PREFACE. VII
devais d'abord interroger les vivants, avant de consulter les historiens qui ont parlé des guerres et des conquêtes des Turcs. Parvenu aux temps du bas- empire, je trouvais les chroniques des Byzantins, qui s^offrent comme un pont jeté . entre ia barbarie et les siècles historiques. Enfin j'arrivais, au moyen des ouvrages des écrivains de l'antiquité , aux beaux siècles de la Grèce et aux temps héroïques des Pélasges, qui sont re« gardés comme ses premiers habitants.
Quoique le peuple soit presque partout incapable de témoigner, les traditions qu'il a conservées servent souvent k guider lobservateur dans ses recherches. A la &veur de cette chaîne, qui tient à la mythologie héroïqu^, je démêlai, en écoutant des contes pareils à ceux de Tenchanteur Merlin, les souvenirs des travaux d'Hercule, que les paysans attribuent à un géant de son espèce. Ailleurs le* diable, qui fit une chaussée en Angleterre pour chagriner saint Georges, s'est mêlé à des prodiges non moins étonnants. Ce fut lui qui pétrifia aux environs de l'Arta un berger et ses moutons qu'on y montre encore , comme on faisait voir dans le même endroit aux Grecs, du temps de Pyrrhus, le pasteur Cragaleus métamorphosé en rocher par lés enfants de Latone irrités de ce qu'il avait , à leur détriment, adjugé Ambracie à Hercule.
Comme les moines et les prêtres sont en pos-