CHAPITRE XII. l
par abaissement, et plusieurs très habiles à pratiquer la Uthotomie, mais malheureasement aux dépens de la virilitë de leun^ malades. Voix est Tenue la tradition de pareilles opérations parmi les Zagorites ? Je l'i^ore. Qaamt à Texérciee , il se perpétue par un enseignement tout-âb-feit barbare , qui tient peut-être plus qu'on ne pense aux mœura de l'école ancienne de la Grèce , dont les disciples étaient de la famille du maître, et composaient autour de lui une espèce de clientelle domestique. Je rapporte les faits que j'ai observés , et les chirurgiens ignorants du Zagori , sans tenir leur doc^ trine d'Eseulape, fits d* Apollon, antique souverain de leur pays , ne font pas plus de victimes que nombre de professeurs brevetés parmi nous.
Liàscovo éloigné de quatre milles de Boulsou , est environné de vignobles desquels on tire les vins de Stalovo, de Manassi et de Calota(i), qui se conservent presque toute Tannée , sans les imprégner de résine. Cette qualité est remarquable, car les meilleurs celliers ne les garantissent pas sans cela d'une détérioration qui dépend plus de leur qualité , que de la chaleur du climat.
(i) LiascoYO, quatre mines S. de Boulsou, deux mitlefl de StaloTO ; Manussi de Liascoro , deux milles S. E. ; Calota de ce dernier, un min« S. S. O. ; Negates,deux mîUes S. S. O.; Lî^pasdez, cinq milles S. O. ; Djooktila, trois milles S. O. ; Camnia, deux liemes S. ; Cavalari, cinq milles S. S. O.; tons à la base, ou dans les escarpements du mont Mitchikéli. Sur la Ouarda, ou branche haliacmiqoe dellnachus, Tchamesi, k deux henres O. de ses sources , un mille au*delÀ O. , Macrini; une heure et demie S. S. £., Greteaiti ; de là, une henie et demie 6. JN. O. , Voatia, monastère.
l5S TOTÀGS DANS J4JL GBÈCS,
Négates^ rangé sur la même ligne, offre Taspect d'un bourg d'Iulie, avantage qu'il doit au commerce de. ses habitants qui font un trafic considérable avec Gonstantinople et la Yalachie. DjouUi situé plus au midi fournit des boulangers à TEpire et à plusieurs villes de la Homélie ; enfin Lignadez bâti dans la plus haute région du mont Mitchikéli , termine du côté de Janina , la limite du canton de Zagori. Au midi on trouve encore deux villages épars sur le versant de la même montagne , qui est couverte à l'orient de lisières de pins et de bois taillis.
Je pense que la Perrhébie se bornait à cette gorge dont la population entière est d origine grecque , et au cours de la rivière dé la Ouarda y près de laquelle sont situés les villages de Tchernesi et de Macrini, qui font partie de la subdivision desVlacho Choria ou hameaux valaques, contrée que je ferai connaître dans mon itinéraire de retour de la Macédoine. Le restant du canton de Zagori que Stéphanus me porterait à regardercomme appartenant à TAtintanie (i), trouvera pareillement sa place dans la potamographie de F Aous ou Yoïoussa. Ainsi, je renvoie à cette partie de mon voyage , la connaissance de cette région du Pînde , qui est entièrement habitée par une autre nation dont Timplantation dans la Grèce, date des derniers siècles du Bas-Empire. Jp ne donne ici que la description de la gorge occidentale de la Perrhébie peuplée par les Grecs, me réservant en son lieu de décrire le
(i) Molpav Mûouirtiaçf putU àê U Macédoine. Stbfb. Btc
GHAPITRS XII. iSy
sempti (subdivision) desYalaques, qui habitent dans les météores du Pinde.
Ijes 2^gorites sont en général industrieux y actifs et adonnés aux spéculations commerciales. On trouve de riches marchands à Capessovo et à Véitza , qui ont des maisons de conimerce à Vienne , à Moscou , à BreslaWf à Léipsick et à Amsterdam. La plupart de ces négociants font là banque en Allemagne; ceux qui sont établis en Russie et dans les provinces de^ Moldavie et de Valachie , se livrent au commerce des pelleteries. Tous enfin ne s expatrient que pour rapporter dans leurs montagnes les fruits de leurs économies; car leur bonheur suprême est de réunir leurs dépouilles mortelles , aux cendres de leurs pères. Ils chérissent les vallées du Pinde ^ dont ils paraissent indigènes ; et les Yalaques quoique postérieurement arrivés sur cette terre, ne laiment pas avec moins d enthousiasme. Ces derniers ne font que le commerce par Caravanes, louent les chevaux et les mulets qui servent aux transports entre Janina, Bukarest , Salonique^ Serres et Gonstantinople , où ils ne sont connus que sous le nom de Mezzovites.
Dans tous les villages du Zagori on trouve de beaux hommes , et les femmes y sont en général plus blanches et plus iraiches que dans la partie méridionale de VÉpire , ce qui tient vraisemblablement à la température froide qu Viles habitent , et au peu de cornmunication de cette contrée avec les étrangers. Que n'était'cUe aussi bien isolée du contact de la tyrannie, cette Perrhébie riche en troupeaux , riche en fruits, plus riche encore par Findustrie de ses habi-
l58 TOTAGB DANS LÀ GRBCB,
lents! Elle semblait n'en devoir craindre que les caprices éphémères. Ils étaient trop heureux à ces conditions dont ib se rachetaient par des contributions, qu'ib payaient avec le produitde leurs^conomies. Mais ils n ont pu conjurer Forage , ik n'ont pu détourner le coup qui Tient de réunir les quarante villages du Zagori à titre de Tchiftlik, au domaine du satrape de Janina , pour en former la dotation de Salik Bey son troiûème fils. Les chrétiens ;Sont inhabiles à posséder , a dit le contempteur de toute religion ! En yain les chefs des Tieillaids ont réclamé , en vain ils ont représenté qu'ils avaient toujours été propriétaires, les principes de la justice ont été méconnus, et cinq mille trois oent-cinquanle fiunilles chrétiennes expropriées , sont maintenant attachées à la glèbe.
Cet événement arrivé au mois de mars i8x5, aura sans doute les plus funestes conséquences pour le canton de Zagori. Les marchands qui ont formé des établissements de commerce à l'étranger, ne se jmh»mettaient qu'en .gémissant, à un joug depuis long* temps trop pénible. Viendront-ils maintenant se ranger parmi les serfs ? Rapporteront-ils à la mense du satrape , les produits de leurs travaux et de leurs économies? Il a leurs femmes et leurs en&nts en son pouvoir,, il ne leur permet pas de s'expatrier ! Cette .considératian est déchirante pour un chef de famille; .mais déjà Taversion pour un gouvernement arbitraire avait réduit plusieurs. Zagorites à s'imposer le sacri- .fice douloureux de renoncer à leur pays. Ces sentiments s'étaient manifestés avant la dernière usurpation. L'idée de ne plus avoir rien «n propre ne peut
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donc qu augmenter l'esprit de CotfmopoUsme! Les Zagorites qui se trourent expatries ne reviendront pas se charger des chaînes d*iin maître insatiable. Ceux qui pourront fuir s'éloigneront, et la classe agricole, cette portion nourricièredes oppresseurs, restera seule pour souffrir, et arroser les champs de ses sueurs. Puisse*t«eUe , pareille à la vigne que le bouc dévore, reproduire encore assez de pampres pour le couronner, au jour terrible où il sera sacrifié au bonheur, sur Tautel de la vengeance (i) !