‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 29 sur 160 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Description de port Panorme, maintenant ap^ pelé Porto ^Palermo. Départ pour Janina. Village et rivière de Fpari, Vallon de Borchi. Halte à un khan tenu par des Chimariotes, Gorges de Paron^ de Vari et de Pikerni, Position de Loucovo et d'Oudessovo, Palanque et village de Saint -Vasili (Saint- Basile). Nivitza-Bouba, Indication des ruines de Palœa-Avli. Arrivée à Delvino. Avertissement.

Dans Tordre de ses descriptions, Ptolémée place le port Panorme à rextrémité méridionale de TAcrocéraune (i). Strabon, en donnant plus d'étendue aux monts Cérauniens^ indique son gisement au milieu de leur chaîne; et ces deux géographes, tout en différant dans la dimension des limites, peuvent avoir raison d'après leurs principes particuliers. L'Acrocé* raune, qui commence au cap de la Linguetta, paraît comme coupé par renfoncement du port Palerme i dans les terres, et il termine l'enclave de la Chimère , qui peut avoir formé de temps immémorial un des cantons de la Chaonie y dans laquelle il était compris.

(i) Ptolemanis, £urop. X. t^b.

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Il est donc possible que Ptolémée, d après la connaissance d*une démarcation topographique , ait placé le port en question , à lextrémité de TAcrocéraune du côté de Gorcyre, comme s il eût dit qu'il terminait au midi, le territoire des Chimariotes. Voilà, ce me semble, comment on peut se rendre compte de la pensée de ce géographe. Mais quand on a vu les lieux, lorsqu'on sait que le prolongement de la chaîne littorale de TAcrocéraune vient expirer auprès de Buthrotum et à Tembouchure du faux Simois, on est convaincu que Strabon dit à plus juste titre : Que ce grand port se trow^e au milieu des monts Cérauniens (i).

Dès que le jour parut , je quittai la tour dans laquelle nous avions passé la nuit, afin de m*orienter et de reconnaître la partie silencieuse et sauvage de la Ghaonie, où nous avions pris terre. L'entrée du port Palerme, dont Fair de vent peut se déterminer par une ligne moyenne d'occident en orient, tirée à ^ale distance de Fano et de Merlère, s'ouvre entre des rochers à demi-usés par le mouvement des vagues de la mer. Le goulet, qui est d'un quart de mille environ, serait susceptible d'être protégé par des batteries, dirigées vers la mer et sur la passe; mais rien de pareil n'existe, et l'attention s'est portée sur un point qui est de seconde ligne. Pour me faire entendre, il faut savoir que port Palerme, dans une périphérie de cinq milles, en y comprenant les sî-

(i) nàvcpf&oç ri Xi|i.i^v (t^yac ^v p.{90iç toI; Kcpauvtotç ^ptat*

SrHiUi., lih. Vn, p. ^s4»

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nuoôités et les accidents da littoral, présente trois mouillages distincts, flanques de montagnes élevées et inaccessibles dans quelques endroits; capables, dans leur déyeloppement, d abriter une flotte considërable.

Le premier, et le plus considérable de ces mouil* lages, se présente aussitôt qu'on a franchi la passe, en portant le cap à lest. Je pus estimer, à vue des pays, car il ne m'était pas possible de prendre de mesures exactes, sa circonférence k un peu plus de quatre milles. Quant à la profondeur de ses eaux, je ib*assurai quelle Tarie pour lancrage, depuis vingtdeux jusqu'à six brasses , et qu on tombe jusque par quatre-vingts au-dessous de la forteresse , où nous ^ons logés. I^e littoral dans cette étendue est inhabité, dans le nord^ on aperçoit quelques champs ^cultivés, et le large torrent mentionné par Niger (i), que Castaldus a improprement qualiflé de fleuve, auprès duquel il place une ville appelée ToponzOy dont le nom est aussi inconnu aux Chimariotes, que le «ouvenir de son existence. Je relève cette erreur, afin qu elle ne soit pas répétée par les hydrographes^ destinés à prendre Tinitiative dans la confection des cartes, par la iacilité que les navigateurs ont de pouvoir relever les longitudes des côtes et leurs gise-

(i) De eo porta Niger ait : In eum torrentem € montibus descen» dere, sed Maginus ponit Panormo, inferiiu prope ChinuBram, et Castaldî tabula fluTium ponit prope oppidum Toponzo dictain, ad cujoa os scriptum tst^ porto Panormo,

Pauiba., Crwc, Jntiq,f lib. II, c. 9, p. s43»

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