‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 50 sur 160 · CHAPITRE XI. mS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. mS

pastoral, pour soflragants , Vêlas, Drynopolis, Bu« throtum et Chimarra (i). Les rois de Servie, comme on la TU, j fixèrent le siège de leur grande satrapie de la Grèce ou Hellade, puisque Etienne conféra le titre même de César à Prolampos, auquel il avait donné ce gouvernement. Sa population devait être nombreuse, puisqu'on la voit armer contre le sanguinaire Thomas. Elle était florissante après sa soumission au sultan Mourad, contre lequel ses habitants osèrent se révolter , action dont ils furent cruellement punis , sans perdre les libertés accordées par leur capitulation. Enfin Spon, qui voyageait en 1666, en fait mention, par oui dire, comme d^une ville riche et marchande. Elle fut en effet opulente et puissante jusqu en 17 16, temps où ses habitans furent soumis au caratch pour la première fois et à lautorite d'un pacha à deux queues^ dépendant du visir de

porte à Tannée 673, au nombre des métrolopes, Joannina, qui avant ce temps, était un éyéché snffragant de Naupacte.

Baxdum, t. 1% lib. VIII, p. s33.

La même église se vante d'avoir donné le quatorzième pa« triarche de Gonstantinople , depuis la prise de cette ville par les Turcs, dans la personne de Theoleptus, qui vécut huit ans et mourut sous le règne de Soliman. Ibid,

(i) Les titres de l'archevêque de Janina et ses suffragants sont : rares.

A. H. iMavviVttv Ki^xupMv xat iraoDç Kipx6p«<. Ses Suffmgants.

E. B^oc.

£. BguO^ovtou xal rXuxioç.

£. Xiip.0^^ac nuà At).^v6v.

1^6 YOTAGB DAHS I.A GABG£,

Tricala en Thessalie. Cet éyènement , n'eut pas sur rindustrie un effet aussi funeste que celui du gou* Yernenient d*Ali pacha , qui n a donné à la ville qu'un i ëclat trompeur par ses propres richesses. Cependant ^ on compte encore maintenant dans Janina trois mille deux cents maisons. Dans ce nombre, deux mille sont habitées ; par trois mille quatre cent vingt familles chrétiennes , dont le régime spirituel est confié a cinquante deux papas , formant un égal nombre d'éphimeries, qu'ils achètent de l'archevêque. Mille autres maisons sont la propriété des Turcs, qui ont un nombreux domestique, et les autres sont occupées par douze cents Juife, formant deux synagogues. On peut, diaprés cette base, calculer que le nbmbre des bourgeois est de dix-sept mille cent chrétiens , de cinq mille mahométans et de douze cents hébreux, formant un total de vingt -trois mille trois cents individus. Telle est la population domiciliée; mais si Ion ajoute à ce nombre les Albanais , composant la garnison de la ville, les gens attachés aux maisons du visir et de s^% fils , les otages de tous les cantons, les clients, les troupes mercenaires, le concours des étrangers, on peut raisonnablement dire è qu'il j a constamment à Janina trente-cinq mille in-^ dividus résidants ou de passage. Aussi , malgré le dépérissement des grandes fortunes, les petits marchands, qui yivent atec les étrangers, agrandissent-ils la ville , que le visir embellit par de grandes constructions.

L étendue de Janina occupe dans son développement deux milles de longueur, mesurés depuis la porte d*

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Calo Tchesidë au midi, jusqu'à VégMse de Saint-Nicolas sur la route de Berat, sur une profondeur moyenne de quatre cent cinquante à sept cents toises. L'enceinte ^ environnée jadis dun fossé et dun épaulement, qui enveloppait les coteaux, renferme, indépendamment des maisons , des champs , des vignobles , des carrières , et présente un système de défense aussi ridicule que mal calculé. Au reste, ce monument de la terreur que trois cents français, postés en 1798 à Prevesa, inspirèrent à Ali pacha, est presque entièrement détruit; il ne sert pas même à présent à réprimer les contrebandiers qui le passent pour éviter de payer les droits de douanes et les redevances^ que les préposés du fisc exigent sur les denrées, les personnes et les marchandises.

Aux deux tiers supérieurs du lac , en face du sérail et de la mosquée de Calo pacha , plus près du mont Mitchikeli que de la ville, s*élève une ile hérissée d'inégalités, au nord de laquelle on voit un village grec de quatre-vingt feux, habité par des pécheurs et des bateliers. Dans ses sinuosités et sur ses sommets^ on compte sept chapelles décorées du nom de monastères, dont la plus remarquable est celle de Sotiras qui est transformée en prison d'état , et sert souvent de lieu pour les exécutions secrètes de ceux que la tyrannie a intérêt de faire disparaître sans éclat. Dans la partie méridionale de cet écueil qui présente des flancs acores du côté du Pinde , on trouve quelques champs cultivés et un peu de verdure. C'est vers la partie habitée , que les habitants de Janina , dans les beaux jours de l'été, viennent se divers

rsS VOTAGX BANS LA «aicB,

tir et «^enivrer. Les pêcheurs leur prêtent leurs maisons , et savent parfaitement préparer le poisson et les écrevisses, qui sont le régal accoutuvié de ces sortes de réunions, dont la musique, la gaieté et la folie font encore le charme , malgré la surveillance du despotisme.

La rive opposée du Mitchikeli est abrupte , et c est en la prolongeant en bateau pendant une lieue au midi 9 qu'on arrive au monastère de Dourakhan , célèbre par une image miraculeuse et par un panegyri qui s*y rassemble chaqii^e année ^ le jour de la nativité de la vierge. Une grève étroite permet de se rendre de là par terre au caravansérail d'Ârdamista dont j*ai parlé , qui est une échelle de cabotage pour le transport des bois de chauffage , qu on tire du canton de Zagori. Du village de Tile ^ si on vogue au nord-est pendant cinq cents toises, on aborde à une des principales sources du lac appelée Dobravoda ou Krionero (x). Ce ruisseau sort de la base du mont Mitchikeli par une ouverture , dans laquelle les poissons se réfugient à rapproche des barques. Les habitants , grands amateurs d^eau fraîche , manquent rarement de s y désalr térer et d'y plonger leurs fruits pour les glacer. A-peuprès à cent-cinquante toises au nord, quand on a pris terre y on passe devant un khan et on arrive au

(i) Toutes les sources du lac de Janina portent des noms sclaves et grecs, ce qui prouve, à l'appui de l'histoire, que les Senrîens ont long-temps habité le pays. Dobra ioda, dans leur langue, signifie hontiê 9au; et en grec, krionero, «a« fraîche, est VKk s^OAyme.

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