‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 62 sur 160 · CHAPITRE XII X. l6S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII X. l6S

mnSj qui n'avaient aucun intérêt à me tromper, m*as«* snrèrent que cette rivière sort a plein canal dune caverne profonde > dans laquelle des myriades de truites se réfugient, lorsqu'elles sont elErayëes par les péchenrsu On peut dooe cicire j|ae cest encore là le débouché dun de ces fleuves souteriains, conunun^ dans les pays des Bsontagnes. Celui-ci , plus conaidé* rable que la Vetckîs de la Thesptotie , et que TÉrasinus qui reparait dans l'Argolide y au vcMsinage de Lerne, roule un volume d^eau assez considérable pour déraciner les arbres^ et augmente p<rodigieusement pendant la saison des pluies.

Nos chevaux étaient harassés, la chaleur devenait étouffante» et nous nous délerminàmes à (aire lialtei aous l'ombrage des platanes'duYoiido-Matîjk p<Mir din^ et y fiûre la méridienne. Nous nous établîmes en oon* séqaence sur une grève de son lit caillouteux , et nous primes notre repas aux chants prcdc^ngés d«i mille rossignols^ qui retrouvant sous la j(euillé« épaisse, le calme et la clarté incertaiee des i^uita, formiùeiit de touloi par^ des concerts mélodieux. Bientôt nous f&mes environnés par des bergers qui s' j réfugiaient aussi avec leurs familles et leurs troupeaux^ pour se dérober au poids» du jour. Ils modulaient d^ bucoliques » et comoM les enfants du Ménale et de laTrinaerie, ils fiibriquaîent des tasses, des coupes et des cuillers de hm, avec une adresse admirable. A la vérité, leurs ouvrages étaient grossiers. Un autre Alcimédon ne sculptait pas sur leurs vases, des pampres, des amours, ni Pan conservateur des bergers et des

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troupeaux (i), ni Orphée animant les forêts aux sont de sa lyre ; car les arts enfants de la Grèce sont tombes avec sa gloire , et les pasteurs du Pinde ne tra« vaillent plus que pour leurs besoins. Leurs voix ne formaient non plus que des sons durs et sauvages , mais leurs expressions étaient encore naïves et amou* reuses. Un d'eux me montra avec les larmes aux yeux, une flûte que son frère lui avait léguée en mourant ; Te nunc habet ista secundum. ... et je partageai son émotion. Leurs femmes rustiques comme celles de la Chaonie , au siècle de Saturne , filaient la laine surge de leurs troupeaux , pour fabriquer la bure dont les familles sont vêtues ; c'étaient avec les soins particu- Kers du. ménage , leurs travaux ordinaires. Les hommes se vantaient d^exceller dans l'art de faire le beurre et les fromages, soins qu'ils ne confient à personne. Ils me présentèrent leurs enfants, ils se félicitaient dans leur pauvreté, d'unir les titres de chrétiens et de pères ; enfin la religion et la fécondité de leurs épouses, faisaient leur gloire et leur bonheur. Encouragés par l'accueil que je leur fis, ils me chantèrent les miracles ineffables opérés par l'intercession de la reine des anges, et les litanies de leurs saints protecteurs, occupés du haut des cieux à veiller sans cesse sur la chaumière du pauvre et le berceau de l'innocence! Us me nommèrent avec la plus grande précision, toutes les retraites du Pinde, dont les vallées fertiles sont

(i) Pan curât otm, oTiumque magittros.

YiBa., Bue., lib. IL Pan a loui d«t bergers, il a soin des troupeaux.

Trad, de F. Didot.

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