‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 79 sur 160 · CHAPITRE XT. IpS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XT. IpS

liea de la résidence du gouverneur de la Macédoine ^ ou Romili -> Valessi^ C'est aussi le point central des communications entre Janina^ Ochrida et les Dibres« Quand les neiges fei*ment en hiver le défilé du MezzoTO) ces gorges peu élevées > sont alors le chemin des courriers destinés pour Constantinople ;et comme elles sont moins surveillées que les autres, c'était par là , dans mes jours de détresse , que je pouvais communiquer avec l'ambassade de France et la Bosnie. Elles étaient naguères encore la route commerciale de la Haute-Albanie , lorsque |Moschopolis florissait. Si le débordement des rivières arrêtait les marchands ^ ils pouvaient au sortir de Lexovico suivre la route du TomoroSy et la correspondance n'éprouvait que peu ou point de retards.

Le territoire de Gaulonias est un sol argileux, que le soleil durcit et gerce promptement, quand les pluies ne se succèdent pas^ jusqu'à ce que les mois* sons soient assez hautes pour conserver la fraîcheur de la terre. Il en résulte souvent que le maïs ne peut se développer, et en général que les paysans comptant peu sur les ressources d'un terrain ingrat, tournent leurs vues et leurs espérances d'un autre côté. Les Mahométans , pour acquérir des biens que leur refus« leur pays, vont en conséquence servir à l'étranger; .les Chrétiens s'adonnçnt aux soins des troupeaux , et tous, par leur industrie, cherchent une compensation .capable de les élever au niveau des besoins auxquek la .nature de leur territoire natal ne peut suffire. Ainsi tous les hommes sont pasteurs ou soldats, et la culture incertaine des terres est abandonnée aux femmes. /. i3

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Cependant la proyidence a placé à la portée des habitants des ressources qui seraient suffisantes à un peuple doué de mœurs moins sauvages. Les châ* taigniers^ les chênes aux glands doux pourraient -fournir aux besoins d^une population beaucoup plus nombreuse ; mais le goût du brigandage des Gaulo» niâtes et la facilité qu*ils trouvent à s'enrichir par le métier des armes , leur fait négliger ces productions. A peine daignent-ils recueillir les fruits des noisetiers qui couvrent leurs vallées; ils n'ont pas encore essayé de naturaliser la vigne sur leurs coteaux; et le coi* gnassier^ qui leur donne les plus beaux fruits connus de cette espèce, ne leur a pu suggérer l'idée de planter chez eux des pommiers et des poiriers , qui multiplieraient leurs jouissances, et les productions nécessaires à leurs besoins. Ils voient avec indifiFérence les belles forêts de chênes , de hêtres et de micocouliers, qui décorent leurs montagnes. Ils ne pensent pas à extraire le goudron des arbres résineux qui s'élèvent dans la zone des neiges , et ils vivent au jour le jour, au milieu des bandes d'ours, de loups et de bêtes fauves, qui désolent leurs troupeaux. Ils ne les repoussent même que comme des voisins incommodes, sans penser à en diminuer le nomlH«. Une telle indifférence ne tient cependant pas à l'apathie commune aux Orientaux; car le Cauloniate vif, impétueux, est toute vie , toute énei^ie , et ne craint rien tant que le repos. Mais comme la providence n'a pas greffe les arbres , ils croient devoir se contenter des fruits que leur donnent les sauvageons. Ils trouveraient leun mornes déserts, s'il n'y avait plus de bêtes féroces;

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et parce qu il 7 avait des ours et des loups du temps de leurs ancêtres , la race doit en être aussi durable que celle des hommes. Dieu veut que tous les êtres vivent | me disait un de ces montagnards , sans cela pourquoi aurait-il créé tant d espèces ? Nous nous défendons lorsqu'elles nous déclarent la guerre. Et quand je leur représentais les pertes que ces animaux leur causaient? il faut soufirir, répondaient -iU, ce que Dieu a permis; nos pères ont vécu comme nous, et ne rien faire que ce qu'ils ont fait^ voilà notre maxime. Comme eux , nos braç^s vont servir en Egypte ^u dans les régences barbaresque^ ; et ceux que le ciel protège , reviennent finir leurs jours dans nos montagnes. Notre intérêt est de rester tels que nous sommes, pour conserver la liberté, qui est notre plus cher apanage.

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