‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 129 sur 160 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

que le yisir nous attendait au khan de Mazaiakî, où il s'était rendu ayant le lever du soleil.

Nous quittâmes aussitôt Jacovo , et nous marchâmes pendant une demi-lieue à lorient, en longeant la rive droite de la Thyamis, jusqu'auprès des ruines de Yelas, plus anciennement appelée Photice. Je ne pus méconnaître cette ville environnée de marais au midi , comme le dit Procope (i), dont l'enceinte s'élève au penchant d'un coteau, et offire dans son intérieur des églises ruinées qui appartiennent, comme les remparts, aux siècles du Bas -Empire. On ne sait pas comment Yélas, qui existait encore dans le quatorzième siècle , avait pris ce nom au lieu de celui de Photice (a), qu'elle portait auparavant. Mais il est probable que celle-ci remontait à une haute antiquité, puisqu'on y a trouvé des statues (3) et des débris d'architecture, qui indiquent qu'elle fleurit au temps des Hellènes. On pense dans le pays que Photice ou Vêlas fut la capitale du canton de Pogoni; et on sait,

(i) Au nombre des vîHm restaurées par Justlnlen dans TÉpire , Procope, sans trop savoir ce qu'il dit, cite Justinianopolis , ou dit -il , Hadrianopolis , Nicopolis , Photice, Phanote. Ces deux dernières étaient situées dans des lieux bas et marécageux ^ où il voulut qu'elles restassent, en faisant élever des citadelles sur les hauteurs. Paogop. , De Edifie, , lib. IV.

(a) f^or« ch. XIV de ce voyage.

(3) Le visir Ali pacha m'a dit avoir trouvé lui-même dans des fouilles qu'il y avait faites, une tête de statue humaine de proportion colossale , grosse comme celte d'un buffle ; ce fut sou expression.

i|cb TOTAGS DAVS LA GESCtf,

<laprès ce que j ai dit, A quelle époque elle fut ▼ersée par les Turcs (i).

Le canton appelé Pogoni (la Barbe), ensuite Pa* ]»o-Pogoni, et Pogonianî par les Byzantins, s'étend depuis DeWinalû par une li|^e qui suivrait le Thalweg de la Calamas, jusqu'au-dessous du monastère de Pa^ teresy et qui, remontant à Test par la Yekliis, em«» brasserait le vallon de Janina jusqu'à la hauteur de Gastritza. Les Grecs disent à ce sujet, mais sans pouvoir produire aucune preuve historique, que Yelas (lit le chef- lieu du canton de Pakeo-Pogoni câpres la destruction de cette place, on aurait formé de ses habitants une colonie qui bitit la ville de Pogo« niani, près d'Ostanitza; enfin que cette autre ville ayant été renversée par les Triballes, les restes de sa population se seraient fondus Jivec celle de Janina. Ce qui donne une couleur de vraisemblance à cette tradition , c'est que la foire de Pogoniani fut transportée vers ce temps -là à Janina, où elle se tient encore tous les ans. Ainsi ce canton a maintenant pour chef- lieu la capitale moderne de TEpire; et tous les villages de sa dépendance se trouvent compris dans les limites que j'ai marquées.

Comme ce n'est là qu'une division de convention humaine , je poursuivrai ma description par vallées suivant les plans de la nature qui sont invariables. En arrière de Tacropole de Yelas à l'orient, est situé le monastère de son nom, retraite de six solitaires,

• (i) Fojez ch. XI de ce voya^

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