Phanote , je crois pouvoir en justifier TappËcation , par le témoignage de Tite-LÎTe. Il nous montre le général romain repoussé dans lattaque de cettb plac^, harcelé dans sa retraite , après s'être reposé quelques jours à Eléonte ou Palaea-Avli ; battu ensuite à Antigonie dans le défilé de GormoTo. Là , après avoir licencié les Chao* niens et les autres partisans épirotes, il le montre se retirant avec les troupes italiennes en llfyrie , et prenant $es quartiers d*hiver dans les villes des Parthi* niens, pays dépendant aujourdliui (a) d^Elbassan.
La Saronia y qui coule à peu de distance de Pha* note , prend ses sources non loin du village de Cbaleû, qu'on ne peut apercevoir quoique à peine éloigné de cinq milles. A la gauche de la rivière, s*âève une chaîne de rochers calcaires, dont le temps et les pluies détachent des avalanches de pierres. On prolonge cet épouvantable rempart pendant deux milles ^ au bout desquels aprà avoir doublé un contrefort ^ on suit le cours d'une petite rivière, qui après avoir fait tourner plusieurs moulins, vient tomber dans la baie de Gataito. Ce port qui n*est fréquenté que par les insulaires de Corfou , offre un mouillage exposé aux rafales et aux vents du sud-est , contre lequel les barques n'ont de moyen de se garantir qu'en s'échonant sur le rivage. Il n'y a d'habitants dans ce triste eé> jotu*, qui est l'échelle ordinaire de Conbpolis, qu'un poste de préposés du visir Ali pacha , qui en sous-
(i) Utd,, lîb. XLUI, c. a3. Oiap. XXIV de ce v<nag«.