‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 76 sur 160 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Ae la Moyenne Albanie , je crus pouvoir profiter de la circonstance qui m'avait conduit à Podcz, pour tâcher au moins de visiter le canton de Gaulonias. Je savais que j'allais pénétrer chez une peuplade entière de Schypeiars k demi -sauvages , mais l'aventure vue de près , ne me paraissait pas aussi dangereuse , qu'on me l'avait représentée. J'avais parlé à des personnes que je connaissais à G)stretzi , à mes guides et aux gens de mon es.corte, je leur avais persuadé que nous serions bien accueillis ; et quelques largesses mêlées à des espérances , les décidèrent à me suivre.

Nous partîmes en conséquence de Podez, et au bout d'une heure et demie démarche, par un sentier diflicile , nous entrâmes sur les terres de Gaulonias , par la vallée de Barmachi. Le bourg dont elle emprunte son nom, habité par trois cents familles albanaises, chrétiennes et mahométanes, également indépendantes et barbares , est situé sur la route commerciale que. tiennent les marchands qui se rendent de Janina à Ochrida ; et c'est ordinairement là , leur troisième station (1).

A travers cette vallée qui se dessine ouest-nordouest Tespace de seize milles , coule la Levkaritza , rivière tributaire de l'Aoùs , qui prend sa source trois lieues et demie à l'est , dans le mont Barcetesios ,

(i) Les journées de marche en caravane de cette route sont cotées par les agoîatisy savoir : à huit heures de chemin, depuis Janina jusqu'à Ravenia; à sept heures trois quarts de ce village il Lexovico, et à cinq et demie de Lezovico à Barmachi.

l88 YOTÀGB DANS LA GRECE,

dont le nom, tel qu'on le prononce maintenant ^ est cite par Ptolémée (i). Cinq villages, qui sont Crat* chova, Scorovati, Béjani et Boutca , renferment la population de cette gorge sur laquelle je reviendrai , en ratachant les topographies isolées, que je trace rapidement , à la description de la vallée de F Aoûs.

Tout semblait justifier mon entreprise,, lorsqu après avoir franchi la chaîne du mont Barcetesios qui se déploie à la distance dnne lieue au nord^ nous arrivâmes dans une seconde vallée que les Schypetars appellent Eriboé et les Grecs Ribas. A peu de distance de notre route , je reconnus les ruines d'une enceinte cjclopéenne qui rappelle le souvenir d'Eribée , ville placée par Ptolémée dans }e pays des Parthéniens , chose douteuse , quant à cette peuplade que plusieurs géographes fixent au voisinage de l'Adriatique , entre l'Apsus et le Genussus. On me dit que TEribée qui coulait devant nous , prend son origine au-dessus d'un bourg appelé Apano-tasch par les Grecs, et Sipre mail (montagne d'en haut), dans la langue schype, d où elle coule après avoir reçu la rivière de Staria , sous le nom de Desnitza, jusqu'au pont de.Cleïsoura près duquel elle se décharge dans l'Aoûs. On estime à douze lieues de pays^ la distance entre Apano-tasch et Prémiti que je ferai connaître dans les chapitres suivants, et à vingt milles en droite ligne , le rapport de position avec Lexovico.

Sans oser porter mes pas hors de la route ordinaire fréquentée des voyageurs, pour faire des recherches ,

(0 Foye^ Tables de Ptolémée, Europa X

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