‹ Voyage dans la Haute-Égypte (volume 2)Chapitre 15 sur 19 · DEUXIÈME RANGÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME RANGÉE

au roi Ra-meri-en Ment-em-Saf , n° 39, de

la part du roi Séti (nom) ; au roi Ra-nuter-ka, n° 40, de la part du roi

Séti (prénom); au roi Ra-men-ka, n° 41, de la part du roi

Séti (nom) ; au roi Ra-nefer-ka, n° 42, de la part du roi

Séti (prénom);

cm

au roi Hesep-ti, n° 5,

au roi Méri-ba, n° 6,

au roi (phonétique inconnu), n° 7,

au roi Kebeh, n° 8,

au roi Bet'u, n° 9,

au roi Ka-ka-u, n° 10,

au roi Ba-nuter-en, n° 11,

au roi Ufnas, n° 12,

au roi Senta, n° 13,

au roi 2W, n° 14,

au roi Neb-ka, n° 15,

au roi . . .ser-sa, n° 16,

au roi Teta, n° 1 7,

au roi Set' es, n° 18,

au roi Ra-nefer—ka, n° 19,

au roi S-nefer-u, n° 20,

au roi Khefu (Chéops), n° 21,

au roi Ra-tet-f, n° 22,

au roi Ra-kha-f (Chéphren), n° 23,

ABYDOS

au roi Ra-nefer-ka Nébbi, n" 43, de la part

du roi Séti (nom) ; au roi Rat-tet-ka Ma. . ., n° 44, de la part

du roi Séti (prénom); au roi Ra-nefer-ka Khentu, n° 45, de la

part du roi Séti (nom); au roi Mer i- en- II or , n° 40, de la part du roi

Séti (prénom); au roi S-nefer-ha, n° 47, de la part du roi

Séti (nom) ; au roi Ra-en-ha , n° 48, de la part du roi

Séti (prénom) ; au roi Ra-nefer-ka Rerer, n° 49, de la part

du roi Séti (nom) ; au roi Hor-nefer-ka , n° 50, de la part du

roi Séti (prénom); au roi Ra-ncfer-Jta Pepi Senb, n° 51, de la

part du roi Séti (nom) ; au roi S-nefer-ha Annie , n° 52, de la part

du roi Séti (prénom); au roi Ra. . . ka-u, n° 53, de la part du roi

Séti (nom) ; au roi Ra-nefer-ka-u, n° 54, de la part du

roi Séti (prénom); au roi Hor-nefer-ka-u , n° 55 , de la part

du roi Séti (nom); au roi Ra-nefer-ari-ka, n° 56, de la part du

roi Séti (prénom); au roi Ra-neb-kher, n° 57, de la part du roi

Séti (nom) ; au roi Ra-s-anhh-ha , n° 58, de la part du

roi Séti (prénom); au roi Ras-s-hotep-ab (Amenemha Ier), n°59,

de la part du roi Séti (nom); au roi Ra-hheper-ha (Usertasen Ier), n° 60,

de la part du roi Séti (prénom); au roi Ra-mib-ha-u (Amenemha II), n° 61,

de la part du roi Séti (nom) ; au roi Ra-men-ka-u (Mjcérinus), n° 24, au roi Ra-kha-kheper (Us a II), n" 62,

de la part du roi Séti (prénom); au roi Schep-ses-ka-f, n° 25, au roi Ra-hha-ha-u (1 rsertasen III) , n° 63,

de la part du roi Séti (nom); au roi U-ser-kaf, n° 26, au roi Ra-n-ma-t (Amenemha III), n° 64, de

la part du roi Scii (prénom); au roi Ra-sah-u, n° 27, au roi Ra-ma-hheru (Amenemha IV), n° 65,

de la part du roi Séti (nom) ;

ABYDOS

au roi Ka-ka-a, n° 28, au roi Ra-nefer-f, n° 29, au roi Ra-n-user, n° 30, au roi Hor-men-ka-u, n° 31.

