CHAPITRE XXX
Cestrine ou Chamouri, Route depuis Pas$€ux>n jusquà Paramjrthia. Topographie de VAidonie. Ruines d'Elatée et de Pandosie.
Cours de VAchéron. Ruines dé Cichyre ou Ephyre, Temple de Pluton. Bronzes^ mé* dailles trouvées dans ces villes. Cours du Jleuve Glykys. Marais Achérusien. Port Glyfys ou Phanari.
La Cestrlne est cette partie de la Thesproûe com» prise entre la Thyamis et l'Achéron , que les Grecs appellent maintenant Chamouri, et les Turcs Cham- Sangiac, dont le chef- lieu est fixé à Paramythia. L'auteur de THistoire de rétablissement des colonies grecques (i) rapporte quelle fut très - anciennement occupée par desPélasges, qui eurent pour chefs Pelasgus et Phaêton^ et quun autre essaim de ce peuple errant, étant sorti de FArcadie, y fonda, quinze cent tingt-sept ans ayant notre ère , les villes de Pandosie et d'Ephyre. Ephyre , appelée dans la suite des temps Cichyre, avait reçu son nom dun petit-fils de Thes^ protus; et elle fut, si Ion en croit les chroniques des moines, la capitale de TAidonie , pays peu étendu, sur lequel régna Aidoneus ou Pluton^ prince des Thesprotes , qu'on voit figurer dans
(i) Raonl-Rochette, 1. 1, pag. 219.
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le» relations politiques des Drynopolitains et des princes de TEpire. Aux bords du fleuTe que la mythologie avait consacré aux dieux infernaux, était située Pandosie (i), Elatria près d*un de ses affluents, et plus avant dans les terres, Batia, ville peu consi» dérable. La colonie ayant augmenté, ses habitants fondèrent successivement Buchetium ; place mari» time; Cassiopé, port sur la côte;. Torone^. dans les montagnes du cap GhimaBrium, dont le prolongement est compris entre les embouchures de TAchéron et de la Tbyamîs (21), et enfin au versant méridional des montagnes , du c6té de TAcarnanie, la vilhe célèbre d'Ambracie. Cest là sommairement le tracé topogra«> phîque que l'antiquité présente pour nous guider dans le Chamouri y ou nous retrouverons les ruines des villes qui firent autrefois sa splendeur.
Il est probable que du nom de Cestrine, qui dé* signait anciennement la partie centrale de la Thés* protie (3) , le mélange et la corruption des idiomes formèrent dans les siècles de barbarie , ceux de Za" mouri, Z^mbrie et Chamouri, quelle porte maintenant. Quant à sa description, on ne la trouve nulle part. Pline, qui fait couler TAchéron dans le golfe
(i) Pansan. Att., lib. I, c. 18. De ÉXarçta et ÉXarttA» Steplu Byi. Tit.-Liv., lib. XXXI, c a4.
(a) Ixpa Xtipt^piov; Thncyd., lib. I, c. 47- Pausan. ditepoywtf lib. V, c. a a.
(3) Cestrinem, Epiri regionem, a Cestrine Heleni et Andro» mâches filio dictam testatur Paasanîas , lib. IL
PiLLHBii., Grcrc. Antiq.tMb, II» c 5»
454 TOTA6B DAirS LA GBBOE,
Aoibracique, sous nn pont admirable (i), peut être classé pour ce qu*H dit à ce sujet, au rang des voya-» geurs imaginaires. Poiybe, Thucydide, Strabon, mieux instruits, décrivent admirablement son littoral, mais ils ne disent rien de Tiatérieur du pays. Cicéron , de son c6té, n'indique qu'une position vague, en parlant des délices d*Atticus (a) , dont je crob reconnaître remplacement vers l'embouchure de la Thyamis, quoique d autres personnes prétendent que sa métairie ait dû se trouver à Gasopo, dans Tile de Coreyre. Quoi qu'il en soit tout atteste que cet enclave fut très -florissant , même après les dévastations de Paul-Émile , à cause des restaurations nombreuses, et des boui^des nouvelles qui s^y sont perpétuées , jusqu'à Tépoque de la conquête par les Mahométans. Ce fut dans èette contrée, comme en champ clos, lorsque les ennemis envahirent l'empire grec, que les chrétiens chassés du nord au midi par les barbares, refluèrent de proche en proche de la Macédoine, au-delà du Pinde, puis derrière les boulevarda du mont Tymphé, d'où ils montèrent aux météores des Selles^ on ils se sont maintenus libres, jusqu^au commencement du dix -neuvième siècle, sous le nom de Souliotes. Enfin, massacrés, subjugués, ou chassés par les Turcs, Tarrière-garde de la postérité des vieux chrétiens Schypétars^ s'est encore arrêtée comme par miracle à lextrémité du capChimœrium, sur laquelle est fondée Tacropole de Parga, d'où elle semble