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lorsque les ëYénemente de 1806 remirent cet ordre de choses en confusion. Avant la déclaration de guerre entre la Russie et la Porte Ottomane, Ali pacha éuit rentré en possession de PréTésa, après en avoir expulsé le voivode du grand«seigneur, for»qu'à cette nouvelle les Moscovites semparèrent de Parga, qui leur dut pour la seconde fois son salut. Enfin dans le courant de Tannée suivante ^ l'empereur Alexandre ayant cédé à la France ses droits sur Corfou et ses dépendances, elle prit, avec le iardean dispendieux de la protection des îles Ioniennes (f) , celle du rocher de Parga et de sa banlieue.
J'ai dit quelle éuit l'étendue de son territoire; quelques détails suffiront pour faire connaître sa to« pographie. A lorient et à Toccidenl du promontoire sur lequel la citadelle est bâtie, se trouvent deux calanques propres seulement à abriter les barques employées au cabotage des Ioniens. La première , située entre des rivages acores, est formée au midi par le cap qu'on découvre du large, en relevant le clocher du monastère de la Vierge de Vlachéréna ; et son mouillage est abrité contre les vents du sud-
(i) Venise était en état de faillite Tis*à-Yia de ses garniions, quand les îles Ioniennes passèrent .pour la première fois en pouToir des Français. Les Russes 7 avaient dépensé des sommes considérables pendant une résidence de sept années; et dans un pareil laps de temps, elles ont coûté à la France plus de cinquante millions, somme qui dépasse leur valeur . intrinsèque.
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•uest par quelques quartiers de pierre dont on a forme une espèce de môle. Près de là , on voit des moulins bitis sur le torrent de Zuco; et au fond de la rade, le sentier tracé dans une falaise argileuse, par lequel on monte à la ville. Lé faubourg auquel il aboutit est coupé par une chaussée qui mène à la fontaine de Saint«Triphon , source dont les eaux servent aux besoins d une population d environ quatre mille individus, répartis dans la haute et dans la basse ville , qui est maintenant protégée par un fortin , ouvrage des Busses, bienfaiteurs généreux des lo» niens. Lacropole dont j'ai déjà parlé est bâtie aux flancs d*un rocher qui a la forme dun cône tronqué, au faîte duquel est située la retraite du commandant, à laquelle on n'arrive que par des escaliers pavés et d'uni accès difficile. De ce phare (car la forteresse de Paiga, qu'une bombe réduirait en cendres avec ses habitants et ses magasins, ne peut être quun poste d'cdiservation ) on plane au loin sur la vaste étendue des mers. On domine Paxos et les côtes de rÉpire jusqu'à Nicopolis, et on peut signaler tous les mouvements qui se passent sur l'horizon. On plonge sur la seconde calanque , autre abri qui ne reçoit que des barques, dont l'accès est défendu par une batterie placée sur une ile que la piété des fidèles a ornée d'une église dédiée à la Madona Analipsis. L'œil suit à l'orient la côte qui embrasse le cap et la rade de Megali - Pagania , dénomination improprement appliquée à l'échelle de Sayadez par quelques géographes, et on relève la plage jusqu'au
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port Saint -Jean, situé à mi-chemin de Parga à Glykys.
L*air vif et embaume que respirent les Parguinotes leur donne un ton de fraîcheur et de santé qui les distingue des Ioniens. Habitants des montagnes, la liberté dont ils ont joui sous tous les gouvernements qui les protégèrent ^ a contribué au développement de leurs facultés physiques et aux passions brûlantes * qui les animent. Corrompus par le gouvernement de Venise, ils étaient fourbes, avides et rampants; modifiés par les Français et par les Russes, ils devinrent des hommes; et on n'eut plus à leur reprocher quune sévérité outrée envers le sexe, qu'ils traitent avec dureté. En vain la nature a départi à leurs femmes les dons de la beauté et de la sagesse; elles n ont pu parvenir à dompter des hommes trop en contact avec les Turcs pour n'avoir pas adopté quelques-uns de leurs préjugés. Aussi ces épouses, dont les mœurs sanctifient le foyer paternel et constituent l'union des familles, ne connaissent -elles presque jamais que les peines de la vie. Bonnes, chastes , modestes , laborieuses , elles épuisent le cours des années pour nourrir des garçons peu sensibles à leur tendresse, et des filles timides comme la pudeur, destinées à leur succéder dans une carrière dont elles leur enseignent, par des exemples de tous les jours, à supporter les épreuves avec une douceur et une résignation dignes des couronnes réservées aux grâces et à Tinnocence.