au roi Ra-tet-ka, n° 32, au roi Unas, n° 33, au roi Teta, n° 34, au roi Ra-user-ka, n° 35, au roi Ra-mer-i, n° 36, au roi Ra-rner-n, n° 37, au roi Ra-nefer-ka, n° 38,

au roi Ra-neb-peh-ti (Àmosis), n° 66, de la

part du roi Séti (prénom) ; au roi Ra-ser-ka (Aménophis Ier), n° 67, de

la part du roi Séti (nom) ; au roi Ra-n-kheper-ka (ïhoutmêsIer),n° 68,

de la part du roi Séti (prénom) ; au roi Ra-aa-kheper-u (ThoutmèsII), n° 69,

de la part du roi Séti (nom) ; au roi Ra-men-kheper (Th'outmès III), n° 70,

de la part du roi Séti (prénom) ; au roi Ra-aa-kheper-u (Aménophis II), n° 7 1 ,

de la part du roi Séti (nom); au roi Ra-men-kheper-u ( Thoutmès IV ),

n° 72, de la part du roi Séti (prénom); au roi Ra-ma-néb (Aménophis III), n° 73,

de la part du roi Séti (nom) ; au roi Ra-ser-kheper-u Setep-en-Ra (Horus),

n° 74, de la part du roi Séti (prénom); au roi Ra-men-peh-ti (Ramsès Ier), n° 75,

de la part du roi Séti (nom) ; au roi Ra-ma-men (Séti I01'), n° 76, de la

part du roi Séti (prénom).»

Telle est l'économie générale de la Table d'Abydos. Des offrandes d'une multitude de pains..., d'une multitude d'huiles..., sont faites aux ancêtres..., de la part du roi Séti.

Il n'est pas besoin d'ajouter qu'un document de ce genre ne peut rendre de réel service qu'autant qu'on peut réussir à déterminer, non pas seulement le nom des rois dont il se compose (ce qui vient d'être fait), mais la place que ces rois occupent clans la longue série des dynasties égyptiennes. Je rappellerai au préalable quelques notions indispensables à l'intelligence de ce qui va suivre:

1° L'histoire d'Egypte ne s'apprend pas, comme l'histoire de Grèce ou de Rome, en étudiant les livres déjà faits par des écrivains qui avaient à leur disposition des sources nombreuses et sûres d'informations. L'histoire d'Egypte est une mosaïque brisée, dont nous avons plus ou moins le dessin général, mais dont les petits cubes gisent dispersés sur le sol. A peine en trouve-t-on ça et là quelques-uns qui sont encore adhérents et forment une partie complète. De là, le travail de rapprochement et de reconstruction qui s'impose aux égyptologues.

2° Les lignes générales sont principalement données par Manéthon, prêtre égyptien qui, sous le règne de Philadelphe , écrivit en grec une

A13YD0S.

histoire de son pays, malheureusement perdue, et dont il n'est reste que la liste des rois par laquelle l'ouvrage devait se terminer. C'est par Manéthon que nous connaissons la grande division des rois en familles ou dynasties; c'est par le rapprochement des noms royaux révélés par les hiéroglyphes et des noms égyptiens transcrits eu grec par Manéthon, qu'à défaut d'autres preuves, nous réussissons à déterminer la place qu'un cartouche doit occuper

dans le canon des rois.

3° Un autre moyen d'investigation est fourni par les textes courants gravés sur les monuments égyptiens de toute nature. On conçoit combien cette source d'informations peut devenir féconde, une fois que les textes sont bien compris. Un personnage dont la pierre tumulaire est à Leyde, est mort sous un roi que nous savons être le premier de la XIIe dynastie; il était né sous un autre roi que, jusqu'à la découverte de la pierre par M. de Rougé, nous ne savions où placer; ce dernier roi sera donc de plus ou moins près le prédécesseur de l'autre, et la dynastie à laquelle il appartient et dont d'autres monuments nous révèlent la composition, sera la XIe. Les exemples pourraient être facilement multipliés. Celui qui vient d'être cité suffit à montrer la nature des moyens que la science emploie pour remettre à leur rang les rois, tous les jours de plus en plus nombreux, dont nous découvrons les noms sur les monuments.

