‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 44 sur 160 · TOTAGE BANS LA GRECE · texte numérisé non relu

TOTAGE BANS LA GRECE

auprès de ce temple, qui, dans son origine, comme ceux d'Actium,de Delphes et d'OIjmpie^n était quune enceinte sacrée ou hieron à ciel ouvert, environnée d*une forêt de chênes prophétiques, au sein de laquelle, comme de tous les autres sanctuaires connus, s éleva une ville, des temples , et se réunirent les familles des hommes, à mesure quils se civilisèrent. Enfin le temple de Jupiter Pelasge était bâti, suivant les auteurs anciens , sur le Tomoros , dans un canton particulier , qu^Hésiode appelle Hellopie ËX^oxia, ou pays des lacs. Le Scholiaste de Sophocle, imbu de cette tradition, parle de cette contrée comme <i d*une terre abondante en moissons et « en pâturages, riche en brebis et en bœufs aux pieds « recourbés, habitée par des hommes nombreux, pos- «sesseurs de grands troupeaux, où Dodone, chère à « Jupiter, qui 7 a fixé son oracle, s^élève dans un lieu ^ isolé (i). » Tel est le résumé de ce que les paléographes nous ont transmis sur une ville qui précéda toutes celles des Hellènes, dont les Pelasges furent les précurseurs dans TEpire.

qui présides à Dodone, où récent les froids hivers, autour de ton autel habitent les Selles, tes interprètes, qui jamais ne lavent leurs pieds, et couchent sur la terre. »

Ainsi parle Achille le Thessalien , Iliade, \\y, XVI, t. a.3 3 et suiv.

'ffO».ct, àffêlpiaioi, ^ÛXa OvYtTcâv ÂvOpcôrwv. i.'i^é^i Ao>^(«vv] Tiç CTf' tcr^âTi-îj irtiro^ica». Txv ^fi Zeù; i^iXniti , xal ôv xf^^'^P*^^ fiivai. Strabon cite ce» mêmes vers, lib, VII, p. 3 a 8.

CflAPITHÈ %ï. 97

Je connaissais ces traditions de la mythologie et d« lliistoire, et j'avais déjà visité dans plusieurs voyages les dififiérentes parties de TEpire) lorsque je me crus à portée^ par mes observations, de pouvoir résoudre une question aussi nouvelle qu'importante en géographie^ celle de remplacement dç Dodone (i). Au pre* niier coup-d'œil , j'avais jugé que le bassin de Janina devait être lantique Hellopie,ei la grande ruine cyclopéenne de Gardiki, placée entre «es deux lacs, rhiéron de Jupiter Dodonéen^ autour duquel les Selles avaient fondé une ville murée, dont les bas* lions et les remparts, construits en pierres brutes jointes sans ciment, existent encore de nos jours. Mais d'autres cantons de TÉpire réclamaient l'honneur d avoir possédé Dodone. Au dire des savants de Ja* nina, la vallée de Drynopolis, dont Argyro-Castron est le chef-lieu, était la terre d'élection de Jupiter, dont l'oracle se composait de chênes, qui rendaient ides sons prophétiques. L'étymologie semblait favo<> riser leur opinion d'une manière' d'autant plus probable, que révéque grec de cette éparchie prend pour titre celui de Drynopoleos , qui signifie la "vilU des chênes. Dans cette hypothèse, le mont Mertchika, qui s'élève à l'orient de la vallée, aurait été le Tomoros; ses glaciers, qui forment d'innombrables ruisseaux jusqu'à Paliea Piscopi (2), les sources dont

(i) Ce travail fut terminé au mois cle décembre 181 1» après jttz ans de recherches dans l*Épire.

(i) Foyez cbap. VUI de ce voyage.

gi YOTAGB DANS LA GRBCE,

parle Pline (i). Mais après aToir inutilement cherché des ruines cjclopéennes sur les chaînes enTÎronnantes d*Argyro-Castron et dans sa Yallëe, et noe rappelant qu elle renfermait autrefois une Tille nommée Hadrianopolis, voisine du pays des Atintanes, je pus conclure qu elle en avait pris le nom , dont les Grecs auront successivement £ût Drianopolis et Drynppolis , qoe les évéques ont ensuite adopté pour sen qualifier, sans rechercher son origine. N^est-il pas probable d ailleurs, que si le mont Mertchika eût été le Tomoros, les anciens, qui ont connu TAoùs et le Célydnus, dont le cours l'environne sur trois de ses côtés, n auraient pas manqué dlndiquer une position âusû remarquable? Enfin je ne trouvai nulle part les lacs qui firent donner le nom de Hellopie à la vallée de Dodone, ni ses gras pâturages, ni rien en un mol de ce qui la caractérise spécialement. Ainsi ^ la vallée sans parcours de Drynopolis, n*est pas cell» de Dodone. Son territoire appartient à la Chaonie , qui ne fut jamais confondue avec la Molosside, et on verra, par les chroniques de VE^Mre, dont k hasard ma procuré la connaissance, que le Mertchika , au lieu d'être le Tomoros , a été successivement appelé mont de Saturne, mont Chaon et Lampovo (a), il fisillait donc chercher ailleurs Do done, la Heltopie et le Tomoros.

Je connaissais près de Bérat, dans la moyenne

(i) Tomftnis centum fontibus nobilîs Theopompo cdtbratos,

Puir. , lib. IV.

(a) F^çjrt:i chap. XXV de ce yoyage.

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