‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 15 sur 160 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Exposition. Départ de Paris. Passage par V Italie. Arrivée à Ancône.

jl\.u mois de septemtre i8o5, je reçus l'ordre de retourner dans rOrient avec M. Julien Bessières^ chargé par le gouvemement de m^accréditer, en (jualité de consul général de France , auprès du visir Ali , pacha de Janina. J'étais peu disposé à tenter une pareille entreprise. Je connaissais de réputation lé satrape de FEpire; j'avais éprouvé tant de maux dans mon premier voyage en Turquie, que Tidée de l'homme auprès duquel on m'envoyait, et le souvenir encore récent d une captivité de trois années , me firent ba* lancer si j'accepterais une mission que j'aurais, dans d autres temps, reçue avec transport. Cependant, en pensant à la Grèce, sur laquelle je venais de publier un ouvrage^ écrit plus par sentiment et par l 1

a VOYAGE BANS LA GRBCB^

induction^ que d après des recherches suivies, je sentais les avantages réels de Fétude approfondie de cette contrée. Je venais d'ébaucher un grand travail, que je pouvais perfectionner par un second vojage, et Tan^iour de la science remporta sur les considérations les plus capables de refroidir mon zèle.

Lé 21 octobre, je quittai Parb^ au moment où le canon annon^it les premières victoires d une guerre qui ne devait avoir de terme, qu après nous être ré^ conciliés avec TËuiiDpe, par le retour du monarque légitime de la France ! Mais par - tout victorieuse alors, elle jouissait de Fivresse de la gloire et des combats, sans pouvoir goûter le bonheur^ ni entrevoir les chances de lavenir.

 Milan, je rejoignis M. Bessières, qui m'avait devancé dans cette ville. Lltalie se trouvait dans un état de fermentation inexprimable. Masséna, campé sur les bords de TAdige avec vingt- deux mille Français, pouvait être forcé à la retraite. On était menacé, du côté de la basse Italie, par une expédition Anglo-Russe, qui venait de débarquer dans la baie de Naples, et les chemins étaient sur le point d'être interceptés d un moment à lautre.

Gomme il n y avait pas de temps à perdre dans de pareilles circonstances , nous quittâmes Milan le 3 novembre^ afin de gagner le port d^Ancône, où nous pouvions en sûreté , puisqu'il y avait alors garnison française, voir arriver les événements, et calculer notre direction. Nous parcourûmes donc, plutôt que nous ne visitâmes, les plaines de la Lombardie, les

ïtions , et sans aucun événement remarquable,

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nous arriyâmes le i a au terme de notre voyage par * terre.

Le légat de sa sainteté , qui «omnandait encore à Ancône malgré Tocoupation, aous acoorda, sur la demande, du consul de France, des passe -ports qui décidèrent un capitaine ragusais à nous recevoir sur son bord. Cette précaution nous mettait, comme sujets d'un prince étranger, sous un pavillon neutre, gui n'aurait probablement pas été respecté, si nous avions été visités par renoemi. Sans fiore ces réfieiions, on n'attendit plus que le mptvient favorable pour partir, et les vents contraires étant tombés dans la nuit du i6 novembre, nous montâmes sur le brick le Fortuné^ chargé de nous transporter à Raguse , d où nous devions aviser aux moyens de passer en Turquie.

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