CHAPITRE XIV
tique enchanteur^ aux approches de coucher du so-» leU. Dans ce moment, le vallon de Conitza, avec ses montagnes se trouve comme pressé par un horizon extérieur. Les cimes glacées du Mertchika paraissent se joindre aux montagnes d'Areochovitzas (Saracovitzas) et à la chaîne des monts Olichiniens dont les sommets échancrés dominent Passaro. Les masses inférieures des monts Gandaviens qui font partie du canton de Gaulonias, repoussent vers Tobservateur , la ville de Léxovico ( i ) , et la vue pénètre entre les étages des vallées , qni conduisent dans la Macédoine. Enfin au midi , on découvre le pic neigeux du mont Ramila dans le 21agori , qui brille à cause de ses neiges y au-dessus de tous les sommets du Pinde ( a ).
Au moment ou je jouissais de ce spectacle ^ Thiver régnait encore autour du vallon de Gonitza, dans lequel je voyais fleurir de toutes parts le lilas et les roses. Tétais placé comme dans ces oasis environnés du deuil de la nature , où les ruisseaax , les arbres et ombrages sont rendus plus beaux par les contrastes quils forment avec la nudité du désert. Ici , ce désert était causé par la monotone blancheur des neiges , qui rendaient ma position plus pittoresque et plus délicieuse. J'entendais les mélodies ^des rossignols qui entonnaient lepithalame du printemps et des fleurs, lair était embaumé, et pendant le séjour que je fis dans
(i) LexoTÎco, cinq lieues N. O.
(1) J'ai obserré, dans un autre voyage, auprès de ce pic, deux yastes glaciers, an bord desquels on trouve le monastère de Stomio, dédié à la Sainte-Vierge.
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cette yallëe, mes travaux ne furent interrompus par aucuns des orages ordinaires qui s'élèvent dans le Pinde. C était cependant encore la saison , car nous étions au commencement d avril | et il n*est par rare de voir alors reparaître par intervalles 9 des ouragans qui attristent la nature.
Après avoir étudié les environs de Conitza, je travaillai à déterminer sa position relativement avec Ja'^ nina, rapport que monsieur Gaétan Palœa a mal indiqué dans sa carte publiée à Trieste en 181 1 , qu'il avait cependant ébauchée sous ma direction à Janina. Dans cet ouvrage, Fauteur fixe Cooitza quarante-six milles au nord de Janina , et il rejette le cours de l'Aoûs, trente milles au sud et près de vingt milles à Touest de cette ville ^ en lui faisant décrire une vaste sinuosité. Il suffirait de lire mes itinéraires pour voir que la rédaction de matériaux que je lui avais communiqués est altérée. Car il résulte des faits rigoureusement observés , que la distance entre les deux villes en question 9 mesurée d'après les principes de la projection , est de trente-deux milles et un tiers , déduction faite des détours du chemin parcouru; voilà la première incorrection. La seconde porte sur le gisement de Conitza qui ne doit pas être placé au nord de Janina , mais entre le nord4)st et Test-nordest de cette ville, vers le soixante-huitième degré de la boussole. Enfin TAoûs qu'il rejette fort loin, en lui faisant parcourir une courbe imaginaire, baigne au sortir des rochers du canton de Zagorî, la base du mont Himnadi et la partie inférieure de la ville même, doù il coule au nord-ouest pour entrer dans les de-