CHAPITRE XXXII. Soj
nement lui enlevait la proie qu*il convoitait pour as-» souvir sa vengeance. En effet le sort des armes avait résolu le problème des destinées de Parga. Son implacable ennemi venait d'être battu dans les rues mêmes de la basse ville, où ses troupes avaient pénétré au mépris des traités. Le sang français avait été répandu pour son salut. Un général , dont le nom sera long-temps cher aux Ioniens, venait d'augmenter ses moyens de défense : les dangers étaient passés ! . . . . Mais, ô honte ineffaçable et nécessaire à consigner pour flétrir, s*il est possible, la plus noire ingratitude! Malheureuse Parga, puisqu'il faut le dire, tu n'existes que par la commisération des puissances chrétiennes! Deux fois les armes de la France , et deux fois celles de la Russie, t'avaient préservée de la rage des tigres. Le sang de ceux qui venaient de se dévouer pour ta cause fumait encore sous tes bastions : tes envoyés, accueillis comme des enfants chéris par le lieutenant* général Donzelot, que les iles Ioniennes nomment encore leur père; comblés de ses bienfaits, chargés de vivres, de munitions et de secours en argent qu'ils avaient obtenus dans nos jours de détresse (i), te rap-
tous ceux des habitants qu'on ne jugerait pas à propos de garder pour en faire des esclaves. Sans déclaration de guerre, puisque la France et la Turquie étaient en paix , la ville fut aussitôt enrahie qu'attaquée. Le colonel Nicole, avec soixante hommes, repoussa, battit et mit en déroute les brigands, qui laissèrent les rues remplies de morts et de blessés.
(i) La garnison de Gorfou n'était pas soldée depau long-
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portaient, avec de nouveaux bienfaits, respërance de l'avenir et, la garantie d*une paix prochaine, car l'Europe touchait au moment de sa réconciliation !
Mais les ingrats (c étaient les archontes et non le peuple) n'avaient pas encore perdu de vue les donjons de Gorfou, ib quittaient à peine le général Donzelot, dont ils venaient d'arroser les mains de leurs larmes, qu'ils se rendent à la croisière anglaise pour la décider à s'emparer de Parga par trahison.
L'Anglais, débarqué au pied des rochers, s'avance à la faveur des ténèbres^ guidé par les archontes, à la voix desquels on ouvre la citadelle. Les soldats sont surpris dans leur poste, et le colonel ne se réveille qu'en sentant la pointe des bayonnettes appuyées sur son cœur. Les guerriers des deux nations rivales restent confondus, les uns d'un succès immérité , et les autres d'une surprise à laquelle ils ne pouvaient croire! Les jours des Français furent respectés, et on les renvoya libres à Gorfou! Mais une victoire ignominieuse ne pouvait être couronnée que par le crime de ceux qui l'avaient provoquée.
Fidèle et trop infortuné Véja (i) , tu mourus de la main d'un coupable que ta douceur et tes bontés
temps; les caisses étaient épuisées; on avait été obligé de recourir à un emprunt journalier pour le service courant , quand le général Donzelot eut la générosité d'accorder un secours pécuniaire aux ingrats et avides archontes de Parga.
(i) Véja fut assassiné par Th. D., auquel j'ai reproché en face son forfait, le a 5 juin x8i4«