4° Enfin nous avons pour ressource les historiens grecs et latins. Ceux-ci ont mal connu l'Egypte. Une saine appréciation des faits leur a souvent manqué. L'histoire d'Egypte qu'on apprendrait avec les seuls écrivains grecs et latins serait, à certains égards, une autre histoire d'Egypte que celle qui sort de terre tous les jours avec les monuments. A ne considérer que l'histoire et la chronologie, le plus ancien et le plus sérieux des écrivains, Hérodote, est plus nuisible qu'utile, car il a brouillé ses notes de voyage, et nous enseigne que Louis XIV a régné avant Charlemagne. Nous ne dédaignons donc pas les sources classiques; en beaucoup do circonstances on peut s'estimer heureux de les posséder, mais comme sûreté d'informations, elles ne viennent et no peuvent venir (m'en seconde ligne après les monuments.

Le point de vue sous lequel on doit étudier la Table d'Abydos, le rôle que ce document est appelé à jouer dans la science, rcssorteni de ces renseignements. Tous les rois d'Egypte n'y sont pas compris, mais c'est déjà énorme que d'en avoir devant nous soixante-s<M/.<>, fanges dans leur ordre chronologique et choisis parmi ceux ayant occupé le

cm

ABYDOS

trône depuis Mènes , qui est le premier roi nommé, jusqu'à Séti, qui est le dernier.

Voici maintenant quelques notes rapides sur les soixante-seize rois de la Table, et le rang qu'il faut leur assigner dans les dynasties de Manéthon.

Le n° 1 se lit Mena, qui est évidemment le Mr,vT,ç de Manéthon. c'est-à-dire le premier roi de la Ire dynastie; le n°21 se lit Khefu, Khoufou, et correspond au Ghéops bien connu des historiens classiques, au 2o0<piç, deuxième roi de la IVe dynastie de Manéthon. Un jalon est donc déjà solidement planté. Les trois premières dynasties tout entières sont représentées sur la Table d'Abydos parles vingt premiers cartouches. L'accord entre la Table et Manéthon est-il parfait? Assurément non. Il y a sur la Table des noms royaux qui ne sont pas dans Manéthon, et dans Manéthon des noms royaux qui ne sont pas sur la Table. Teta (n° 2) par exemple, est dans Manéthon sous la forme de "A6w8iç, Méri-ba (n° 6) sous la forme Mie&Sôç, Ra-nefev-ka ou Nefer-ka-ra (n° 19) sous la forme de Nex,spcpsp7]ç, et ainsi de suite. Mais où trouver dans Manéthon, le Ateta (n° 3), le A ta (n°4) delà Table, auxquels Manéthon donne pour correspondants Kevxivriç et Oùevs<py|ç, qui ne correspondent pas du tout ? Le désaccord est donc évident. Je répéterai à ce sujet ce que j'ai dit autre part : « Le système des rois collatéraux explique ces écarts des deux listes... Personne ne peut admettre que, pendant la longue durée de son histoire, l'Egypte n'ait pas subi quelques révolutions. Des divisions intestines, des compétitions ont certainement fait naître dans son sein des royautés partielles. Une monarchie qui, pendant plus de quatre mille ans, aurait coulé sans dérivation d'aucune sorte dans un lit unique, est impossible. Sans parler des branches perdues, il a dû se former dans cette interminable suite de siècles, comme des bras divergents qui ont tardé plus ou moins longtemps à se réunir de nouveau et à se confondre. De là, suivant les temps et suivant les lieux, plusieurs façons de comprendre la même période de l'histoire égyptienne. Los royautés partielles, adoptées parles uns, ont été rejetées par les autres; une époque les a proclamées légitimes, une autre usurpatrices. Quand je vois deux autorités aussi considérables que celles en présence desquelles nous nous trouvons (Manéthon et la Table), rayonner dans deux directions différentes, je considère donc que chacune d'elles a envisagé les événements à son point de vue. Arrivées toutes deux à une bifurcation de la série dos rois , l' une a choisi de prendre à droite , la gauche a paru à l'autre le chemin véritable ...» On s'expliquera donc pourquoi, à Y Ateta et à YAta de la Table correspondent le Kevxivïiç et le

ABYDOS

OtevépK de Manéthon. Après Mènes et Athothis, Ateta e1 Ata montent sur le trône en une partie inconnue cie l'Egypte (à Abydos peut-être), tandis que Kenkénès et Ouénephès gouvernent autre part. L'empire est fondé, mais il n'arrivera pas du premier coup à son assiette définitive. Il y eut des tâtonnements, des hésitations. Plusieurs rois ont pu se disputer Le tronc Manéthon a, sans aucun cloute, connu Ateta et Ata, mais pour des motifs que nous ignorerons probablement toujours, il leur a préféré Kenkénès et

Ouénephès.

