CHAPITRE X
nards qui eut lieu sur le iac. Nous pûmes, les jours sui* vants, Tisicer le château de Peraolay les monastères de rîle, les ruines cyclopéeunes, qui se trouvent à Gardild et à Castriiza. Malgré ces délassements ^ environnés des voiles du mystère , nous en vînmes au point de nous ennuyer; qir sans la liberté, le plus beau palais nest quune prison. M. Beasières, qui voyait stéeouler le temps, sans que le Tartare expédié è Gonstantinople n^arût, voulait reprendre la route de France , et ce ne fut pas sans peine qu'il en obtint la permission. On Fabusa mêma encore pendant plusieurs jours , avant de résoudre quil traver* serait la Romélie^ et qu'il passerait par Boularest, pour se rendre de là à Vienne.
Les ehoses étant enfin déterminées, Tescorte dési* goéûf lesbeîourdis ex^pédiés (i), le 3»ars après midi, un mois depuis notre débarquement ,dans TAcrocéraune, nous traversâmes le inc en bateau» pour noua rendre an tnonasfeère'de Dourakhaa^ où nous passàtuief la nuit. Le 4 ftu joalin, je me séparai 4e mon ami avec un aerrement de cœur bien pénible. Je me ▼oyais comme abandonné sur une terre barbare, car alors très-|ieu d'Européens avaient «ncove vbité Ja« nina; je me trouvais presque à la -merci d'un bomme dont, malgré les caresses apparenteis, nous avions, déjà eu lieu de nous plaindre! Le.dirai-je? la pby-sionomie du paya et des gens que j'avais entrevus., m'épouvantait, et j'étais rempli de préventions £3b» cheuses. Mais le pas était fait; la nécessité comman*
(i) Boiourdi, ordre, conunanâcmenC
g2 VOTAGB DANS LA. GRECE,
dait la plus entière résignation. Ma compensation , dans ce moment où Ton venait de m assigner un logement en ville, était le recouvrement de la liberté,' dont j'étais privé au fond du sérail, où Tespionage était entré avec nous;
feus bientôt d'autres motifs de satisfaction, car le 6 mars à minuit, le courrier expédié à Constanti* nople apporta le diplôme du grand • seigneur, qui m'accordait Tinvestiture du consulat - général de France à Janina. Le lendemain, les primats tares et grecs furent convoqués au Mekemé pour entendre la lecture de mon exaequatur , qui fut inscrit dans sateneur aux archives du cadi. •
Après cette cérémonie et les dons d'usage, qu^on ne manque jamais de demander aux consuls, je partis le lendemain pour TArta, afin dy faire également homologuer mon diplôme, et de porter des secours au corsaire qui nous avait débarqués à port Palerme, et que des forces ennemies avaient obligé de se réfugier dans TArachtus. Je connaissais sa détresse, et je te trouvai mouillé à la distance de vingt-un milles de la mer, à Iman Ttchiaoux, tchiftlik du visir Ali pacha» Enfin le 19 mars, au retour de ce voyage^ je parvins à m'établir à Janina , où j ai passé les dix années les plus belles de ma vie, au milieu de vicissitudes et de dangers difficiles à croire pour tous autres que ceux qui ont eu le malheur de connaître Ali pacha et de vivre dans le pays soumis à son autorité.
Je. préviens donc que je parlerai désormais tré»peu de ce qui m est particulier; et je ne serais pas même entré dans ces détaib, si je ne les avais qru^
Plan du Hiéroù 4e Do doue
et
de TEncemte Sacrée
des Selles .
Fur Je la /fampe donl la lon^uetir e^t Je lo Jfèire^.
Echelle^ du- Pla/i .
, ir\^r^ fa
F.P.JlitAtlJem^it.
<I|IA.PITRB XI. 93
essentiellement liés à mon sujet, et convenables à exposer, avant de faire connaître le résultat des travaux qui sont Tobjet de ce voyage. Qu'il me soit maintenant permis de commencer par la description du bassin de Janina^ où j'ai conduit le lecteur, et auquel je rattacherai toutes les topographies qui appartiennent a l'Epire.