‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 63 sur 160 · CHAPITRE XIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. l

leur univers ; ils vantèrent ses sources froides , ses beaux arbres et ses pâturages abondants.

Ils divisaient le temps par les phases de la vie champêtre, telles que l'époque de la naissance des agneaux , de la tonte des troupeaux et des féres solennelles de la religion. La Saint George , qui ouvre Tannée pastorale y est chômée par un festin de famille, dans lequel on mange un agneau rôti, prémices du troupeau (i). Le' retour des hirondelles, et la nymphe du mois de mai , que des rhapsodes aveugles, comme le vieillard de Chio, chantent de villages en villages, signalent les beaux jours d'avril et la saison des fleurs. Le patron du hameau^ les grandes fêtes avaient parmi ces pasteurs leurs rites, leurs danses et leurs festins, au milieu desquels ils célèbrent ordinairement les mariages, destinés à consoler et à perpétuer les familles des hommes. La Saint Démétrius enfin est la clôture des panégyris. Moins naïve que la cérémonie de Touverture du printemps , elle entraîne à sa suite les orgies , les comptes qu'on règle entre familles , le paiement des fermages et souvent des querelles. Ce fut ainsi que les bergers du Pinde me tracèrent le tableau de leurs mœurs. Je distribuai quelques cadeaux à leurs enfants, et je leur demandai, pour dormir, un peu de repos, qu'ils m'accordèrent.

A mon réveil, les bergers et leurs troupeaux avaient

(i) Une loi du sultan défend, sous des peines très-sévères, de manger des agneaux nés dans Tannée, avant la fête de la Saint* Geor ge .

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regagné les montagnes qiii bordent la rive gauche du Voîdo-Mati. Mes guides Albanais se lavèrent le visage et les bras, pour se rafraîchir, et nous nous remîmes en route , en longeant les flancs acorea du mont Lazaris , qui se prolongent , depuis le mont Panesti jusqu'à Gonitza. A un mille du lieu de notre halte, nous passâmes aux cabanes de Chelidonia y asile temporaire des moissonneurs , dont le village est situé dans les escarpements de la mon* tagne. Nous marchions au milieu des hatliers , qui pouiraient faire place à une riche cullnre , car le scd est par^tout fertile ^ si les paysans étaient moins opprimés. I>enx milles à Test «nord «est, nous vtmes les moulins de Coutchiki , bfttis au bord de deux ruisseaux spontanés, qui fécondent la campagne, avant de se rendre au Yoifdo-M&ti. A pareille distance, nous traTcrsftmes Goritza, tchiftlik d*Ali pacha, et une demi-lieue au-delà, nous laissâmes à* gauche Alepou- Chori , situé auprès d^une rivière limpide , qui coule dans VAoûs , dont je commençais à découvrir le lit blanchâtre. La base du mont Lazaris, dont nous nous rapprochâmes, est couverte, en cet endroit, d*arbres de Judée, de Micocouliers et de bois taillis. Nous nous trouvâmes presque aussitôt au bord d*une des branches du fleuve, dont les arbres m'ayaient dérobé la vue. Nous suivîmes sa rive gauche , jusqu'à la hauteur d'Amari, pauvre village, qui ne serait pas connu , sans une fontaine , dont les gens du pays vantent la fraîcheur et rexcellente qualité des eaux. Nous dûmes bientôt gravir la croupe des montagnes et marcher presque perpendiculairement à la Voî-

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