L'accord se fait de nouveau avec les nos 21 à 24 (Khefu, Ra-tet-f, Ra-kha-fou Kha-f-m, Ra-men-ka-u ou Men-ka-u-ra) que Manéthon nous fail connaître sous les formes Soûçiç, 'PaTounjç, Soùcpiç, (II), Mev^éor,;. On voit par cette remarque que jusqu'ici nous ne nous égarons pas, et que le jalon est assez solidement planté pour nous donner d'une manière certaine la direction à suivre. De la Fe dynastie nous voici donc arrivés sans trop d'encombre au

milieu delà IVe.

La Ve dynastie est représentée sur la Table par User-kaf (n° 26) qui est roùffepxéfms de Manéthon : Ra-sah-u (n° 27) qui est 2%-^, Kê-kê-a (n°28) et Ra-nefer-f (n° 29), auxquels, pour les motifs que nous venons d'expliquer, Manéthon substitue Ns^ep/épTiç, Zioepuç, XÉprlÇ. Elle est aussi représentée par Ra-n-user (n° 30), Hor-men-ka-u ou Men-ka-u-hor (n° 31), Ra-tet-ka ou Tet-ka-ra (n° 32), Unas (n° 33), qui sont 'PaÔoOp-nç, Mevyjbr,;, Tav/^r,ç, "Oêvoç.

La VIe dynastie comprend dans la Table les n03 34 à 40. Les divergences sont ici plus nombreuses qu'autre part. Les rois cités par Manéthon sont au nombre de six, et on en trouve sept sur la Table. Des sept noms de la Table, un, le n° 35, est absolument sans correspondant dans Manéthon. Quatre autres (n05 34, 36, 39 et 40) répondent d'une manière satisfaisante à 'OOdïiç, <Pioç ou plutôt Ouo<];, MevôeaoO^ç et NiTft»(.ptç. Quant aux nos 37 et 38, on peut supposer que la Table les appelle par leurs prénoms ( Ra-mer-n et Ra-nefer-ka) , tandis que Manéthon les connaît sous leurs noms propres (MevOou<rou<plç et Oiw^) que jusqu'ici les monuments ne nous ont pas livrés. Le tableau suivant rendra bien compte de ces difficultés. J'ajoute aux deux listes une troisième colonne où j'écris, sous leur forme égyptienne, les deux noms propres encore inconnus qu'il faut attribuer aux n04 37 et 38 de la Table :

cm

ÂBYDOS.

'OGdïiç

Nos

Teta, Ra-user-ka ,

<ï>t.oç

Ra-mer-i Papi (1),

MsvOoutTouçp'.ç

Ra-mer-n ,

Mentu-hotep

<Pio>^

Ra-nefer-ka ,

Papi .

MsvOscroOcpiç

Ra-mer-n Ment-em-Saf ' ,

NiTcoxpiç

Ra-nuter-ka ou Nuter-ka-ra.

A la fin de la VIe dynastie se rencontre subitement dans Manéthon un trou profond et vide de tout nom royal. La Table est plus complète et donne pour cette période seize cartouches (n05 41 à 57) qui sont d'autant plus précieux à connaître, que jusqu'à présent nous en ignorions absolument la date.

La Table est aussi plus complète en ce qui regarde la XIe dynastie dont Manéthon ne nomme pas un seul roi, et dont les dix rois déjà connus par d'autres monuments y sont rappelés sous les nos 57 et 58 (Ra-neb-kher et Ra-s-ankh-ka).

