CHAPITRE XXX
même âu besoin sea rayas ou sujets, quand ils étaient chrétiens ou vilains , chose synonime pour les pieux musulmans. Dans les villages turcs chacun vivait à sa manière, et chacun se faisait justice par la force. On ne connaissait point cet état de paix, qui fait le charme de la vie, ni sous le gouvernement des seigneurs, ni dans les sociétés entièrement composées de chrétiens ; et pourtant on se disait et on se croyait heureux, et peut-être letait-on effectivement. Lagri* culture et le commerce s'exerçaient au milieu dea fraudes, des astuces, des guerres locales, des négociations et des commérages politiques. Les beys et les agas épiaient du haut de leurs donjons les caravanes et les passants, ponr les dévaliser; et ils couraient sur les terres de leurs voisins, afin d'enlever des es* olaves ! Il fallait des sauf- conduits pour passer dune seigneurie dans une autre , et l'étranger ne pouvait pénétrer dans un pays habité par des hommes aussi perfides et volubles, que l'étaient les Chamides. Dans les guerres des beys ou barons entre eux , le vainqueur non content de ravager les propriétés de son ennemi, Imsultait en abattant ses arbres^ et en faisant couper les cheveux de ses enfants , s'ils tombaient en son pouvoir. Quand les beys turcs s'attaquaient aux peu* plades chrétiennes de Souli, ou de TAcrocéraune, on faisait rarement quartier aux prisonniers. Si cependant on les épai^nait^ c'était pour en tirer des rançons, que les mahométans exigeaient en argent comptant , tandis que les chrétiens échangeaient toujours un Turc pour un âne , ou pour quelque bête de somme. Mais dans de simples excursions, si lesTurcspa^