‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 52 sur 160 · CHAPITRE XI. l3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. l3l

qui semblait se complaire à la rendre heureuse, avait deux fois récompensé sa fécondité, loi*sq[iie son époux dut la quitter pour passer à Venise, en lafrssant à ses soins les gages de leur cotnlnun amour. Funeste séparation! Phrosine était tit>p belle pour être ignorée. Mouctar fils aine du ^trape la connaissait, et dam labsence de son mari, il résolut la conquête , ou plutôt la perte de sa vibtiittie , quil n obtint que ^ar les menaces et la violence. L'épotrse , d*abord effrayée , oublia bientôt ses devoirs , et ne tarda pas à s'enorgueillir â*avoir mis un pacha dans ses fers. Ne craignant point de rivales^ elle disposait seule d'un crédit qui flattait sa vanité ; et Mouctar heureux n'en était chaque jour que pltis soumis et plus passionné. Mais il dut s'éloigner, pour marcher contre utt rebellie, qui troublait alors la Romélie. La jalousie de ses femmtes négligées Ue manqua pas de iraiàir l'occasion de son absence, pour représenter au vîsir les toïts et les dédains de ôon fils, t[ui n'avait plus de ménagements pour elle^s. Les pleurs furent; mis ^ta usage, elles parlèrent â sa cupidité, en lui disant que les richesses de ïeUr époux étaietit au pouvoir de Phrosine. Cette considération décida du sort d'une femme, également perdue en résistant, où en se rendant à son amant; car qui l'aurait protégée coUtk-e ses poursuites P Son destin était donc dans Tordre de ces Ëitalités qu^on tie peut tbir tii cou jurer.

et elle est ensuite suspendue dans la maison, où l'on a soin de la conserver entre les images des saints. En cas de divorce, on se rend mutuellement , ou bien on brûle ces couronnes.

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Phrosine informée de ce quon tramait contre eHe^ ne pouvait que gémir, espérer, et attendre; car qiiel homme eût osé porter la parole en sa faveur? Quel homme aussi n aurait pas craint de lever la^ main contre elle? Car c était sexposer au ressentiment de Mot&ctar. Le juge impitoyable , altéré de sang et d or, qui avait résolu sa perte , pouvait seul l'arrêter ; car il n'avait rien à craindre de la colère de son fik. Il vint donc entouré de ses gardes au milieu de la nuit forcer les portes de la demeure d'une créature sans défense. Phrosine, qui reconnaît la voix et Ali pacha luimême, rassemble ses bijoux , et les dépose à ses pieds. Elle le conjure par ses entrailles paternelles, par ce fils quelle a trop aimé, et dont lamour fit son malheur , d'épargner une mère , jusqu'alors irréprochable. Mais ses larmes , ses prières ne peuvent fléchir celui qui a résolu sa perte ; de hideux Albanais la chargent de chaînes, et l'entraînent vers le sérail!

La vengeance semblait ne devoir frapper qu'une tête dévouée à la mort par la jalousie et la cupidité. Mais Ali pacha feignant de déférer aux remontrances des femmes de ses fils , moins qu'à la voix de quelques hommes sévères , fit arrêter au même instant quinze dames des maisons les plus recommandables de la ville. Un Valaque lui livra sa femme enceinte de huit mois, et Phrosine à la tête de seize martyrs parut devant le tribunal du satrape, pour entendre de sa bouche Tarrét qui la condamna à mort, ainsi que ses compagnes.

Après cette sentence, qui offrit les scènes les plus déchirantes du désespoir et de la douleur, AU fit

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plonger ses victimes dans un cachot, où elles passèrent trois jours entiers dans les sueurs et les angoisses de l'agonie. Il attendait, à ce quon a prétendu depuis, que quelqu'un demandât leur grâce!... Lorsque pendant la troisième nuit la prison s'ouvrit avec fracas , des Albanais saisirent dix-sept mères de familles, qu'ils précipitèrent dans le lac, où elles reçurent avec la mort, la palme du martyre. Phrosine expira de frayeur en marchant au supplice! Dieu rappela comme spontanément à lui, cette âme tendre quil avait formée , et les flots du lac en rejetant les cadavres des autres victimes, publièrent le crime et la honte ineffaçable de leur bourreau. Phrosine reçut la sépulture dans la Terre -Sainte du couvent des Anargyres, où Ton montre encore son tombeau couvert d'iris blancs, abrité par un olivier sauvage. Toutes les églises se disputèrent Thonneur de recueillir les restes inanimés de ses compagnes, et de leur rendre les devoirs de la sépulture; action que le tyran feignit d'ignorer, tant son autorité toute redoutée qu elle était dès ce temps, se trouva compromise par cet excès de cruauté. Si Ion sort de Janina , à cette extrémité malheureuse» ment célèbre du lac , par la porte de Saint-Nicolas, en marchant en plaine entre un coteau labouré, et une belle prairie prolongée par le marais dont la largeur moyenne est d'un demi mille , au bout de trois quarts de lieue, on trouve le caravansérail appelé Khanopoulo , et cent cinquante toises sur la droite , l'église de Saint- Jean Palseo-Lavrite (i ), ainsi que les cabanes de Besdou-

(i) Saint Jean Pal«o Lavrîte, confesseur martyr, natif de Ja-^

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nopoulo. De Vautre côté du marais, on aperçoit dan& Tordre et à la distance pu ils soat indiqués sur la carte^ Suongia, le nfionastère de Saipt-Je^p Ljcotrichi, ei; le villfige d^ Yragnjifi., situés aif. pij^d du moat IMUt-cbikèli, environnés de quelques champs et de vignobles qui ornent cette partie opposée du vallon. EnfLéchissant un peu au nord - nord -ouest, au I^ut d^un quart de lieue , on arrive à Besdouno , village au-dessous du* quel est pratiquée une rouiie , qui mièif e. dfms. la seconde partie de la vallée. En prenant, cette direction pendant cent cinquante toisas ^ si oa, toui!ne au.nordr ouest l'espace dun quart delfeue, on arrive en montant un coteau cultivé , aut n^onastèriQ du SaintrEsprit que les Grecs surnonunent Iqones ou les Images. Son enceinte plantée de cerisiers, renferme une lai'ge tombe en pierre portant, en caractères. grecs, lepitaphe peu intéressante d'un honune obscur appelé Néarque. Delà en continuant de s^élever le long des bords d!un torrent, on arrive au plein sommet de la partie mérii{ionale de la montagne de Gardiki., qui. est entièrement qouronnéq par une enceinte pélasgique ou çj^clopéenne , sur laquelle je vais, exposer, mes conjecture^.

Le lecteur qui examinera le plan. géométrique et le dessin d'un pan des murailles, de Qardiki^ verra dans les détails et dans lençemble de cettc^ rufo^, qne acropole; de la plus haute antiquité. Ses rempar,ts, ses tours, ou contreforts, car leur massif- plein indique

xiina, a été canonisé par le patriarche depuis le schisme, temps où chaque église a cessé de reconnaitre les apothéoses de 1 autre. La fête de ce saint a Heu le tj avril.

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