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violences de Typhon, principe dn Mal. Son corps avait été coupé en seize morceaux , et ces morceaux dispersés.
Isis sœur et compagne cl'Osiris, les retrouva. Pais, voulant imposer à tous les Égyptiens une vénération égale pour celui qui avait été leur commun bienfaiteur, elle fit fabriquer seize statues du dieu, introduisit à la place correspondante un des membres du corps réel, et distribua ces Osiris ainsi reconstitués entre seize villes de l'Egypte .
Mais, parmi les villes favorisées, il en était deux, Busiris au Nord, Abydos au Sud, où Osiris était plus particulièrement vénéré et où on célébrait en son honneur des cérémonies qui ne tardèrent pas à servir de type et de modèle aux autres.
De plus longs détails seraient inutiles. On voit en somme que l'Egypte reconnaissait un Osiris du Sud, un Osiris du Nord, et qu' Abydos était le centre du culte rendu au premier de ces dieux.
Le voyageur qui, dans la route cle Girgeh à Qéneh, s'arrête à Bellianeh et traverse la magnifique plaine qui conduit à Abydos, visite successivement, en arrivant dans cette ville célèbre, le Grand Temple, appelé aussi Temple de Séti, le Petit Temple appelé aussi Temple de Ramsès, le Temple d'Osiris et enfin la Nécropole. On trouvera dans les seize planches que nous allons décrire des souvenirs de chacune cle ces quatre divisions d' Abydos.
Planche 19. — L'édifice le plus considérable d' Abydos, comme dimensions aussi bien que comme perfection de travail, est le temple construit par Séti Ier, le prédécesseur et le père de Ramsès IL
Le temple s'appelait en langue égyptienne le Ra-men-ma, nom propre qu'on a pu aussi prononcer Men-ma-ra. On lit dans Strabon : « Au-dessus de Ptolémaïs est Abydos, oîi l'on voit le Mmmonium, palais admirablement bâti, tout en pierre, et cle la même construction que nous avons remarquée dans le Labyrinthe, excepté toutefois qu'on n'y voit point cette multitude de chambres (qui se trouvent dans ce dernier édifice). . . » Strabon s'est-il laissé séduire par la fortuite rencontre du nom Men-ma-ra et du nom de ces Memnonia que les Grecs ont appliqué à tant de monuments? Le Temple de Séti est-il le Memnonium du géographe grec? C'est ce qui est vraisemblable.
Ce n'est pas sans quelque hésitation qu'il y a une quinzaine d'années j'ai entrepris le déblaiement du Temple de Séti. A ce moment il était, en effet, enseveli et caché presque tout entier sous les sables. Au milieu de la
PHOTO GRAVURE. Se IMPRIMERIE GOUPIL & C."
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cour principale s'élevait une colline de décombres plus haute que le temple lui-même. Il fallait, pour déblayer un édifice de cette dimension, des efforts constants et prolongés auxquels je ne me suis décidé qu'en considération de la grandeur et de l'importance du but à atteindre. La tâche a pu être menée heureusement à bonne fin, et le visiteur en a la preuve dans le magnifique édifice ouvert aujourd'hui à sa curiosité et à son admiration.
Le Grand Temple est construit, mi-partie en beau calcaire d'un grain très fm et admirablement préparé pour la sculpture, mi-partie en grès. C'est le grès qu'on a employé pour les colonnes, les architraves, les chambranles des portes; le calcaire a été mis en œuvre pour le reste.
Gomme construction, le Grand Temple porte la marque de son époque. A Dendérah, à Edfou, qui sont des temples d'origine ptolémaïque , les fondations s'enfoncent à une profondeur de six mètres dans le sol; les fondations du Grand Temple d'Abydos, qui est un temple d'origine pharaonique, ne consistent qu'en une seule assise de blocs, presque toujours mal équilibrés. De là le tassement qui s'est produit et la fissure profonde qui a traversé et disloqué le temple dans le sens de son grand axe.
Le temple était précédé de deux pylônes. Le premier longeait la lisière des terres cultivées; il n'en reste que quelques pierres. Le second a conservé les dernières assises de ses soubassements. On y voit encore une liste assez longue de princes et de princesses de la famille de Ramsès II. Déjà se révèlent ainsi les origines du temple qui, commencé par Séti Ie1', n'a pu être achevé que par son successeur.
La façade se compose de lourds piliers carrés, primitivement surmontés d'une corniche. Cette disposition devait donner au monument un aspect massif, en rapport, peut-être, avec les idées de monde souterrain que le culte d'Osiris évoquait. Le Temple de Séti Ie1' à Gournah, qui n'est à proprement parler que le monument funéraire de Ramsès Ier, présente dans les lignes générales de sa façade la même disposition.
Avant d'entrer dans le temple principal d'Abydos, l'attention du voyageur se portera sur une inscription de cent seize lignes verticales qui occupe toute la surface du mur situé sous le portique à gauche. Ce long récit, apposé sur la façade du temple comme une sorte d'affiche monumentale, est désormais célèbre. Ramsès II (Sésostris) raconte sa jeunesse. Les droits au trône étaient de son côté, du chef de sa mère, car « il n'était pas né que déjà les grands le proclamaient roi d'Egypte ». Aussi, bien jeune encore, fut-il associé au trône par son père Séti. L'inscription
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