IJO VOYAGE DANS LA 6RECK
la chaîne des monts Lazaris et du Panesti au tford , du canton dé Conitza'. Les sommets culminants du Pînde forment sa froiitière avec la Macédoine. EnSn le cours de Tlnachus oU rivière de FArta , borne au midi son territoire, en traversant le cantofi de Malacassi, dans lequel nous rétrouverons la Dolopie, qui est maintenant habitée par les Mtegalovlachites ou grands Valaquetf.
Lés derniers rayoïis du soleil éclairaient encore les âancs âpres du Mitchikéli, lorsque nous atteignîmes la fontaine de Skiopoto située dans la haute région de cette montagne. Mes guider mii^ firent remarquer Tauge en pierre lisse dans laquelle sot^t reçues lés eaux de cette source, dont ils me parlèrent comme June merveille. Pour moi je n'y vis rien de particulier, qu« sa fraîcheur et le plaisir que nous éprouvâmes à nous y désaltérer. L air était calme , le soleil descendait vers l'horizon , et les vallées prenaient une teinte obscure, lorsque nous terminâmes notre journée d'exploration à Dbvra , village éloigné de quatre lieues nord-nord-est de Janina.
Le printemps ne faisait encore que de s'annoncer dans cette partie du Pinde, les cormiers commençaient à peine à montrer leurs feuilles, tandis que les moissons couvertes d'épis jaunissants , couvraient les aspects méridionaux de la Hellopie. Nous venions donc de changer subitement de climat et de température. Le village dans lequel nous étions entrés par un défilé étroit, m'étonna par sa disposition. C'était le premier que je voyais bâti à la circonférence intérieure d'un cfatère enveloppé par quatre sommets, qui n'ont pas
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de noms particuliers. Les habitants, cpii reYenaient des travaux des champs, me firent remarquer au centre de leurs habitations, un puits revêtu en maçonnerie ancienne, et ils me vendirent plusieurs médailles, parmi lesquelles j^en remarquai une portant un foudre dans une couronne de chêne avec Tins* cription MOA022ÛN , et ayant au revers une pomme de pin. C euit la première preuve écrite de l'existence ancienne des Molosses sur cette terre. Un Grec, qui m'indiqua une ruine peu éloignée, me donna en même temps lespérance de pouvoir faire quelques autres décçuvertes.
Comme il était tard, je pris le parti de rentrer au logement. J'y trouvai mes gens qui faisaient rôtir un mouton entier à la broche. Leurs chants, et une outre de vin qu'ils avaient achetée , présageaient le plaisir qu*ils se promettaient. Pour moi je prenais des renseignements et leur résultat fut, que je ne devais pas, malgré les médailles quon m'avait vendues, me flatter trop de faire des découvertes importante^, dans un pays dont les anciens habitants vécurent comme les Zagorites, divisés par bourgades.
Cependant dès que le jour parut, je me rendis au vieux chAteau de Dovra » dans lequel je reconnus une eonstruction cyclopéenne ( i$pu|i.a icéXaoyixàv ) pareille à celles de la vallée de Janina. Mais quel était le nom de la ville Perrhébienpe que je retrouvab? Était-ce Tegmon mentionnée par Tive-Live ? Je n'oselaffirmer : quant à son nom moderne , il est évidemment tiré du Sclave. Comme je n'avais ni le temps, ni les moyens de pratiquer des fouilles qui n auraient pu me pro-
xè^ T0TÀ6E DANS LA* GiIeCE,
curer que des médailles, car je n'ai jamais trouT^ d'hiscriptions dans les constructions péla^giques , je rejoignis mes guides , et ûous montâmes aussitôt à cheval.
Nous ëtiohs entrés dans le cratère de Dovra par une espèce d embrasure pratiquée entre les rochers, et nous en sortîmes par une ouveil^ture large de soixante pieds environ , qui s'agrandit à Test vers la Perrhébie.' J'aperçus aussitôt à droite un valloù hérissé de monticules de forme ronde ^ disséminés sans ordre comme les dunes de sable du désert, et de tous côtés urï ter«» rain saccadé d^ùn aspect peu gracieux. Nous avions alors , une demi-lieue au midi , Boulsou village grec de soixante-dix feux y et quatre cents toises à Forient, les sources d^une rivière, qtii coAfltie au pont de Dipotami , avec Tlnachus (i). En poursuivamt notre route 9 Torient pendant une demi-lieue, j'aperçus à deux milles sur la gauche , Clonbochari séjour prospère dé cent familles chrétiennes adonnées à l'agriculture, et à deux cents toises de ce rayon ^ j'arrivai auprès d*uh grand puits qui fournit Teau nécessaire aux habitants de Soudena-Apano. Ce dernier bourg composé de cent quatre-vingts feux, me restait à un mille, est-nord-est , dans les escarpements du mont Palseo-Yonni , entre le monastère d'EvangeKslra desservi par dix Caloyers, et celui d'Agia-Paraskevi habité par cinq religieux , dont la vie est partagée entre le travail et la prière.
Le mont Palœo-Youni qui forme la seconde chaîne du Finde, se dessine depuis Apano-Soudena en s enfonçant à l'orient, d'où il se redresse au sud-sud-ouest
(i) yajTêt c. XLn de ce voyage.