‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 58 sur 160 · CHAPITRE irr. i · texte numérisé non relu

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par son autre extrémité , en formant un arc de cercle d'un rayon de cinq lieues. Sur cette ligne , je relevai deux lieues à Fest-sud-est de Dovra , le bourg opulent' de Yeitza fort de deux cent trante maisons , qui est divisé en trois machalès ou quartiers. A lorient et en arrière, j'admirai la chaîne Pindique qui présente des flancs escarpés , taillés en forme de créneaux , qu'on toit de loin comme une file de donjons et de tours chargés de frimas et de neiges. Deux milles à l'ouest de ce bourg, je recoimus la position de Baïa village dé cent maisons , traversé par un ruisseau tributaire de la branche septentrionale de llnachus, que je viens d'indiquer. Ses environs flanqués de coteaux fertiles sont couverts de vignobles et d arbres fruitiers , qui fournissent au marché de Janina des cerises , long-temps après qu'on a épuisé celles deTAmphilochie, et une quantité considérable mais peu variée de pommes douces, quon récolte sur des plants non greffés. Enfin, deux milles au sud-est après avoir doublé les sinuosités de plusieurs contreforts boisés et cultivés, je découvris Coucouli village de cent cinquante feux , et à une lieue au midi, Gapessovo. Telles sont les principales bourgades situées dans la vallée du Zagori^ comprise entre les rivières qui coulent au midi, et la seconde croupe du Pinde, dont la direction , parallèle à la chaîne du mont Mitchikéli j forme son dernier étage du côté de TËpire.

La seconde partie du Zagori située le long de la

.rive droite de la branche perrhébiqne de Tlnachus,

et au versant oriental du mont Mitchikéli , dans une

étendue de six lieues, compte onw bourgs eu villages,

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dont les plus remarquables sont Liaskovo et Calota, Le premier est l'école et la pépiniève d'où sortent lea empiriques connus sous le nom de Calcîatn, o^ bons médecins , qu'on trouve concurremment avec les docteurs Céphaloniotes, répandus dans toute la Turquie. Ceux-ci font quelquefois des études dans les écoles les plus célèbres de TEurope % tandis que les Zagorites ne s^instruisent que par des tradiLlions. Les pères transmettent à leurs enfants, ou bien à des élèves qui s'attachent à eux comme domesûqueS) la pratique de certaines opérations chirurgicales, dont ils s^acquittent sans connaître Tanatomie» avec un succès et une dextérité capables d'étonner les chirur* giens tes plus habiles. Ils excellent sur-tout dans lait d opérer les hernies étranglées , ou devenues incommodes à cause de leur poids , soit qu'elles se trouvent ou non adhérente». Mais quelque somme qu'on leur doxme pour cette opération , car on passe tou]oiu*s un marché dont la moitié du prix est payé comptant avant d'entreprendre la cure, ik se réservent le sac herniaire. Possesseurs de cette espèce de trophée, ils le tuméfient , et l'arborent à un roseau , qui devient leur enseigne. Dans les villes et dans les villages qulk parcourent, ils s'annoncent en criant : Voilà le bon médecin , h grand herniaire arris^^ qui a tant de sacs provenant de hernies merveilleusemen t opérées ! Et plus leur étendard est garni de ces vessies, plus ik trouvent de pratiques , dans un pays où ces sortes de maladies sont très répandues y et d'autant plus dangereuses , qu'on n^ connaît presque pas l'usage des bandages. J'en ai trouvé, qui savaient aussi opérer la cataracte

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