TELL-EL-AMARNA
Planche 18
Nous avons consacré à Tell-el-Amarna une planche unique, dont voici l'explication :
Planche 18. — M. Renan (voir la Revue des Deux-Mondes du 1er avril 1865) aime à se représenter l'Egypte ancienne comme une sorte de Chine, murée, fermée au monde extérieur, immuable, sans aucune ouverture sur le dehors, vieillotte dès son plus jeune âge et arrivée tout de suite à un degré relatif de civilisation qu'elle ne dépassera plus. Il la voit comme une plaine unie, très verdoyante et très fertile, mais sans accidents de terrain qui rompent la monotonie du paysage.
Plus qu'aucune autre contrée du inonde ancien, l'Egypte a pourtant eu ses périodes de grandeur et de décadence. Sa civilisation a possédé toutes les conditions de l'être : elle s'est transformée. Elle a eu ses clartés soudaines et ses éclipses. L'art égyptien n'a pas été tellement immobile qu'on
ne puisse en écrire une histoire. L'Egypte a rayonné au dehors de l'équateur à la Mésopotamie. On ne se fait pas à l'idée de faire de Thoutmès un Chinois. Si l'Egypte a péri, c'est précisément parce qu'elle a provoqué chez les peuples étrangers, attaqués par elle, une réaction qui lui a été fatale.
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TELL-EL-AMARN \
La religion elle-même a traversé des moments de crise, et loin de garder sa voie, Ta quittée pour se lancer dans des aventures qui ont failli la
perdre.
La fin de la XVIIIe dynastie en est une preuve toujours vivante. La reine Taïa, épouse d' Aménophis III, était de race blanche; son père et sa mère n'étaient ni de sang royal, ni de souche égyptienne. Qui sait si, en épousant Aménophis III, elle a répudié ses traditions religieuses et n'a pas continué à pratiquer dans le sein de sa nouvelle famille les croyances de ses ancêtres? Quoi qu'il en soit, elle eut un fils qui s'est appelé d'abord Aménophis IV, et qui devait s'appeler plus tard Khu-en-Aten.
C'est Khu-en-Aten qui fut le réformateur fameux de la XVIIIe dynastie. Il porta la main sur l'arche sainte d'Ammon, osa faire effacer partout le nom vénéré du dieu, lui substitua celui d'Aten, image visible du soleil, le dieu Un, créateur des êtres, et finalement, reléguant Thèbes au deuxième rang, se construisit à Tell-el-Amarna une ville opulente dont il fit la capitale de son royaume.
La porte que représente notre planche 18 est celle d'un hypogée de Tell-el-Amarna, employé à la sépulture de l'un des fonctionnaires de la cour de Khu-en-Aten.
L'intérieur en est curieux à étudier. Le dieu suprême s'y montre sous la forme d'un disque d'où s'échappent des rayons terminés par des mains humaines. Le roi a les traits efféminés. Il est replet et moins homme que femme. Son apparence d'eunuque ne l'empêche cependant pas d'avoir une demi-douzaine de filles, qui combattent avec lui, ou plutôt pour lui.
Aménophis IV eut trois successeurs, adorateurs comme lui d'Aten (peut-être l'Adonis des religions sémitiques). Trente-trois ans s'écoulèrent, après lesquels le roi Horus monta sur le trône. Horus est le dernier Pharaon de la XVIIIe dynastie. Avec lui Ammon rentre dans ses droits et les anciennes traditions de la religion égyptienne sont rétablies.
On consultera sur cette époque de luttes religieuses Y Histoire d'Egypte (lre partie) de M. Brugsch-Bey, quia su tirer un excellent parti des monuments, malheureusement trop peu nombreux,, qu'elle nous a légués.
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ABYDOS
Planches 19-34
En arrivant en Egypte, les Grecs ont entendu parler d'une ville qui s'appelait fJÇ ou fjfj AU, Ab-tu, Abut, et, fidèles à une habitude dont ils ont donné autre part des exemples, ils ont rendu ce nom égyptien par un nom grec déjà familier à leurs oreilles. C'est ainsi qu'avec Abat ils ont fait Abydos.
Des preuves plus solides que celles sur lesquelles on s'est appuyé jusqu'à présent, seraient nécessaires pour assurer l'identité d' Abydos et de Thiuis. Si Abydos était Thinis, il faudrait voir dans Abydos une des plus anciennes villes de l'Egypte, puisqu'elle aurait été la patrie de Mènes et le berceau de la monarchie égyptienne.
Abydos était comme Thèbes, Héliopolis, Dendérah, Edfou, une ville sacerdotale. On n'aurait pas d' Abydos une juste idée en se la représentant comme une cité opulente et très peuplée. Abydos vivait de ses temples et n'était guère habitée que par des prêtres. La ville était si petite, que les édifices réservés au culte en occupaient la moitié.
Nous savons déjà qu'Osiris était le dieu universel des Egyptiens. Osiris, principe du Bien, était descendu sur la terre, et était mort victime des
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