Les occupations du peuple sont douces; et ceux
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qu'on appelle archontes y issus des familles inscrites aux pages enluminées du livre dor, fainéants comme les patriciens de Venise, se croiraient déshonorés, s'ils ne passaient pas leur temps à fumer et à ourdir des intrigues. C'est dans lantichambre du gouverneur des îles Ioniennes qu'on les trouve ordinairement occupés à se dénoncer, ou bien à se ruiner en procès au barreau insidieux des tribunaux de Corfou, où la justice et la chicane sont, comme le dit Golumelle, un trafic toléré , concessum latrocinium. L'occupation des marins se réduit au cabotage de la côte , à recueillir et à presser les olives , et à exploiter une fabrique de tabac à priser. Les propriétaires exportent leurs oranges ainsi que leurs limons , et vendent leurs cédrats par commission aux juifs de Salonique, qui les expédient en Allemagne et jusqu'en Pologne , aux sectateurs de la religion mosaïque, qui les emploient symboliquement dans leur cérémonie de la jête des tentes.
Telles sont les richesses, la population, l'importance de Parga; et des marchands pourraient à bon droit demander quel intérêt peut mériter cette peuplade. Les Français, toujours généraux, ne raisonnèrent pas ainsi lorsqu'ils furent chargés pour la seconde fois de veiller à sa conservation. Ce fut alors que les prétentions d'Ali pacha se réveillèrent avec plus d'énergie, et qu'il organisa de nouveau ses. plans et ses intrigues afin d'en obtenir la possession. Alors commença, pour le consul-général de France à Janina , la tâche difficile de défendre quatre mille chré-
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tiens contre les fureurs et les embûches du plus méchant des hommes. Il fallait du courage et de la per-. sëvérance pour maintenir Téquilibre entre des cœurs ulcérés et un satrape puissant vieilli dans l'habitude du crime. Soutenir des droits mal énoncés et contestés par un gouvernement méticuleux, surveiller des complots, combattre en négligeant sa propre sûreté, s'abandonner aux chances du destin pour rendre prospère celui des Parguinotes, braver les poignards et le poison , telle fut la condition de celui qui se trouva chargé de couvrir les Albanais de Parga du pavillon de la France, qui fut toujours Tégide des chrétiens. Cete lutte fatale existait depuis Tannée 1807 , lorsqu'au mois d'avril 1814^ Ali, informé des événements qui venaient de changer la face de TEurope, se crut en mesure d'accomplir ses projets contre Parga. Mais son audace fut châtiée par les avis du consul, qui, gardé à vue , put cependant prévenir le commandant français de ce qui se passait. Grâce à ses avis, soixante grenadiers repoussèrent les hordes mahométanes, en leur tuant cent onze hommes et quatre Bim^Bachîs ou ChUiarques; et les projets de l'injuste agresseur tournèrent à sa confusion. Combien de larmes de rage il versa à cette nouvelle, Parga ^ défendue par soixante soldats français j triomphe (i)! II sentait que cet évé-
(i) An mois d'aTril 181 5, Pargt fat attaqué par plus de dnq mille Albanais, commandés par les lientenants du Tisir Ali pacha, Muhardar et Orner bey Brioni. L'ordre portait qu'ils livreraient la Tille au pillage, et qu'ils passeraient au fil de l'épée