La XIIe dynastie est une des plus glorieuses de celles qui ont précédé la grande renaissance de l'Egypte sous la XVIIIe, et les rois qui la composent sont classés avec certitude par les monuments. On les trouve sur la Table du n°59 au n° 65. Puis survient à la fois, dans Manéthon et sur la Table, un nouveau trou profond, celui qui représente toute la longue période comprise entre la fin de la XIIe dynastie et le commencement de la XVIIIe. Pourquoi cette interruption subite? On conçoit que la XVe dynastie, la XVIe, la XVIIe, qui sont des dynasties d'Hycsos, ne figurent pas dans le catalogue des familles royales légitimes; mais ces motifs d'exclusion n'existent pas pour

la XIVe, et encore moins pour la XIIIe qui a occupé glorieusement l'Egypte de Tanis à l'île d'Argo, en Nubie. La Table d'Abydos et Manéthon posent donc, par leur silence même, un problème dont il est impossible jusqu'à présent d'entrevoir la solution.

Avec le n° 66, la Table entre dans le domaine des séries royales les plus connues, et perd dès lors tout son intérêt. Amosis (n° 66), Aménophis Ier (n°67), Thoutmès Ier (n° 68), Thoutmès II (n°69), Thoutmès III (n° 70, on remarquera que la régente est exclue), Aménophis II (n° 71), Thoutmès IV (n°72), Aménophis III (n° 73) ; puis après, les schismatiques de Tell-el-

(1) Nom propre déjà connu.

ABYDOS

Amarna, dont la Table omet les noms, Horns (n° 74), Ramsès lev (n° 75), Séti Ier (n°76), y figurent dans leur ordre régulier.

Telle est en définitive la Table d'Abydos. Elle nous enseigne des noms inconnus de rois. Elle a surtout cet avantage qu'elle fortifie notre confiance en Manéthon, qu'elle consolide un de nos principaux instruments de travail, en même temps qu'elle nous en apprend mieux l'usage. Par elle nous devenons de plus en plus certain que Manéthon est un écho sincère, bien qu'affaibli, des traditions égyptiennes. En ce qui regarde particulièrement l' Ancien- Empire, elle nous permet de voir que l'historien national ne s'est pas écarté, là plus qu'ailleurs, de la vraie voie. Qu'il y ait eu à cette époque des rois collatéraux, c'est ce qu'à priori nous pouvons affirmer. Mais Manéthon qui le savait, parce qu'il avait plus que nous les moyens de le savoir, ne les a point admis. Voilà le point de vue sous lequel il faut envisager Manéthon. Ses listes sont la condensation de toutes les listes. Bien que conçues sur un autre plan (quant aux coupures intérieures) que le Papyrus de Turin, elles n'en sont pas moins égyptiennes d'origine et de forme.

Planche 29. — Nous quittons pour n'y plus revenir le Temple de Séti. On aperçoit au Nord de ce Temple une autre construction qui semble avoir été systématiquement rasée jusqu'à deux mètres du sol, ce qui lui donne l'aspect d'une ruine pompéienne. C'est le Temple de Ramsès, auquel nous arrivons avec la planche 29.

Le Temple de Ramsès a longtemps passé pour le sanctuaire fameux où. l'Egypte entière adorait l'Osiris d'Abydos, opinion appuyée de tout le crédit de MM. Jomard, Wilkinson et Lepsius. Mais les opérations de déblaiement auxquelles nous l'avons soumis, et la mise au jour des textes qui ont survécu à la destruction de l'édifice, nous ont montré que le Temple de Ramsès ne répondait nullement à l'idée qu'on devait se faire à priori d'un sanctuaire aussi célèbre et aussi fréquenté que celui dont il vient d'être question. Le Temple de Ramsès est un monument de la piété de ce roi envers les dieux d'Abydos, mais il n'est pas le Temple d'Osiris, et c'est autre part qu'il faut chercher l'enceinte qui servait d'enveloppe au cénotaphe oh l'on croyait que la momie du dieu reposait.

Au temps de l'occupation française, le Temple de Ramsès était encore presque intact: « Quant au Temple d'Osiris, dit M. Jomard, je ne puis en rapporter la position avec vraisemblance à aucun autre lieu que celui que j'ai désigné, à 390 mètres du palais (c'est ainsi que M. Jomard nomme le

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