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CRAPlTnB XXX. 4^^
indiquer aux Grecs le chemin de TOrient et les- tombeaux de leurs pères, que le ciel dans sa clémence, leur rendra peut^tre un jour.
Venise , trouvant les chrétiens retranchés dans cet asyle, s'était déclarée leur protectrice, en couvrant de son pavillon le rocher de Parga^ dernier reAige des familles chrétiennes, qui se dérobaient au joug des infidèles. En cela elle servait et la religion ^ et les intérêts de sa politique, qui fut au mo^ivn de ses postes en terre-ferme, de former le noyau dune confédération d anarchies particulières, aussi convenables à ses vues qu'à sa faiblesse. Ceci me conduit à donner quelques explications sur le système politique des Turcs, dans la partie occidentale de l'Épire, parce que dès un temps fort ancien , ils s'y trouvèrent en con* tact avec les chrétiens occidentaux.
Les Mahométans qui conquirent la Thesprotie, en> succédant aux seigneurs normands, dont ils envahirent les fiefs et les baronies , et en prenant les titres de bers ou beys^ ne tardèrent pas à se regarder comm« les égaux des pachas. Ainsi de simples tenanciers de la couronne, dont ils méconnurent l'autorité, dès que les sultans ne furent plus en état de la leur faire respecter; ils devinrent un corps anarchique de noblesse dans l'état. Les Vénitiens établis à Gorfou et sur les rivages de l'Épire , ayant remarqué ces dispositions à rindépendance de la part des beys , s'appliquèrent à la fiivoriser, et ils parvinrent en les soutenant à s'en former une barrière, contre les pachas de Tintélieur de l'Albanie , dont la république craignait la puissance et le voisinage immédiat. Poussant pins
4SÔ VOTAGB tXttS L4 CilicÈ,
loin les calcub de la prévoyance, le sénat Yénideii^ par l'intermédiaire de ses provéditeurs ^ avait organ nisé une ligue de tous les beys de la c6te, et des peuplades indépendantes, qui divisés par des in* téréts particuliers , ne manquaient cependant jamais de se réunir contre les empiétements des pachas; et elle les trouvait toujours à sa disposition ^ pour entrer dans ses vues. Ainsi depuis Buthrotum jusqu'à Prevesa, même dans les derniers temps, la république de Saint* Marc, couvrait ses possessions de terre-ferme ^ par les anarchies de la Chimère, de Conispolis et de PhilateSy qui tenaient en bride le pacha de Delvino.. Au moyen des beys de Margariti et de Paramythia, elle arrêtait sanscoup-férir, les entreprises des satrapes de Janina^ et pour contenir les befs mahométans, elle faisait agir à son gré les peuplades chrétiennes de Souli et de l'Acrocéraune^ de sorte quelle avait une prépon« dérance masquée, et pourtant décisive dans les af- £iires de l'Albanie* Pur suite de cette marche tor« tueuse 5 s'il survenait quelques démêlés avec les Albanais, les Vénitiens négociaient avec des présents, et comme ils étaient des modérateurs dont on avait souvent besoin, presque toujours les a£Eaires se ter« minaient à l'amiable.
Tels étaient les rapports des beyS, avec leurs voisins dés, îles Ioniennes j mais dans l'intérieur, le» choses ne se passaient pas aussi tranquillement! Exaspérés par d'interminables différents, par d'étemelles défiances, toùjoui'S les armes à la main, chaque sei* gdeur régnait entre ses quactre tourelles^ en se croyant pétri d'un autre Umon que ses vassaux qu'il appelait