CHAPITRE III. a
protection d'Orchan, avait, dans la suite des temps, isolé ses frontières des provinces de la dépendance de Venise, en cédant au grand seigneur les positions de Klèk au N. O. de son territoire , et celle de la pointe d'Ostro du côté de Cauro. Placée ainsi comme entre les bras d*une grande puissance, alors capable de la défendre, l'étendue de son domaine était de trente -cinq lieues environ de littoral du N. O. au S. E., sur une profondeur d'une lieue et d une lieue et demie, jusqu'à la limite de Tempire ottoman. Cette lisière avait été partagée en buit provinces.
Raguse, place forte, avec ses faubourgs, ses jardins et quelques plans d'oliviers^ composait la première de ces divisions. Ce boulevart de Tétat était défendu par une garnison de cent mercenaires mal vêtus et plus mal armés, commandés, par un cbef décoré du titre pompeux de général de terre , nommé par le roi de Naples. Il est probable que S. M. Sicilienne choisissait un pareil officier dans la classe des lazzaronisy car il n'avait pour solde que trente sous par jour, et pour palais qu'une vieille tourelle. Le général de terre, avec ses titres et ses marques distinctives, qui étaient un panache blanc en plumes de coq, ne paraissait guère en public que le jour de
ries. Mais arec oes améliorations, le peuple a-t-il gagne au nouvel ordre de choses? cest ce que le temps prouvera. La Turquie, qui pouvait engloutir Raguse, avait veillé à sa conservation, parce que les petiu états sont utiles au commerce en temps de guerre.
a4 VOTAGB BANS LA GRECS,
Saint-Biaise, dont on solennisait la fête en donnant le simulacre d une petite guenre , très-grayement décrite par Ferrich dans sa périgësie. La jalousie républicaine avait voulu, passé ce temps, que la force armée n'eût que des hallebardes, ou des fusils sans batterie, tant Tesprit de prudence et de paix étaient dominants dans Fhumble sénat ragusais. La population de cette province était (car je parle toujours de letat des choses sur le pied de i8o5) de quinze mille âmes , ci i5,ooo
La seconde province (i), appelée Canali, la plus étendue, la mieux cultivée, et, après Raguse, la plus riche en population, se prolongeait depuis la frontière de Gataro jusqu a Raguse vieille. Deux roitelets de Servie , Sandalius Hranich et Rasdola Paulovitch, avaient vendu à la république, en 14^7» ce territoire, qui renfermait dix mille habitants, ci lo^ooo
La troisième (a) était celle de Raguse vieille, berceau de la république, bâtie sur les ruines de lantique Epidaure, capitale de TEnchelie. Les paysans
(i) Sa longueur est de 8 lieues , sur 4 nulles de diamètre, jusqu'au territoire ottoman. Ses villages sont Pridyorié, 7 lieues de Raguse, point central; Dogna-Gôra, une lieue S. O.; Grudda, une lieue S.; Radocchici, un mille S. du précédent; Strayicia, % milles S. au-delà; Mirzinm, 8 milles E. du point central; Mionich, 4 nulles O.
(3) Etendue, a lieues, sur une de diamètre transversal. Cette province n*a que deux villages remarquables, Viglini, 3 milles O. de Ragusa-Vecchia; Miocichi, 3 milles S. O.