‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 24 sur 160 · CHAPITRE III. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. a

montrent aux environs une caverne spacieuse habitée par un dragon redoutable dont Saint Jér6me délivra le pays. Quoique le fait soit douteux, ils n'en font pas moins voir la peau de lamphibie, qui fut celle d*un crocodile du Nil, apportée d'Egypte par des marins ragusais, à-peù-près dans le temps où la prétendue relique de Saint Spiridion , fut transférée de Smyme à Gorfou. La population de cette enclave est

de deux mille âmes , ci 2,000

Breno, quatrième province de la république, serait, au dire de Ferrich, YEden des états de Raguse (i), si^ au lieu dl'une vallée pierreuse, on y trouvait de la verdure et des gazons. Cependant on y voit une rivière et quelques jolies maisons de campagne, sur-tout dans la partie appelée Sabreno. Des villages , placés autour des montagnes limitrophes du Czerna*Gora, le mont Saint-Serge , le village de Beau- Sang , des rochers , voilà ce qu'on trouve dans cette partie de l'Enchelie. Mais une vallée dont on ne peut trop vanter les sites sévères et pittoresques, c'est Ombla , que traverse FArion , le prince des fleuves souterrains , qu'on voit avec surprise sortir du mont Bergat, et qu'on ne cesse jamais de revoir avec étonnement et plaisir. Nous remontâmes en bateau ce

(i) Quinze milles d'étendue sur quatre milles de profondeur. Ses yillages sont Blatto, Conpari, Molini, Plat, Petraccia, Postragna et Bergat. Autour d'Ombla, on compte ceux de Scioumet, Mososciza, et Saint-Pierre. J aurai occasion, dans une autre partie de ce voyage, de faire connaître les chemins qui traversent cette contrée, pour pénétrer dans la Turquie.

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canal, capable, par sa profondeur, de recevoir des vaisseaux de ligne; jusquà la barre, sur laquelle sont situés des moulins vers lesquels on fait dériver une partie de ses eaux , à leur sortie de la base des rochers. J'étais occupé à examiner les sites, lorsque nous fûmes accostés par le meunier, qui nous salua en Français. Il nous apprit qu il était natif de Seselles en Bourgogne^ et quil se trouvait établi sur ces bords depuis trente ans. A len croii*e, on entend dans certaines saisons un bruit sourd dans le sein des montagnes, doit il s échappe des trombes capables de déraciner les arbres. Les habitants de THerzégovine assurent à leur tour, sans pouvoir le prouver, que TArion est la décharge du lac de Popovo. Nous revînmes de-là par un couvent de religieux , d*où je pus contempler une belle maison située de lautre côté du fleuve, qu'on nous dit appartenir au comte de Sorgo, au-dessus de laquelle passe laquéduc qui porte les eaux des montagnes à Raguse. La population de la province de Breno était alors évaluée à quatre mille habitants, ci 4)^00

Slano, dix-huit milles au nord de Raguse, était la cinquième province. Sa population est de six mille âmes , ci 6,000

La sixième province (i), celle de Stagno, est située sur le col de la presqu'île de Sabioncello. Son chef-lieu, jadis considérable, ainsi que ses villages

(i) Cinq lieues d'étendue sur deux de largeur; chef- lieu Stagno; une lieue N. O., Douba; une lieue O., Ponique; un mille au-delà, Hodiglié; 5 lieues, Giuliana.

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et le bourg de Giuliana) ne comptent plus quune population de cinq mille individus, ci 5,ooa

La septième (i), qui est celle de Janina, placée plus avant dans la presqu ile , possède également cinq mille habitants , ci S^ooo

Et la huitième (a), qui est Tarstenitza, trois mille, ci 3,000

Les îles dépendantes de la république formaient , au temps de son existence politique, quatre comtés, qui étaient :

Meleda (3), Tan tique Mélita , où Saint Paul aborda^ lorsqu'il était conduit à Rome pour comparaître devant la majesté de César, qui est éclipsée pour jamais de la face du monde, où régnera dans tous les siècles la parole divine de Tapôtre. Les savants montrent dans cette ile, les ruines dun palais construit, à ce

(i) Cinq lieues detendae, deux de diamètre; Janina, 10 milles O. de Stagno, sur le golfe de Narenta.

(î) Tarstenitza, à la pointe de la presqu'île de Sabioncello. Ses villages sont Yroutchizza, Orbitchi, vis-à-vis Corzola, Stanovich , Podrosaria. Les femmes de cette contrée passent pour très -belles.

(3) Meleda; son chef- lieu s'appelle Babino-Poillé. Dans l'intérîeur, il y a un lac environné de pins, an milieu duquel s'élève un rocher, sur lequel est bâtie une abbaye de bénédictins, sous Tinvocation de la Sainte- Vierge. Ses mouillages sont Saplonara, Caméra, Porto -Palazzo, dans lequel on pénètre par deux passes. La première , qui se présente à !*£. , a un îlot au milieu du chenal; la seconde N. O., est parsemée de récifs. Elles aboutissent à un canal de trois milles, a^^ant trois encablures de large, et depuis lo jusqu'à a 5 brasses de fond. On peut aussi mouiller entre Tile et la terre ferme par 3o, 40 et 45 brasses.

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qu'ils prétendent, par Agésilas^ que Sévère ayait banni de . Rome. Ils veulent même y reconnaiti*e la grotte de Calypso ; car que ne rètrouve*t-on pas avec de l'imagination et des yeux prévenus? L*air de cette île est doux , son séjour agréable, et malgré ces avantages, la population s élève à peine à onze cents habitants, ci i,ioa

Agosta, anciennement Augusta, écueil hérissé de montagnes, couvert d'oliviers, d'arbustes et de vignes, compte une population de douze cents insulaires, en grande partie adonnés à la pêche ei à la navigation,, ci 1,200

Giupana, lancienne Tauris de Pline, célèbre dans l'histoire par la bataille navale gagnée par Vatinius , partisan de César, contre Octave, lieutenant de Pompée, suivant ce que rapporte Hirtius Pansa » dans sa continuation des Commentaires de Jules- César, renferme les villages de Saint-Luc et de Saint- Georges, habités par huit cents paysans adonnés à la culture des oliviers , ci 800

Enfin les Elaphytes, qui sont les iles de Lopud (isola di Mezzo), Calamota et Giupana comptent à peine huit cents individus, ci 800

Il résulte de ces faits, sur lesquels les gouvernements, qui ont possédé ou qui régissent maintenant cette république, ont des données plus exactes, que l'état ragusais possédait en i8o5 une population évaluée à cinquante - trois mille neuf cents individus répartis dans douze provinces ou comtés. Mais quelle est la statistique de ce pays, sous le rapport de son commerce, de son industrie et de ses

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productions, depuis le nourel ordre de choses auqiiel il est soumis ? je Tignore. A quel degré de prospérité peut-il prétendre ? c'est au gouvernement autrichien à résoudre ce problême. La douceur des Ragusais, les lumières des classes jadis privilégiées, la bonté de ce peuple en général, son excellent na« turel , Ine porteront dans tous les temps à faire des ▼œux pour son bonheur, qui doit maintenant égaler en durée celui des peuples soumis à lautorité pater^ nelle de la pieuse dynastie des Césars d'Autriche.

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