CHAPITRE XV
dont Tite*Ltre fait mention y on Toit une cayerne remplie , dit«^n , de cellules et de sarcophages taillés dans le roc , à t entrée de laquelle sont sculptés deux lions de grandeur colossale. Ces renseignements, quil ne ma jamais été possible de Térifier, étaient plus capables d'enflammer ma curiosité que de la calmer ; cependant je dus rétrograder. J avais devant moi la gorge qui conduit par Zavagliani , RadoTitchica et Fracheri , à la ville de Premiti. Mais comme mes bagages étaient restés à Gonitza, je dus rentrer par Yerbiani dans la vallée de Saranu-Poros et revenir après sept jours de recherches pénibles , au lieu d'où j'étais parti.
Quoique embarassé et circonvenu dans cette tournée, je recueillis cependant assez de renseignements, pour savoir que de Staria à Ghéortclia on compte six lieues et demie , quatre de cette ville à Podgorié, trois heures de ce village à Starova , ^t en tout dixhuit lieues depuis la vallée de Staria jusqu'à la ville d'Ucbrida. Je donne ici ces distances comme un signal de projection, auquel je rattacherai un itinéraire entre Castoria et le lac Lychnidus , quand je décrirai la Macédoine Gisaxienne qui fera partie de ce voyage.
La population du canton de Caulonias évaluée à six mille quatre cents individus chrétiens et mahométans, est répartie dans vingt villages, dont les plus considérables sont indiqués sur la carte. Quoique Turcs et chi-étiens , les Albanais de cette contrée , également libres et anarchiques , ne paient ni capitation , ni tributs. Soumis au pacha de Berat ,
iga YOTAGB DANS LA GRECE,
ils le reconnaissent pour leur chef , autant que son autorité ne se fait pas sentir jusques dans leurs mon* tagnes; et leur bravoure , leur pauvreté, les ont jus* qu'à ce jour , sauvés de lasservissement général de r Albanie. Cependant ils craignent Ali pacha, ses ordres sont respectés parmi eux, parce qu'ils savent com* bien sa colère est puissante ; et depuis qu il a réuni Berat à ses domaines , il n'est pas douteux, si son in* térêt Texigeait , qu'ils seraient sans doute bientôt sou* mis. Mais des vues particulières l'engagent à ménager les Cauloniates; ils sont pour lui une réserve de vo* leurs toujours à ses ordres , dont il £iit sortir des bandes pour troubler la Romélie , quand il veut en éloigner les gouverneurs nommés par le Grand-Seigneur. Ainsi il est probable que les monts Candaviens resteront ce qu'ils furent toujours , c'est-à-dire la pé* pinière d une race de brigands portés à vendre leurs services aux chefs assez puissants pour les soudojer. Il résulte pourtant de l'état actuel des choses , qu'un voyageur protégé par le visir Ali , pourrait sans dan* ger visiter les monts Barcetésiens , la Devol, les sources de TApsus et la caverne des tombeaux. Par ses recherches , il reculerait les bornes d'un horizon nouveau pour la géographie; car il existe encore dans cette région , dix lieues de pays à exploiter , dans lequel on ferait une ample moisson , sur-tout dans la botanique et dans la minéralogie, si j'en peux juger par quelques inductions d'un favorable augure. La position de Caulonias , pour un pacha, maître de rÉpirc^ tel qu'Ali, est de la plus haute importance , à cause de ses rapports avec Monastir, capitale et chef-