‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 77 sur 160 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

dans un pays , où la moindre tentative indiscrète pouvait m'attirer des affaires fâcheuses , nous nous hâtâmes de traverser la Desnitza ; et à une lieue de ses bords, nous arrivâmes dans le voisinage de Staria. Mes guides^ pour nous dérober à la curiosité publique, prirent le parti de s'arrêter à un caravansérail bâti dans la plaine. Staria que je pouvais voir , sans oser m'y présenter à cause de mon habillement européen qui n aurait pas manqué d'éveiller l'attention , est situé au centre duhe vallée baignée par FApsus que les indigènes appellent Ergént ou Argent (i). Ce fleuve, qui descend des monts Canda viens ouCaulo« niens , éloignés de deux lieues , passe au bout de trois milles de cours au dessous de Helmas, village bâti à sa rive droite , et se confond une lieue plus bas avec TOssouni qui a ses sources cinq lieues au nord-est dans le mont Slobokoé , sommet 'dominant de la chaîne des montagnes du Diable ou Devols. Ces deux rivières réunies dans un même canal et grossies dune multitude de ruisseaux, coulent ensuite à travers le canton de Tomoritza y où Ton connaît encore la forteresse de Myli, dans laquelle Gantacuzène assiégea les Français , ou plutôt les Normands qu'il qualifie de Celtes, (a) Au sortir du canton de To-

(i) Alexias, lib. XIII , p. 891. Le traducteur rend le mot XOfvavvi par celui de Charaante, et les Grecs appellent encore le même fleuye Chargéni. C'est le même que l'Apsus ou Argent.

(a) En parlant dW second combat livré sur les bords du fleuve, le même écrivain dit : Tp^irii tgùc KtXrGtç xarà xparoç , etc.

nu.

igO TOTAGB DANS I«A GRECE,

jnorîtza* L'Apsus (auquel je rends son nom ancien pour être mieux entendu ) , dirige son cours vers Berat dont il traverse la ville basse , et grossi par une rivière venant de Moschopolis, il parcourt le Musacké, sous les noms de Beratino et de Cauloni jusqu^à F Adriatique^ dans laquelle il se jette, cinq lieues au nord des ruines d'ApoIlonie.

J avais d>servé que pendant leur dîner, mes guides et les gens de mon escorte avaient tenu la conversation en schype ; et au moment de nous remettre eh route , ils me déclarèrent le résultat de leur conciliabule , qui fut de ne pas vouloir pousser plus avant. Us me représentèrent les dangers que nous avion» courus , et ceux auxquels nous allions être exposés par linquiétude que ma présence ne manquerait pas de causer aux montagnards de cette contrée inhospitalière. Je dus donc céder et renoncer à parcourir une vallée dans laquelle j'avais pénétré avec peine, sans pouvoir visiter les catacombes et les ruines qui m'avaient fait supporter tant de fatigues, pour y arriver. . Il fallut ainsi me contenter de quelques renseignements , qui furent peu propres à me consoler d'avoir perdu pour toujours , Foccasion de compléter mes recherches , dans une des parties les plus inconnues deTIllyrie grecque.

Veré-Toubas ou la Caverne des tombeaux, se trouve suivant ce qu'on me dit, deux lieues à l'orient de Staria , près dun bourg appelé Codras. Là y non loin d'une ville ruinée qui fut probablement Codrium (i),

(i) Codrium. Tit.-LiT., lih. XXXI, chap. 97.

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