‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 156 sur 160 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

tiens, ne manquaient jamais de battre des gens travestis en Turcs, et de tendre la main, afin de recevoir le prix de leur incomparable valeur! Cette fête burlesque, présidée par un grave sénateur en perruque, était appelée la Rosalie^ nom emprunté dune céré^ monienon moins ridicule, qu'on célèbre annuellement avec la plus grande pompe àPalerme en Sicile (i).

Venise, qui divisait, afin de régner par la cor*. raption, avait les plus grands ménagements pour les avides Albanais de Parga, qu'elle méprisait en secret , et qui lui rendaient ouveitement le mépris que sa faiblesse leur inspirait. Les provéditeurs étaient harcelés par une réaction continuelle d*astuces, de de* mandes et de réclamations. Les Parguinotes, au moindre mouvement des Turcs, demandaient des vivres, des munitions^ qu'ils vendaient ensuite aux ennemis dont ils se disaient menacés; chose qui ne tournait quau détriment de Tétat, puisque les chefs Vénitiens avaient leur part dans ces dilapidations. G^est pourquoi, fatigué d'entendre toujours parler de Parga, de ses dangers et de ses besoins, le Sénat proposa plusieurs fois aux habitants de leur donner Antipaxos (2) , ou de leur concéder des terrains dans Tîle de Gorfou, afin de se débarrasser de leurs intrigues et du poids de leur protection.

(i) On sait qne les Napolitains avaient occupé Corfou et les îles Ioniennes avant qu elles passassent sous la domination de Yeniie; et il est probable qn'on leur doit rétablissement de la Rosalie.

(s) Antipaxos , ile inhabitée à dix-huit milles de Parga.

5oO VOYJLGE DANS 1>A GRECE,

Les choses étaient dans œt état, et le gouvemement Vénitien expirait de vétusté, lorsque les Francis parurent pour la première fois dans les îles Ioniennes, en 1797* Ils venaient à peine de substituer leurs couleurs au pavillon de Saint-Marc, lorsqu'un orage nouveau , formé dans VOrient , annonça la guerre de 1798, qui fut la seconde époque miliuire de la révolution. Gomme rien ii*avait été prévu , suivant l'usage de ce temps où les calculs reposaient sur la victoire, on fut accablé de toutes parts , et après la glorieuse défaite des Français aux champs de Nicopolis, Ali pacha tourna aussitôt ses regards vers Parga (i) « Je vous annonce , man&it-il aux ha- « bitants, le combat qui a eu lieu aujourd'hui, à la « suite duquel je me suis emparé de Prévésa. Je vous « écris pour vous donner cette nouvelle, et vous dire « que malgré cela je ne suis point en guerre avec

(i) Je dterai le texte authentique de cette lettre « afin de faire connaître le style diplomatique d'Ali pacha, qui dicte toujonra lui-même ses dépêches à ses secrétaires. Elle sert aussi à fixer la date de TafTaire de Nicopolis.

£ytt Ax^ Ilaoïâç. (Moi Au Pacha.)

iihiçtç içfoç iaâç rou$ napY^uraç, ôrt <6ft€at«*0r.xtTt 6 iro'Xtf&oc, ^i70Û lytvi oiQpLtpov , xaI JCaiTMaa t^ IlpiCuCav. Aicc Tcûro fik mcoû eàç ypaçtt , xai «fiç M» titiv (i^atv* 6n jiavrap. éirw tiçt ytirovci » iyià irtXtjiLOv {itr* ioic ^iv ttt>.tt. Movov yà xivTÎatTi ^m rptlç vc|iiàToc va fXOiTt va xou€evTtà9fi>u.tv, xal va ytwiTt reu paaiXettç fiou' xal o» Tt vii^apLi OeXiiotTt , va «àç Aûxw. X\la ^tv 5«XtTi va (èptre irc5 iju» %a\ (AtT * i<tàç irbXipbCv, xat rè xpijiia çèv Xtp.ov aaç.

np<€u(a, rpi'qp tfxT(»Cpccv à(à{&i 1798 |V. S.

Page 1